Le Forum ouvert en images

Très intéressante vidéo qui permet de goûter un peu à ce qu’est le Forum ouvert, la méthode d’animation qui me procure le plus de satisfaction et qui rend de grands services aux groupes avec lesquels je l’utilise (du moins, c’est ma perception, renforcée par les commentaires de mes clients et des participants).

J’aime particulièrement ces quelques mots, lancés à la fin de la séquence «le Forum ouvert, c’est simple, mais ce n’est pas facile». Tout à fait!

Plus de détails sur le site Open Space World.

Merci à Chris pour le lien.

Pourquoi sommes-nous ici? Pour être heureux!

Très rares sont ceux et celles qui ont pu se retenir de sourire quand, le mois dernier, le ministre des Finances Raymond Bachand a lancé, très sérieusement : « La finalité, ce n’est PAS d’équilibrer le budget. La finalité, c’est d’ÊTRE HEUREUX COMME PEUPLE, d’avoir une croissance économique et de gagner à court terme, et de gagner à long terme. » Même si, au fond, plusieurs — j’en fais partie — étaient en partie d’accord avec ce qui a été dit, il était difficile de croire que ces mots allaient réellement teinter les actions du gouvernement. Même si M. Bachand y croit réellement, que fera-t-il pour incarner ces paroles lancées en l’air, sous le coup d’une inspiration soudaine ou d’un éclair de compassion?

C’est une tout autre histoire quand M. Toshiro Kanamori, professeur de quatrième année d’une école primaire de Kanazawa, près de Tokyo, annonce aux élèves que puisque l’on n’a qu’une vie à vivre, il vaut mieux en profiter pleinement et être heureux. L’extrait vidéo qui suit est une superbe leçon de courage, d’amour et de compassion. Quelqu’un peut la montrer à M. Bachand? Ça lui ferait du bien! De mon côté, j’ai été fortement impressionné par les qualités de facilitateur et d’hôte de cet homme (Kanamori, pas Bachand!).

Children full of life sur Youtube

Référence: Children full of life, sur le site Transforming Capitalism 2.0>>3.0

Poste de professeur en leadership, comportement organisationnel et gestion

Ça pourra intéresser certaines personnes qui passent parfois par ici.

Le département de management de l’Université Laval vient d’ouvrir poste de professeur pour une personne intéressée par des thèmes émergents comme l’intelligence collective, le leadership conscient et la sagesse pratique.

Annonce du poste en format PDF et sur le site de l’Université Laval.

Dialogue et cohérence

Chaque jour, je réserve quelques minutes de mon temps à des lectures qui sont en lien avec mon travail. Présentement, ce sont deux livres sur le dialogue qui retiennent mon attention:

Les deux ouvrages sont étroitement reliés (les auteurs ont collaboré à de nombreuses reprises dans les années ’80 et ’90) et viennent apporter un éclairage théorique très intéressant sur le travail que je fais.

Il apparaît évident que la pensée de Bohm a été fondamentale pour les travaux de Isaacs mais aussi pour ceux de Peter Senge, Otto Scharmer (Theory-U) et Juanita Brown (World Café).

Sans prendre le temps de les traduire en français, je consigne ici quelques paragraphes tirés de On Dialogue. L’image du laser pour parler de cohérence est extrêmement intéressante.
We can say that a group of about twenty to forty people is almost a microcosm of the whole society, and has a lot of different opinions and assumptions. [...] In that size group, you begin to get what may be called a «microculture». You have enough people coming in from different subcultures so that they are a sort of microcosm of the whole culture. And then the question of culture – the collectively shared meaning begins to come in. That is crucial, because the collectively shared meaning is very powerful.
[...]
The power of the group goes up much faster than the number of people. I’ve said elsewhere that it could be compared to a laser. Ordinary light is called «incoherent», which means that it is going in all sorts of directions, and the light waves are not in phase with each other so they don’t build up. But a laser produces a very intense beam which is coherent. The light waves build up strength because they are all going in the same direction. This beam can do all sorts of things that ordinary light cannot.
Now, you could say that our ordinary thought in society is incoherent – it is going in all sorts of directions, with thoughts conflicting and canceling each other out. But if people were to think together in a coherent way, it would havee tremendous power. That’s the suggestion. If we have a dialogue situation – a group which has sustained dialogue for quite a while in which people get to know each other, and so on – then we might have such a coherent movement of thought, a coherent movement of communication. It would be coherent not only at the level we recognize, but at the tacit level, at the level for which we have only a vague feeling. That would be more important.
«Tacit» means that which is unspoken, which cannot be described – like the tacit knowledge required to ride a bicycle. It is the actual knowledge, and it may be coherent or not. I am proposing that thought – to think – is actually subtle tacit process. The concrete process of thinking is very tacit. The meaning is basically tacit. And what we can say explicitly is only a very small part of it. I think we all realize that we do almost everything by this sort of tacit knowledge. Thought is emerging from the tacit ground, and any fundamental change in thought will come from the tacit ground. So if we are communicating at the tacit level, then maybe thought is changing.

