Archives du tag : facilitation

Dialogue et cohérence

Chaque jour, je réserve quelques minutes de mon temps à des lectures qui sont en lien avec mon travail. Présentement, ce sont deux livres sur le dialogue qui retiennent mon attention:

Les deux ouvrages sont étroitement reliés (les auteurs ont collaboré à de nombreuses reprises dans les années ‘80 et ‘90) et viennent apporter un éclairage théorique très intéressant sur le travail que je fais.

Il apparaît évident que la pensée de Bohm a été fondamentale pour les travaux de Isaacs mais aussi pour ceux de Peter Senge, Otto Scharmer (Theory-U) et Juanita Brown (World Café).

Sans prendre le temps de les traduire en français, je consigne ici quelques paragraphes tirés de On Dialogue. L’image du laser pour parler de cohérence est extrêmement intéressante.
We can say that a group of about twenty to forty people is almost a microcosm of the whole society, and has a lot of different opinions and assumptions. [...] In that size group, you begin to get what may be called a «microculture». You have enough people coming in from different subcultures so that they are a sort of microcosm of the whole culture. And then the question of culture – the collectively shared meaning begins to come in. That is crucial, because the collectively shared meaning is very powerful.
[...]
The power of the group goes up much faster than the number of people. I’ve said elsewhere that it could be compared to a laser. Ordinary light is called «incoherent», which means that it is going in all sorts of directions, and the light waves are not in phase with each other so they don’t build up. But a laser produces a very intense beam which is coherent. The light waves build up strength because they are all going in the same direction. This beam can do all sorts of things that ordinary light cannot.
Now, you could say that our ordinary thought in society is incoherent – it is going in all sorts of directions, with thoughts conflicting and canceling each other out. But if people were to think together in a coherent way, it would havee tremendous power. That’s the suggestion. If we have a dialogue situation – a group which has sustained dialogue for quite a while in which people get to know each other, and so on – then we might have such a coherent movement of thought, a coherent movement of communication. It would be coherent not only at the level we recognize, but at the tacit level, at the level for which we have only a vague feeling. That would be more important.
«Tacit» means that which is unspoken, which cannot be described – like the tacit knowledge required to ride a bicycle. It is the actual knowledge, and it may be coherent or not. I am proposing that thought – to think – is actually subtle tacit process. The concrete process of thinking is very tacit. The meaning is basically tacit. And what we can say explicitly is only a very small part of it. I think we all realize that we do almost everything by this sort of tacit knowledge. Thought is emerging from the tacit ground, and any fundamental change in thought will come from the tacit ground. So if we are communicating at the tacit level, then maybe thought is changing.

Plein potentiel et gaspillage d’énergie

Les médias font grand état aujourd’hui de l’événement Rencontre économique 2010 présidé par Jean Charest. Je n’ai pas de temps pour discuter en profondeur de l’événement, mais je souhaite partager quelques éléments avant de terminer la semaine.

D’abord, une citation tirée de l’éditorial de Pierre-Paul Noreau paru dans Le Soleil de ce matin.

Sans remettre le moindrement en question l’application et le sérieux de la centaine de participants à la Rencontre économique 2010 tenue mercredi soir et jeudi au Centre de congrès et d’exposition de Lévis, on peut certainement déplorer que leur immense potentiel n’ait pas été davantage mis à profit. Cet exercice de réflexion présenté comme capital par le gouvernement du Québec s’est en effet conclu sur de bien maigres résultats.

[...]

Avait-on besoin de rassembler les têtes d’affiche parmi les plus importantes de la scène sociale, économique et politique de la province et les retenir dans un même lieu pendant 24 heures pour énoncer pareilles évidences? La réponse claire et brutale est non. L’exercice se résume à un déplorable gaspillage d’énergie.

