Archives du tag : facilitation

Mushuau-Nipi, prise 2

L’an dernier, j’avais participé au cinquième Séminaire nordique autochtone. Cette année, j’y oeuvrerai à titre de facilitateur. Je quitte demain pour 10 jours dans la toundra forestière, sur la rive de la rivière George, au lieu que le Innus appellent Mushuau-Nipi depuis aussi loin que la mémoire puisse se souvenir.

Ce sera une expérience incroyable que d’animer dans un lieu naturel exceptionnel. Parmi les participants, il y aura des autochtones, des scientifiques, des artistes, des industriels, des environnementalistes et des représentants politiques. Les enjeux du Plan Nord seront au coeur des discussions. Je me permet de croire que le Plan Nord a bien besoin qu’on lui ajoute un peu de profondeur, de volonté et de coeur.

Je pars avec en tête, ces mots de Jean Morisset, que cite Jean Désy dans son dernier essai, L’esprit du Nord:

Il nous reste aujourd’hui le Nord. Entre le désir de pousser notre industrie aux limites de nos frontières – désir ancré dans notre esprit protestant, développementaliste – et l’instinct de pousser nos émotions à orienter notre développement – instinct ancré dans notre esprit latin, relativiste -, il semble qu’il y ait peut-être un moyen terme, une troisième voie qui ne pourra venir que des Autochtones.

Jean Morisset, Les chiens s’entre-dévorent

J’essaie de revenir en un seul morceau, promis! En plus que l’automne s’annonce chargé comme c’est pas possible.

Niaut!

Le défi guimauve

J’avais vu passer ce Ted Talk sans trop y porter attention mais c’est François Guité qui, par un petit message, a piqué ma curiosité aujourd’hui. Si la collaboration, l’innovation, le leadership et le design vous intéressent, vous aimerez cette courte vidéo sur le Marshmallow Challenge:

Il est très intéressant de voir comment les équipes les plus performantes sont celles qui peuvent compter sur une certaine expertise et sur la présence d’un facilitateur. Mais il est encore plus intéressant de voir comment des jeunes de maternelle réussissent mieux que les gradués d’écoles de gestion et presque aussi bien que des équipes de PDG!

Bien possible que je propose un petit «défi guimauve» d’ici l’été dans une de mes animations!

Dialogue et cohérence

Chaque jour, je réserve quelques minutes de mon temps à des lectures qui sont en lien avec mon travail. Présentement, ce sont deux livres sur le dialogue qui retiennent mon attention:

Les deux ouvrages sont étroitement reliés (les auteurs ont collaboré à de nombreuses reprises dans les années ’80 et ’90) et viennent apporter un éclairage théorique très intéressant sur le travail que je fais.

Il apparaît évident que la pensée de Bohm a été fondamentale pour les travaux de Isaacs mais aussi pour ceux de Peter Senge, Otto Scharmer (Theory-U) et Juanita Brown (World Café).

Sans prendre le temps de les traduire en français, je consigne ici quelques paragraphes tirés de On Dialogue. L’image du laser pour parler de cohérence est extrêmement intéressante.
We can say that a group of about twenty to forty people is almost a microcosm of the whole society, and has a lot of different opinions and assumptions. [...] In that size group, you begin to get what may be called a «microculture». You have enough people coming in from different subcultures so that they are a sort of microcosm of the whole culture. And then the question of culture – the collectively shared meaning begins to come in. That is crucial, because the collectively shared meaning is very powerful.
[...]
The power of the group goes up much faster than the number of people. I’ve said elsewhere that it could be compared to a laser. Ordinary light is called «incoherent», which means that it is going in all sorts of directions, and the light waves are not in phase with each other so they don’t build up. But a laser produces a very intense beam which is coherent. The light waves build up strength because they are all going in the same direction. This beam can do all sorts of things that ordinary light cannot.
Now, you could say that our ordinary thought in society is incoherent – it is going in all sorts of directions, with thoughts conflicting and canceling each other out. But if people were to think together in a coherent way, it would havee tremendous power. That’s the suggestion. If we have a dialogue situation – a group which has sustained dialogue for quite a while in which people get to know each other, and so on – then we might have such a coherent movement of thought, a coherent movement of communication. It would be coherent not only at the level we recognize, but at the tacit level, at the level for which we have only a vague feeling. That would be more important.
«Tacit» means that which is unspoken, which cannot be described – like the tacit knowledge required to ride a bicycle. It is the actual knowledge, and it may be coherent or not. I am proposing that thought – to think – is actually subtle tacit process. The concrete process of thinking is very tacit. The meaning is basically tacit. And what we can say explicitly is only a very small part of it. I think we all realize that we do almost everything by this sort of tacit knowledge. Thought is emerging from the tacit ground, and any fundamental change in thought will come from the tacit ground. So if we are communicating at the tacit level, then maybe thought is changing.

