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Présentation à la JIQ 2009

Sentier du Mont Hibou, Stoneham, en rando pour préparer ma conférence!

Aujourd’hui, dans le cadre de la Journée de l’informatique 2009, j’étais invité à participer à une table ronde le matin et à prononcer une conférence en après-midi. 1600 participants et une grosse organisation. Un design d’événement très traditionnel malgré certains artifices modernes. J’y étais à titre d’«expert».

Pour moi qui suis beaucoup plus à l’aise dans le rôle de facilitateur, c’était une drôle d’expérience. Dans les événements que je conçois et que j’anime, je cherche à activer l’intelligence des groupes. À mettre cette intelligence collective à profit pour répondre à des questions qui méritent que l’on s’y attarde. Et surtout, j’essaie de ne pas trop laisser de tribune aux experts pour plutôt permettre à tous les gens qui sont présents de s’exprimer, d’échanger et de voir ensemble le futur qu’ils souhaitent créer. Aujourd’hui, j’ai vu des experts — j’en étais un — prendre toute la place et des participants écouter sagement — ou vaguement.

Je pense que la plupart des gens présents ont apprécié leur journée. Mais j’en repars avec le sentiment que l’on aurait pu inviter les 1600 personnes présentes à aller beaucoup plus loin. Voici les questions qui me trottent dans la tête: Quelles sont les questions qui animent ces gens? Qu’est-ce que l’on pourrait faire naître lors d’un tel événement et qui aurait le potentiel de faire toute la différence dans leur domaine d’intérêt? Qu’est-ce que 1600 acteurs du milieu informatique de la région de Québec pourraient, ensemble, réaliser de plus grand en une journée?

Pour ce qui est de mon atelier de l’après-midi, j’espère que les quelque 400 personnes présentes ont apprécié. Personnellement, le moment que j’ai préféré est quand j’ai invité les participants à se tourner vers quelqu’un qu’ils ne connaissaient pas et de faire connaissance puis de partager une belle expérience de collaboration. C’était superbe de voir 400 personnes qui s’étaient retenues de parler pendant 5 heures se lancer immédiatement dans de belles conversations. J’ai senti une grande vague d’énergie! Et ils ne voulaient plus s’arrêter!

À la fin de ma conférence, une drôle d’idée m’est venue en tête: «veux-tu ben me dire qu’est-ce que tu as fait là? Obliger 400 personnes à t’écouter pendant 45 minutes… tu leur as volé leur temps… t’aurais été bien mieux de les laisser parler de ce qui les intéresse vraiment!» J’ai alors repris le micro pour expliquer que j’ai plus l’habitude, en tant que facilitateur, d’être «totalement présent et presque invisible» et que là, d’avoir été tant visible me faisait me sentir un peu mal. Je me suis ensuite excusé d’avoir parlé si longtemps (tout de même 15 minutes de moins que ce à quoi j’avais droit!) et j’ai émis le souhait qu’ils avaient au moins un peu apprécié. Héhé! Ça me fait un peu rire après coup, mais c’était sincère!

Voilà! Je ne sais pas si je vais encore accepter de faire des conférences «à la traditionnelle». J’ai tellement plus de plaisir à animer des groupes et à laisser leur plein potentiel s’exprimer. Je vais laisser décanter un peu celle-là et on verra.

Voici mes diapos, mais si vous n’y étiez pas, ça risque d’être assez peu explicite. Très peu de mots, surtout des photos. Quelques références suivent le diaporama. Merci aux gens de la JIQ de m’avoir invité et, surtout, merci aux gens qui ont participé à l’événement.

Références

Puisque ma présentation ne parle pas beaucoup d’elle-même, en voici deux autres que j’avais fait en fonction d’une plus large diffusion sur le web et qui sont en lien avec ce dont j’ai parlé:

Quelques livres qui constituent pour moi des références très utiles.

51vDa5-vIYL._SL500_PIsitb-sticker-arrow-big,TopRight,35,-73_OU15_SS75_Facilitator’s Guide to Participatory Decision-Making (Sam Kaner)

Le meilleur livre pour s’initier rapidement à de nouveaux trucs d’animation. La base de la facilitation s’y trouve. Pour commencer à faire les choses différemment en matière d’animation, c’est le premier pas.