Deux éléments qui me sont chers sont retenus par l’éditorialiste : le plein potentiel du groupe n’a pas été atteint et l’événement a gaspillé de l’énergie plutôt que d’en générer. Mes clients reconnaîtront ici plusieurs de mes interventions : je leur rappelle constamment l’importance d’aller chercher le plein potentiel des groupes et la nécessité de créer un événement qui générera de l’énergie plutôt que d’en consommer.

En terminant, je partage quelques-unes des questions que j’utilise dans les premières étapes de la planification d’un événement. N’hésitez pas à les utiliser!

Besoin
  • Quel est NOTRE principal besoin qui ne peut être comblé que par un tel événement?
  • Quel est le principal besoin des PARTICIPANTS qui ne peut être comblé que par un tel événement?
Utilité
  • Pourquoi voulons-nous demander à plus de XX personnes de nous consacrer une journée de leur temps?
  • Si cet événement devait atteindre son plein potentiel, qu’est-ce qu’il pourrait devenir?
  • Qu’est-ce que cet événement pourrait faire naître de nouveau?
Principes
  • Qu’est-ce que ça doit être?
  • Qu’est-ce que ça ne doit pas être?
  • Si nous étions audacieux, qu’est ce que nous ferions?

Animation de petits groupes: réfléchir, proposer, s’engager, agir

photo-3J’animais hier ma seconde rencontre à titre de président du comité développement durable de la Chambre de commerce de Québec. C’est pour moi une belle occasion de me servir à moi même la médecine que je prescris à mes clients! Je partage ici la technique toute simple que j’ai mise à profit pour créer de manière collaborative le plan d’action du comité pour la prochaine année. Comme les rencontres sont assez courtes (7h30 — 9h), j’ai eu à trouver un moyen d’amener le comité (une vingtaine de personnes) à atteindre rapidement un bon niveau de performance.

Voici la structure que je donne à chacune des rencontres du comité (entre 15 et 25 personnes présentes à chacune des réunions). Malgré le fait que nous ayons peu de temps et que nous soyons dans une salle de réunion traditionnelle (table ovale au centre, peu d’espace de dégagement autour), nous réussissons à obtenir des résultats très intéressants.

7h30 — 7h45: Tour de table. Il y a régulièrement de nouveaux membres (le comité est très populaire!). Chaque personne se présente brièvement et les nouveaux doivent répondre à la question «pourquoi souhaitez-vous faire partie du comité?» Quand il n’y a pas de nouveau membre autour de la table, la question de «check-in» peut être «dans quel état vous présentez-vous ici ce matin?» ou toute autre question qui amène les gens à partager quelques chose qui a plus de sens que leur nom et celui de l’entreprise qu’ils représentent. Je veux des individus entiers et non pas des représentants d’entreprises! lire la suite »

Reportage télé sur le forum de la RMBMU

Belle surprise ce matin que de voir un reportage télé dans lequel on parle du forum de mobilisation de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka que j’ai animé en juin dernier à Baie-Comeau (photos ici).

L’équipe de Biosphère télé a fait un bon travail et on sent bien l’esprit de l’événement dans le reportage.

On y voit plusieurs images du forum, qui a duré 2 jours, de belles interventions des participants qui parlent de dialogue, de visions et d’action, et très peu d’images de moi en train d’animer, ce qui est très bien. Je sens que j’ai bien joué mon rôle de facilitateur: «totalement présent, presque invisible»!

Le reportage sur Terre TV.

Dernier droit avant les vacances

L’été arrive à grands pas! Cette année, je ne travaille pas en juillet :-) Mais d’ici là, c’est le sprint! Je suis en train de mettre la touche finale au programme de deux événements que j’animerai la semaine prochaine.

Lundi et mardi, j’animerai une démarche de planification pour la CRÉ. Nous serons une cinquantaine à vivre un forum ouvert pendant deux jours au MNBAQ. Nous ferons le bilan des trois dernières années, nous nous projetterons dans le futur et nous reviendrons sur terre pour nous engager dans l’action. Nous avons même permis aux participants d’amener un invité surprise qui, selon eux, pourra contribuer activement et positivement au succès de la rencontre. J’ai vraiment hâte d’accompagner ce groupe dans une démarche qui en surprendra plus d’un et qui, j’en suis convaincu, permettra d’aller chercher le plein potentiel des gens présents.