Plein potentiel et gaspillage d’énergie

Les médias font grand état aujourd’hui de l’événement Rencontre économique 2010 présidé par Jean Charest. Je n’ai pas de temps pour discuter en profondeur de l’événement, mais je souhaite partager quelques éléments avant de terminer la semaine.

D’abord, une citation tirée de l’éditorial de Pierre-Paul Noreau paru dans Le Soleil de ce matin.

Sans remettre le moindrement en question l’application et le sérieux de la centaine de participants à la Rencontre économique 2010 tenue mercredi soir et jeudi au Centre de congrès et d’exposition de Lévis, on peut certainement déplorer que leur immense potentiel n’ait pas été davantage mis à profit. Cet exercice de réflexion présenté comme capital par le gouvernement du Québec s’est en effet conclu sur de bien maigres résultats.

[...]

Avait-on besoin de rassembler les têtes d’affiche parmi les plus importantes de la scène sociale, économique et politique de la province et les retenir dans un même lieu pendant 24 heures pour énoncer pareilles évidences? La réponse claire et brutale est non. L’exercice se résume à un déplorable gaspillage d’énergie.

Deux éléments qui me sont chers sont retenus par l’éditorialiste : le plein potentiel du groupe n’a pas été atteint et l’événement a gaspillé de l’énergie plutôt que d’en générer. Mes clients reconnaîtront ici plusieurs de mes interventions : je leur rappelle constamment l’importance d’aller chercher le plein potentiel des groupes et la nécessité de créer un événement qui générera de l’énergie plutôt que d’en consommer.

En terminant, je partage quelques-unes des questions que j’utilise dans les premières étapes de la planification d’un événement. N’hésitez pas à les utiliser!

Besoin
  • Quel est NOTRE principal besoin qui ne peut être comblé que par un tel événement?
  • Quel est le principal besoin des PARTICIPANTS qui ne peut être comblé que par un tel événement?
Utilité
  • Pourquoi voulons-nous demander à plus de XX personnes de nous consacrer une journée de leur temps?
  • Si cet événement devait atteindre son plein potentiel, qu’est-ce qu’il pourrait devenir?
  • Qu’est-ce que cet événement pourrait faire naître de nouveau?
Principes
  • Qu’est-ce que ça doit être?
  • Qu’est-ce que ça ne doit pas être?
  • Si nous étions audacieux, qu’est ce que nous ferions?

Animation de petits groupes: réfléchir, proposer, s’engager, agir

photo-3J’animais hier ma seconde rencontre à titre de président du comité développement durable de la Chambre de commerce de Québec. C’est pour moi une belle occasion de me servir à moi même la médecine que je prescris à mes clients! Je partage ici la technique toute simple que j’ai mise à profit pour créer de manière collaborative le plan d’action du comité pour la prochaine année. Comme les rencontres sont assez courtes (7h30 — 9h), j’ai eu à trouver un moyen d’amener le comité (une vingtaine de personnes) à atteindre rapidement un bon niveau de performance.

Voici la structure que je donne à chacune des rencontres du comité (entre 15 et 25 personnes présentes à chacune des réunions). Malgré le fait que nous ayons peu de temps et que nous soyons dans une salle de réunion traditionnelle (table ovale au centre, peu d’espace de dégagement autour), nous réussissons à obtenir des résultats très intéressants.

7h30 — 7h45: Tour de table. Il y a régulièrement de nouveaux membres (le comité est très populaire!). Chaque personne se présente brièvement et les nouveaux doivent répondre à la question «pourquoi souhaitez-vous faire partie du comité?» Quand il n’y a pas de nouveau membre autour de la table, la question de «check-in» peut être «dans quel état vous présentez-vous ici ce matin?» ou toute autre question qui amène les gens à partager quelques chose qui a plus de sens que leur nom et celui de l’entreprise qu’ils représentent. Je veux des individus entiers et non pas des représentants d’entreprises! lire la suite »

Reportage télé sur le forum de la RMBMU

Belle surprise ce matin que de voir un reportage télé dans lequel on parle du forum de mobilisation de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka que j’ai animé en juin dernier à Baie-Comeau (photos ici).

L’équipe de Biosphère télé a fait un bon travail et on sent bien l’esprit de l’événement dans le reportage.

On y voit plusieurs images du forum, qui a duré 2 jours, de belles interventions des participants qui parlent de dialogue, de visions et d’action, et très peu d’images de moi en train d’animer, ce qui est très bien. Je sens que j’ai bien joué mon rôle de facilitateur: «totalement présent, presque invisible»!

Le reportage sur Terre TV.