416G7vRDg2L._SL500_PIsitb-sticker-arrow-big,TopRight,35,-73_OU15_SS75_Presence: Human Purpose and the Field of the Future (Peter M. Senge, C. Otto Scharmer, Joseph Jaworski, Betty Sue Flowers)

Dès les premières pages, je savais que je trouverais dans ce livre l’inspiration pour faire un bon bout de chemin. Trois ans plus tard, c’est encore la base théorique de mon travail (avec la «bible» qui en est issue, Theory-U).

51wJDhZQXdL._SL500_PIsitb-sticker-arrow-big,TopRight,35,-73_OU15_SS75_The World Cafe: Shaping Our Futures Through Conversations That Matter (Juanita Brown, David Isaacs)

Le World Café (café de conversation) est une méthode facile d’approche et qui s’adapte à plein de contextes. Le livre est une belle source d’inspiration au sujet du dialogue, de l’émergence et de la collaboration. Le site de la communauté du World Café est aussi intéressant. La plupart des photos de ma présentation ont été prises dans des cafés de conversation que j’animais.

41nZtRMiw1L._SL500_PIsitb-sticker-arrow-big,TopRight,35,-73_OU15_SS75_Open Space Technology: A User’s Guide (Harrison Owen)

La méthode d’animation que je préfère. Celle où on met le plus de côté le contrôle et où on permet le plus à chacun de s’exprimer. Le Forum ouvert est une méthode extrême performante et qui, en plus, fait naître de la joie, de la beauté et de la paix. C’est génial! J’ai déjà hâte à ma prochaine journée en Forum ouvert, le 30 novembre, alors que j’accompagnerai les membres du RQIS. Quelques ressource en français sur le Forum Ouvert ici.

Je pourrais passer ma soirée à vous suggérer d’autres livres mais ceux-ci vous permettront de faire les premiers pas. Sur le web, il faut aussi lire Margareth Weathley, Otto Scharmer, Peter Block, mes collègues de la communauté de l’Art of Hosting (la base méthodologique de mon travail) et enfin, mes amis et mentors Isabelle Mahy (qui a aujourd’hui si bien parlé d’une superbe journée en forum ouvert que nous avons vécue il y a 2 semaines), Chris Corrigan et George Por.

Au sujet des «bonnes questions», mon outil le plus précieux est le petit livre The Art of Powerful Questions (Juanita Brown). Une version PDF est disponible sur cette page. On peut aussi avoir une version française ici, mais ça ne vole pas haut comme traduction.

Au sujet de la «haute densité» des informations échangées lors de rencontres physiques, lire Signaux honnêtes, l’importance de la rencontre pour soutenir l’innovation.

Plus d’infos sur les licences de droit d’auteur Creative Commons ici.

Beaucoup d’autres choses à découvrir aussi sur mon blogue (vous y êtes déjà!), celui de mon associé Philippe Dancause et aussi en suivant les liens «Lectures numériques» et «Lectures papier» dans la colonne de droite de mon blogue.

En terminant, si vous allez sur le site de Grisvert, sachez qu’une nouvelle version (Grisvert 3.0) sera mise en ligne dans quelques jours. La plupart de ce qui y est écrit présentement a été rédigé il y a 1 an. C’est encore vrai, mais on a depuis beaucoup clarifié et précisé notre discours et notre offre de services. Retournez donc le voir dans une ou deux semaines pour avoir une meilleure idée.

N’hésitez pas à commenter si vous avez des questions. Et pour les gens qui veulent devenir mes amis sur Facebook, pas de chance… je n’y accepte que les gens que je connais bien et avec qui je peux partager mes états d’âme et mes photos familiales avec un certain degré de sécurité. Ce n’est pas que je ne vous aime pas, mais juste que je me garde une petite gêne!

Récolte de la semaine

La semaine en quelques mots et quelques liens.

