Vite, de l’action!

Vraiment bon!

Agir à tout prix, surtout pour des situations complexes qui demandent un temps de réflexion et branler dans le manche quand ce qui pourrait être fait est pourtant simple! On lit la chronique de tels gestes chaque jour dans les médias! (Vidéo trouvée dans ce billet de Johnnie Moore: There is never nothing happening.)

Un texte écrit il y a un an et en lien avec ceci: Le culte de l’action et la tyrannie de la vision.

Départ à 7 h demain matin pour l’Abitibi où j’animerai le Symposium sur la création et les médias interactifs de la Commission de planification de l’Université du Québec. On y parlera d’action, évidemment. Pas seulement de la passion d’agir, toutefois, mais aussi de l’importance de prendre la responsabilité de faire avancer les choses. Parce qu’un plan d’action sans engagements clairs et réalistes, c’est beaucoup plus pour se donner bonne conscience que pour réellement générer un changement. J’y testerai une approche de priorisation à double vote: on vote pour les projets qui ont le plus de potentiel de nous faire progresser et on vote aussi (avec des autocollants différents) pour le ou les projets pour lesquels on est prêts à donner de l’énergie et du temps. Enfin, on travaille à planifier les prochaines étapes du projet auquel on s’engage à contribuer.

Créer un réseau social sur papier

Vendredi dernier, j’ai essayé une nouvelle forme de brise-glace avec un groupe de 70 directeurs de l’entreprise Nurun. J’avais vu la description de cette activité le mois dernier dans le livre Gamestorming et m’était dit que je trouverais rapidement un contexte pour la tester. Ça a vraiment bien fonctionné et je vais le refaire, c’est certain (j’ai déjà commencé à intégrer l’activité dans le programme de certaines animations).

Il suffit de prévoir un espace assez large que l’on couvre de papier. On fournit des papillons adhésifs (Post-it) 6×4″ et des marqueurs aux participants. On invite chacun à créer son avatar (une représentation de soi-même), inscrire son nom et deux mots qui décrivent le mieux dans quel état il ou elle se présente à l’événement. Ensuite, les participants vont coller leur papillon adhésif au mur et, armés d’un marqueur, ils tracent des liens entre-eux et identifient chaque lien selon sa nature (projet, amitié, école…). Tout au long de l’événement, les participants peuvent aller enrichir et mettre à jour leur réseau social.

Le résultat final:

Quelques extraits de la murale:

Un brise-glace simple, visuellement attrayant et qui permet, rapidement, de révéler les liens qui unissent les participants.

Si j’avais le temps…

… voici ce sont je parlerais ici cette semaine:

  • Je traduirais et commenterais des extraits de ce texte qui permet de mieux comprendre les dynamiques d’opposition aux projets de développement industriel et qui me confirme que l’on fait presque tout mal dans les domaines de l’éolien et du gaz: Overcoming the Not-In-My-Backyard (NIMBY) Syndrome.
  • Je partagerais mes commentaires (positifs et négatifs) sur certains événements de «concertation» de «consultation» et de «dialogue» qui s’annoncent dans les prochaines semaines. En particulier ceux menés par notre maire, par l’INM et par SECOR (je suis inscrit).
  • Je raconterais le plaisir intense et presque érotique que j’ai à courir en forêt (ça, je prends le temps même si je n’en ai pas beaucoup) avec mes nouveaux Vibram Five Fingers KSO Trek (mes pattes de singe, comme disent mes enfants! C’est ça sur la photo).
  • Je parlerais de comment Marquis Bureau m’a fait allumer sur la dualité passion-responsabilité qui est au coeur de notre travail (nous avons formé une équipe, avec Jean Fuller, pour animer les forums ouverts de CIVICUS). Ça a changé la manière dont je conçois les étapes de convergence.

Mais nous entrons dans la troisième année de Grisvert et nous avons créé un monstre! Sans presque aucun développement des affaires, Philippe, Étienne et moi sommes submergés de travail! J’ai beau vouloir prendre du temps pour écrire ici, je n’en suis pas capable. Voici mon horaire d’animation pour les prochaines semaines:

