L’équipe de Biosphère télé a fait un bon travail et on sent bien l’esprit de l’événement dans le reportage.
On y voit plusieurs images du forum, qui a duré 2 jours, de belles interventions des participants qui parlent de dialogue, de visions et d’action, et très peu d’images de moi en train d’animer, ce qui est très bien. Je sens que j’ai bien joué mon rôle de facilitateur: «totalement présent, presque invisible»!
Regardé hier soir Ce qu’il faut pour vivre. Superbe film, tout en lenteur, au rythme du Nord. Il faut voir les yeux de Tiivii lorsqu’il parle de la chasse dans la toundra au jeune Kaki alors qu’ils sont dans un sanatorium de Québec.
Continué à lire Arctic Dreams, de Barry Lopez. Hier soir, j’ai eu droit à une belle description de la biologie du boeuf musqué. De quoi bien meubler les rêves d’un naturaliste!
Été ensorcellé par le chant de gorge traditionnel et la musique moderne de Tanya Tagaq dans Auk/Blood
Travail
Pondu le design de quatre animations cette semaine. Des animations courtes (entre une heure et une demi-journée) avec des groupes de 12 à 130 personnes. Encore réussi à imaginer des animations qui, je crois, seront utiles et vivantes. Je m’en vais d’ailleurs faire expérimenter la «médecine Grisvert» à mes amis du Groupe Dancause cet après-midi en animant un p’tit bout de leur rencontre annuelle.
Trouvé mon double! Je lui ai envoyé un mot, mais je n’ai pas encore reçu de réponse! Bien hâte de voir ce que cette rencontre pourra donner!
Nature et culture
Débuté la lecture, dans le bus ce matin, de The nature of design par David W. Orr. Dès le premier paragraphe, j’étais accroché. La question qui est à la source de la démarche de l’auteur est particulièrement forte:
«How do we re-imagine and remake the human presence on earth in ways that work over the long haul?»
Extraits de l’introduction:
This book is not an argument to return to some mythic condition of ecological innocence. No such place ever existed. It begins, however, with an acknowledgment that we have important things to relearn about the arts of longevity – what is now called « sustainability » – from earlier cultures and other societies.
[...]
This is a design challenge like no other. It is not about making greener widgets but how to make decent communities that fit their places with elegant frugality.
[...]
the problem is not how to produce ecologically benign products for the consumer economy, but how to make decent communities in wich people grow to be responsible citizens and whole people.
[...]
The essays lay out a standard for design that is oriented to generosity in the large sense of the word, the preservation of wildness and wilderness, and the design of a culture that protects its children.
J’aime ça! J’ai hâte de prendre le temps de me plonger dans cette lecture.
…
Cette vidéo m’a fait rire aux larmes. Je vais essayer de faire ça un jour c’est certain!
…
En terminant, une citation glanée dans the Nature of design
The traditional Indian stood in the center of a circle and brought everything together in that circle. Today, we stand at the end of a line and work our way along that line, discarding or avoiding everything on either side of us. – Vine Deloria
Alex Pentland est professeur et directeur du Human Dynamics Lab au Media Lab du MIT. Il est l’auteur du livre Honest Signals: How They Shape Our World, paru en 2008. Ses études portent principalement sur les signaux qu’échangent les humains dans le cadre de leurs interactions. Il équipe des groupes (le plus souvent des équipes de travail) avec des sociomètres — de petits senseurs qui mesurent la fréquence et la proximité des interactions interpersonnelles.
Les résultats de ses recherches sont fascinants: les équipes les plus créatives et les plus innovantes se caractérisent par une oscillation continue entre des moments de recherche d’informations menés individuellement et d’autres moments lors desquels les gens se rencontrent dans le même lieu physique. Les communautés virtuelles, les wikis et autres outils de collaboration numérique peuvent être utiles, mais c’est réellement l’interaction «entre quatre yeux» qui joue le rôle le plus important pour stimuler la créativité et l’innovation au sein d’un groupe. La séquence vidéo qui suit constitue une bonne introduction aux travaux d’Alex Pentland. Un bref extrait pour se mettre en appétit (la vidéo est en anglais, j’adapte librement en français):
— Que pouvez-vous nous dire à propos du rôle de l’intelligence collective dans le processus créatif?
— Quand nous étudions les organisations les plus créatives, il nous est possible de dégager certaines caractéristiques communes. On peut dégager deux phases dans leur processus créatif: la première en est une de recherche d’informations, lors de laquelle les membres de l’équipe travaillent individuellement; la seconde en est une de rencontre en «face-à-face», lors de laquelle l’information est intégrée, partagée.
La rencontre en «face-à-face» est un mode de communication dont la bande passante est très grande et qui est chargé de signaux inconscients. Ce sont ces signaux inconscients qui transmettent de l’information au sujet du niveau d’intérêt de l’interlocuteur, de son empathie, de sa confiance, de son niveau d’expertise. Ces signaux inconscients ne se communiquent pas sur un wiki ou sur d’autres médias plus abstraits.
Les résultats des recherches d’Alex Pentland vont dans le même sens que ce que Philippe et moi sentons de plus en plus dans le cadre de nos interventions: la technologie est un outil fabuleux pour amorcer, consigner, récolter et amplifier le travail d’un groupe, mais sans rencontre physique, dans un lieu accueillant et animé, il est extrêmement difficile de créer et de soutenir des collaborations qui mènent à des innovations. J’évoquais déjà l’an dernier, dans une conférence sur la collaboration en ligne, l’importance d’ancrer les démarches de collaboration dans le réel. Maintenant que je le fais dans le cadre de mon travail et que j’en sens les résultats, j’en suis totalement convaincu! Et quand des résultats de recherche viennent soutenir mes observations de praticien, je ne puis que me réjouir!
Il est possible d’en apprendre plus sur les travaux de Pentland dans cet article paru dans le Harvard Business Review: How Social Networks Network Best (on y fait aussi d’intéressantes analogies avec le fonctionnement d’une colonie d’abeilles).
Information portée à mon attention par Anecdote: Honest Signals.