Plein potentiel et gaspillage d’énergie

Les médias font grand état aujourd’hui de l’événement Rencontre économique 2010 présidé par Jean Charest. Je n’ai pas de temps pour discuter en profondeur de l’événement, mais je souhaite partager quelques éléments avant de terminer la semaine.

D’abord, une citation tirée de l’éditorial de Pierre-Paul Noreau paru dans Le Soleil de ce matin.

Sans remettre le moindrement en question l’application et le sérieux de la centaine de participants à la Rencontre économique 2010 tenue mercredi soir et jeudi au Centre de congrès et d’exposition de Lévis, on peut certainement déplorer que leur immense potentiel n’ait pas été davantage mis à profit. Cet exercice de réflexion présenté comme capital par le gouvernement du Québec s’est en effet conclu sur de bien maigres résultats.

[...]

Avait-on besoin de rassembler les têtes d’affiche parmi les plus importantes de la scène sociale, économique et politique de la province et les retenir dans un même lieu pendant 24 heures pour énoncer pareilles évidences? La réponse claire et brutale est non. L’exercice se résume à un déplorable gaspillage d’énergie.

Deux éléments qui me sont chers sont retenus par l’éditorialiste : le plein potentiel du groupe n’a pas été atteint et l’événement a gaspillé de l’énergie plutôt que d’en générer. Mes clients reconnaîtront ici plusieurs de mes interventions : je leur rappelle constamment l’importance d’aller chercher le plein potentiel des groupes et la nécessité de créer un événement qui générera de l’énergie plutôt que d’en consommer.

En terminant, je partage quelques-unes des questions que j’utilise dans les premières étapes de la planification d’un événement. N’hésitez pas à les utiliser!

Besoin
  • Quel est NOTRE principal besoin qui ne peut être comblé que par un tel événement?
  • Quel est le principal besoin des PARTICIPANTS qui ne peut être comblé que par un tel événement?
Utilité
  • Pourquoi voulons-nous demander à plus de XX personnes de nous consacrer une journée de leur temps?
  • Si cet événement devait atteindre son plein potentiel, qu’est-ce qu’il pourrait devenir?
  • Qu’est-ce que cet événement pourrait faire naître de nouveau?
Principes
  • Qu’est-ce que ça doit être?
  • Qu’est-ce que ça ne doit pas être?
  • Si nous étions audacieux, qu’est ce que nous ferions?

Avoir le système dans la pièce

Don't just do something, Stand There!

Un des préoccupations de base de la plupart des facilitateurs est de s’assurer que l’on rassemble «le système» dans la pièce quand vient le temps de discuter d’un enjeu, d’établir une vision commune et d’agir. Si il manque une partie du système, c’est beaucoup plus difficile d’en venir à une entente. Et quand chacune des composantes du système est présente, le groupe avance beaucoup plus rapidement et le résultat sera bien plus durable.

Dans Don’t Just Do Something, Stand There!, Marvin Weisbord et Sandra Janoff partagent un bon truc pour s’assurer d’avoir identifié toutes les composantes du système: ARE IN.

A pour Autorité d’agir (est-ce que l’on pourra réellement mettre en oeuvre ce qui aura été discuté?)

R pour Ressources (est-ce que l’on a accès aux contacts et au financement pour agir?)

E pour Expertise (avons nous des connaissances suffisantes en lien avec l’enjeu?)

I pour Information (savons-nous tous ce qui doit être connu pour prendre des décisions éclairées?)

N pour Need ou, en français, Besoin (est-ce que les gens qui seront touchés par nos décisions sont ici?)

On peut dire que le «système» est dans la pièce si au moins un représentant de chacune des composantes listées ci-haut est présent.