Radical

Sur le toit du Musée de la civilisationCe mot m’habite depuis plusieurs jours déjà. J’ai faim d’actes radicaux. Pas des actes de rejet, de destruction ou de séparation. Des actes radicaux d’ouverture, de réconciliation et de reconstruction. Et ça, ça demande bien plus de courage que de détruire l’autre parce qu’il est différent. Et les données récentes sur les effets des changements climatiques ne laissent pas place à une action lente et non coordonnée. Il faut être radicaux!

La semaine a démarré avec la conception d’une table ronde à laquelle je participerai dans le cadre du 4e colloque international sur l’animation qui se tiendra à Montréal les 28, 29 et 30 octobre. Le titre de la table ronde, L’intelligence collective à l’œuvre: conversation et créativité comme processus radical de cocréation du changement (le programme est ici) ne nous donne pas le droit de faire quelque chose d’ordinaire! C’est donc en compagnie d’Isabelle Mahy, Paul Carle, George Por, Catherine Barnabé et Caroline Durand que j’aurai le plaisir de faire vivre un processus en U aux participants de cette table ronde qui sera bien des choses sauf une table ronde! Le design préliminaire est imaginé… il nous reste à raffiner le tout. L’invitation est lancée: si les courbes et les processus en U vous intéressent, vous devez être là! On va s’amuser! Nous préparons aussi un parcours de cocréation ouvert à tous et totalement éclaté pour le jeudi après-midi. On va se lâcher lousses, toute la gang, dans une aventure émergente et créative. J’ai hâte! Plus de détails bientôt pour l’activité ouverte à tous. [Mise à jour. Le titre de l’activité est maintenant connu: Intelligence collective, chemin faisant… Avec terrains de jeux ! Ce sera le 29 octobre, de midi à 21h. Un site Ning sera bientôt lancé… je vous tiens au courant.]

Mes ruminations autour du thème de l’acte radical ont trouvé un bel écho hier soir avec ce texte d’Alex Steffen, sur Worldchanging: Letter from Copenhagen – Cities and citizenship. Encore imprégné de l’esprit de Copenhague, Steffen partage son constat que l’action radicale est plus que jamais nécessaire:

I’m more and more convinced we need radical action. Not bombs or barricades, but seriously non-linear and innovative interventions, new approaches that will let simple facts and needed truths influence the American political debate again: a form of shock troop tactics to break the stalemate.

Those tactics can borrow nothing from the tactics of the 60s, because many of the people now running multi-million dollar reactionary astroturf groups actually design their schemes to mimic 1960s protest campaigns. When oil companies bus their employees into protest rallies complete with signs and songs and a spirit of « rebellion, » we should recognize how blocked those approaches are.

No, what America needs is an upheaval that’s much more innovative, more fundamental, more sudden. I don’t think anyone quite has a clear sight of what that is yet. Industrial shifts to a clean economy, new models of news publishing, government 2.0, the street as platform, post-ownership and post-consumer identities, community resilience a growing cultural preference for participation and collaboration combining with a search for transparency and backstories and authenticity: all of these are clearly in the code of whatever new system is emerging, but none of them defines it.

Ça rejoint totalement l’esprit dans lequel je suis ces jours-ci. Et ça tombe bien puisque nous prévoyons une aventure familiale vers le Danemark et la Suède pour l’été prochain. Nous souhaitons nous imprégner de l’esprit de lieux qui sont à l’avant-garde et, surtout, faire vivre aux enfants des expériences de vie différentes et enrichissantes. Et quand je lis Steffen, j’ai encore plus hâte à l’été prochain:

I love Copenhagen. It’s beautiful and unbelievably livable and human-scaled. People are friendly, the food is good, it’s downright pleasant to walk around. Forget Denmark’s climate leadership, its wind-powered economy or the stunning fact that Copenhagen is aiming to increase the percentage of total trips taken by bicycle from its current 37% to 50%: the Danes just know how to live.