Mercredi, jeudi et vendredi, je serai à Baie-Comeau pour animer le forum de mobilisation de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka (je me suis aussi chargé du site du forum). Un programme très différent de celui du début de la semaine! Plus d’une centaine d’acteurs régionaux et d’invités internationaux seront réunis pour mieux comprendre ce qui est maintenant possible pour la région, imaginer les succès futurs et amorcer la réalisation d’actions porteuses de changement. Cette fois-ci, c’est le café de conversation qui sera au coeur des échanges pour trois journées intenses et stimulantes. C’est pour moi une première animation dans un contexte de développement durable et j’en suis excité au plus haut point! Le design de l’événement ressemblera sensiblement à ce que j’avais fait pour le forum économique en mai dernier.

Je reviens à Québec pour un mariage samedi prochain et m’envole le lendemain pour Halifax où j’irai terminer l’année en poussant encore plus loin mon exploration du leadership et de la facilitation.

Après ça, les vacances seront bien méritées!

Philippe m’a pisté ce matin sur quelques éléments de facilitation visuelle qui m’ont allumé. Je me suis pratiqué un peu et je pense que je vais me lancer la semaine prochaine pour créer des murales lors des deux événements que j’animerai! Voici un aperçu de mes expérimentations.
Plan de l'atelier pour la CRÉ
Activités du forum de la RMBMU
Cheminement du forum de la RMBMU

Du sang neuf pour nous inspirer

Je fais de plus en plus appel au Forum ouvert dans mes design d’événements. Un client avec qui je travaille présentement fait preuve d’audace en acceptant de ne pas contrôler qui seront les personnes présentes à un atelier de réflexion et d’action de deux jours. Les signataires d’une entente et les membres d’une table de concertation sont invités à participer à la rencontre. Voici un extrait de l’invitation qui a été lancée aux gens que l’on souhaite voir participer à l’événement:

«Nous suggérons à chaque organisation membre d’inviter une personne qui pourra contribuer à enrichir les échanges et participer activement au succès de l’événement. Que ce soit votre neveu, votre voisine ou la présidente d’une multinationale, tant que vous jugez que cette personne a quelque chose à offrir (expérience, vision, perspective, idées…), elle sera la bienvenue. N’ayez pas peur de nous surprendre!»

C’est ce qu’on appelle faire confiance aux gens que l’on invite… et aussi inviter un peu de chaos à animer les échanges qui auront lieu! Je suis convaincu que nous en sortirons tous gagnants.

Les deux principales techniques qui seront mises à profit lors de cette rencontre de deux jours sont le Forum ouvert et la démarche appréciative.

FORUM OUVERT (Open Space Technology)

Le Forum ouvert est une méthode qui permet d’organiser et d’animer des rencontres lors desquelles tous les participants sont invités à jouer un rôle. Le Forum ouvert repose sur des principes et des valeurs qui favorisent l’innovation, la résolution de problèmes, la créativité, le travail d’équipe et l’action éclairée. Lors d’un forum ouvert, les participants prennent la responsabilité de traiter des sujets qui les touchent et les passionnent afin d’identifier des enjeux critiques et d’imaginer des solutions qui auront le pouvoir de mobiliser les parties prenantes.

DÉMARCHE APPRÉCIATIVE (Appreciative Inquiry)

La démarche appréciative est une méthode de développement organisationnel basée sur plus de 20 années de recherche-action. Elle permet d’accompagner un groupe dans l’identification et la compréhension des forces vives d’une structure ou d’une organisation
et de les mettre à profit pour imaginer le futur et s’engager dans sa concrétisation.