  • Demain je serai en Beauce pour animer une rencontre avec des professionnels de la santé (50 personnes). Forum ouvert au menu.
  • Vendredi, je serai avec la direction élargie de Nurun (70 personnes). On s’amusera avec les principes du web social mais avec du papier (réseau social analogue et concours de tweets pour mieux comprendre un concept), on travaillera sur les orientations et les objectifs et on fera un bon World Café en mode «appréciatif».
  • La semaine prochaine, je passerai 3 jours à Rouyn-Noranda pour l’événement «Interaction en mouvances» qui réunira près de 80 personnes du réseau de l’Université du Québec.
  • La semaine suivante, ce sera «Horizon 2015» pour la TELUQ (une centaine de personnes).
  • Et le samedi, je serai avec les membres d’un conseil municipal d’une ville en région pour les aider à identifier de zones de consensus pour lesquelles ils doivent travailler en collaboration (mandat un peu casse-gueule mais qui vaut la peine d’être expérimenté!).
  • La suivante, un colloque sur la biodiversité en Outaouais pour le MRNF (150 personnes).
  • L’autre d’après, c’est un rendez-vous national en immigration (150 personnes).
  • Pis l’autre qui suit, c’est le forum de mobilisation de laRéserve mondiale de la biosphère de Charlevoix.
  • La semaine qui suivra, je serai avec Étienne pour animer chez Hydro-Québec.
  • Tiens, une semaine avec aucune animation… ça ne restera pas comme ça longtemps j’ai l’impression!
  • Ensuite j’anime un atelier à la Journée informatique 2010.
  • Et la suivante deux jours à Thunder Bay et 2 jours à Québec en coanimation avec Chris.
  • Encore une semaine de congé d’animation.
  • Et on recommence avec une journée de concertation régionale en persévérance scolaire.
  • La suivante ce sera Québec, une région en mode solution, un événement d’innovation ouverte qui génère de l’intérêt un peu partout dans le monde.
  • Pis là c’est Noël!

Un peu fou mais faut c’qui faut quand faut!

La dernière migration d’une telle ampleur

Un petit bout de texte, à la fin d’un fascinant billet sur la migration nocturne massive de passereaux qui se prépare au dessus du Nord-Est de l’Amérique pour les prochaines nuits, m’a causé un profond choc:

Given that the numbers of night migrants in eastern North America are undoubtedly getting smaller annually due to increasing numbers of man-made fatality sources (windows, towers, etc) and habitat loss, this may well be the largest early September nocturnal migration event we have the opportunity to experience in the remainder of our lives. If you live in northeastern US or thereabouts, you might want to consider taking the next few nights and days off. Source: Keep your eye (and ears) out, sur BSI Blog

Ça vient probablement réactiver et cristalliser l’effet que m’a fait la thèse centrale du dernier Bill McKibben, Eaarth:

Our old familiar globe is suddenly melting, drying, acidifying, flooding, and burning in ways that no human has ever seen. We’ve created, in very short order, a new planet, still recognizable but fundamentally different. We may as well call it Eaarth.
That new planet is filled with new binds and traps. A changing world costs large sums to defend—think of the money that went to repair New Orleans, or the trillions it will take to transform our energy systems. But the endless economic growth that could underwrite such largesse depends on the stable planet we’ve managed to damage and degrade. We can’t rely on old habits any longer.

Très peu d’indices nous laissent croire que ça s’améliorera dans le futur. Mais nous n’avons pas le droit de ne pas espérer et de ne pas faire tout ce que l’on peut pour retrouver notre place dans la nature. Je m’en vais de ce pas dehors tenter d’entendre quelques grives en vol au dessus de Québec. Pour que mes enfants et les leurs puissent m’entendre leur raconter l’époque où les grives et les parulines migraient encore librement et massivement.

Anatomie de deux dialogues

Trouvé sur le site du Public Conversation Project en cherchant des inspirations pour raffiner et approfondir certaines techniques de dialogue que j’utilise.

Comme la plupart des outils avec lesquels je travaille, c’est simple, mais pas facile!

Mushuau-Nipi, prise 2

L’an dernier, j’avais participé au cinquième Séminaire nordique autochtone. Cette année, j’y oeuvrerai à titre de facilitateur. Je quitte demain pour 10 jours dans la toundra forestière, sur la rive de la rivière George, au lieu que le Innus appellent Mushuau-Nipi depuis aussi loin que la mémoire puisse se souvenir.

Ce sera une expérience incroyable que d’animer dans un lieu naturel exceptionnel. Parmi les participants, il y aura des autochtones, des scientifiques, des artistes, des industriels, des environnementalistes et des représentants politiques. Les enjeux du Plan Nord seront au coeur des discussions. Je me permet de croire que le Plan Nord a bien besoin qu’on lui ajoute un peu de profondeur, de volonté et de coeur.

Je pars avec en tête, ces mots de Jean Morisset, que cite Jean Désy dans son dernier essai, L’esprit du Nord:

Il nous reste aujourd’hui le Nord. Entre le désir de pousser notre industrie aux limites de nos frontières – désir ancré dans notre esprit protestant, développementaliste – et l’instinct de pousser nos émotions à orienter notre développement – instinct ancré dans notre esprit latin, relativiste -, il semble qu’il y ait peut-être un moyen terme, une troisième voie qui ne pourra venir que des Autochtones.

Jean Morisset, Les chiens s’entre-dévorent

J’essaie de revenir en un seul morceau, promis! En plus que l’automne s’annonce chargé comme c’est pas possible.

Niaut!