Émergence, autoorganisation et technologie

Hier, j’ai vu le programme de la JIQ 2009 et ça m’a brutalement rappelé que j’y participerai à une table ronde et y présenterai une conférence. J’y parlerai de collaboration et du fait que ce n’est pas la technologie qui, par magie, fait apparaître la capacité de collaboration dans des équipes et des organisations. J’ai l’intention de m’inspirer de la nature pour décrire les sources de la collaboration et ensuite proposer des moyens de démarrer un esprit de collaboration dans des équipes de travail, sans même utiliser la technologie. Ensuite, si on ajoute la technologie à une équipe qui collabore déjà bien, on peut décupler sa performance. Quel ne fut pas mon bonheur, ce matin, de tomber, pisté par Harold Jarche, sur le Bioteaming Manifesto!

Les auteurs y proposent un cadre qui permet d’appliquer aux équipes virtuelles et connectées certains principes inspirés de la collaboration dans la nature.

What is dangerously lacking is a culture of collaboration and cooperative learning capable of becoming aware of the critical importance of adopting a set of behaviour-policies supportive of strong team interaction. Unless strong foundations are placed under the way we think and act as team members, no amount of whiz-bang technology will catapult online business teams from inefficient and productive units.

[…]

The fundamental thing missing from Virtual Networked Teams today is the open recognition of the dynamic and living nature of the team itself as a separate entity from that of its individual members.

A networked business team is a living entity in and of itself. A Virtual Networked Team is more than the sum of its members abilities.

An ant colony, one of natures’ most efficient and successful living teams, has a life of its own — albeit intimately connected to the lives of its members.

In organisations we treat our teams mechanistically. We think of our teams more like clocks or engines that are assigned to specific tasks and assignments. We want the highest control of them and we want them to be very predictable in their work behaviour. Exactly the opposite of what nature’s bioteams do. Interpretation of the team as a whole, living entity, allows a more insightful interpretation of the most efficient courses of team action.

Haha! Totalement dans le sens où je me dirige pour mon atelier. Le modèle des auteurs est intéressant, mais j’irai plus loin, en y superposant les technologies sociales que j’utilise avec des groupes et aussi en proposant des exemples dignes d’un vrai naturaliste! Il me reste encore à voir comment j’intégrerai des éléments d’animation dans l’atelier pour faire participer l’assistance et activer l’intelligence collective du groupe. Tiens! Ça me donne l’idée de ressortir un modèle que j’avais imaginé l’an dernier pour une petite rencontre avec des amis praticiens de l’Art of Hosting. Tout ça est évidemment intimement relié à mon billet d’hier sur l’autoorganisation et les propriétés émergentes des systèmes vivants.

Bon, c’est pas mal tout. Il reste du boulot à abattre avant la fin de la journée. Pour les initiés au Forum Ouvert, cette vidéo de Harrison Owen parlant de son nouveau livre est très intéressante. Faut aussi écouter le nouveau disque d’Elisapie Isaac (critique d’Alain Brunet). Elle a des collaborateurs que j’aime beaucoup (Martin Léon, Antoine Gratton…) et ça donne un superbe disque. La pièce écrite par Desjardins et Lapointe est chargée d’une émotion incroyable. Ya juste Desjardins qui réussit à me tirer des larmes avec une chanson.

I’m more and more convinced we need radical action. Not bombs or barricades, but seriously non-linear and innovative interventions, new approaches that will let simple facts and needed truths influence the American political debate again: a form of shock troop tactics to break the stalemate.
Those tactics can borrow nothing from the tactics of the 60s, because many of the people now running multi-million dollar reactionary astroturf groups actually design their schemes to mimic 1960s protest campaigns. When oil companies bus their employees into protest rallies complete with signs and songs and a spirit of « rebellion, » we should recognize how blocked those approaches are.
No, what America needs is an upheaval that’s much more innovative, more fundamental, more sudden. I don’t think anyone quite has a clear sight of what that is yet. Industrial shifts to a clean economy, new models of news publishing, government 2.0, the street as platform, post-ownership and post-consumer identities, community resilience a growing cultural preference for participation and collaboration combining with a search for transparency and backstories and authenticity: all of these are clearly in the code of whatever new system is emerging, but none of them defines i