Avoir le système dans la pièce

Don't just do something, Stand There!

Un des préoccupations de base de la plupart des facilitateurs est de s’assurer que l’on rassemble «le système» dans la pièce quand vient le temps de discuter d’un enjeu, d’établir une vision commune et d’agir. Si il manque une partie du système, c’est beaucoup plus difficile d’en venir à une entente. Et quand chacune des composantes du système est présente, le groupe avance beaucoup plus rapidement et le résultat sera bien plus durable.

Dans Don’t Just Do Something, Stand There!, Marvin Weisbord et Sandra Janoff partagent un bon truc pour s’assurer d’avoir identifié toutes les composantes du système: ARE IN.

A pour Autorité d’agir (est-ce que l’on pourra réellement mettre en oeuvre ce qui aura été discuté?)

R pour Ressources (est-ce que l’on a accès aux contacts et au financement pour agir?)

E pour Expertise (avons nous des connaissances suffisantes en lien avec l’enjeu?)

I pour Information (savons-nous tous ce qui doit être connu pour prendre des décisions éclairées?)

N pour Need ou, en français, Besoin (est-ce que les gens qui seront touchés par nos décisions sont ici?)

On peut dire que le «système» est dans la pièce si au moins un représentant de chacune des composantes listées ci-haut est présent.

Récolte de la semaine, 7 au 13 décembre

photo-5Plusieurs choses intéressantes glanées au cours des derniers jours

  • Dale Arseneault propose huit choses à savoir au sujet de la collaboration: 8 things you need to know about collaboration. «Collaboration is a human process – throwing technology at people won’t magically/automatically create collaboration.»
  • De belles observations sur les grandes rencontres et l’importance des interactions informelles dans cet article d’Associated Press: Copenhague, de l’importance des coulisses. «Ces moments passés à bavarder aussi de choses plus intimes dans une atmosphère plus détendue, en jean plutôt qu’en costume-cravate, sont fondamentaux pour bâtir des relations et une confiance susceptibles de déboucher sur une percée diplomatique.»
  • Myriam Laberge sur le minimum d’information à présenter à un groupe pour que les participants contribuent de manière éclairée: Best practices for delivering content. «After 7 minutes, most participants will zone out and lose the central plot. Were we to see what is going on in their heads, it might resemble something like an empty bubble with the words « blah blah blah…. » encased within it.»
  • Quelques éléments intéressants dans cette entrevue avec Jason Fried: The Way I Work: Jason Fried of 37Signals. «Jason Fried hates lame meetings, tech companies that don’t generate revenue, and companies that treat their employees like children. A peek inside his typical workday.»
  • L’hiver est arrivé. Barbara Bash partage quelques belles observations: Looking out on first snow. «Feeling the pulling in of winter - of the light – of my heart . . .»
    Feeling the pulling in of winter -
    of the light – of my heart . . .
  • Un ami qui fait un travail similaire au mien m’avait suggéré Don’t Just Do Something, Stand There!: Ten Principles for Leading Meetings That Matter . Je l’ai reçu mercredi dernier. Si vous animez des rencontres, il faut lire ce livre!

Animation au 4e colloque IDEO-ASEJ

Mosaïque de post-itJ’animais ce matin une «activité de réseautage» pour le Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ). Le colloque débutait aujourd’hui et il durera trois jours. On m’avait demandé de concevoir et d’animer une activité qui aurait pour objectif de provoquer des rencontres et d’amorcer des discussions. J’ai promis aux participants que ma présentation serait sur le blogue en après-midi. La voici donc! J’en profite aussi pour ajouter quelques informations.

On m’avait réservé 90 minutes en fin d’avant midi. Près de 300 personnes étaient inscrites. Louis Bellemare, fondateur de Samajam animait une activité avant moi. Comme je ne l’avais jamais vu, je n’avais pas prévu de lien entre les deux activités, mais j’avais hâte de le voir à l’oeuvre et j’étais prêt à improviser pour assurer la continuité. J’étais bien curieux de voir ce qu’il ferait. Malheureusement, il a parlé pendant presque une heure (et surtout de lui) et très peu de temps a été consacré à la musique et à ce qu’il appelle une «conférence participative». Mais en regardant les vidéos sur son site, je suis certain que sa troupe peut faire des super animations. Mais ce matin, je n’ai pas été impressionné. Comme je commence à intégrer plus de musique et d’arts à mes animations, je reste toutefois ouvert à leur travail qui me semble très intéressant. Je n’ai donc fait qu’un petit lien en début de ma présentation, mais sans plus. lire la suite »

Animation de petits groupes: réfléchir, proposer, s’engager, agir

photo-3J’animais hier ma seconde rencontre à titre de président du comité développement durable de la Chambre de commerce de Québec. C’est pour moi une belle occasion de me servir à moi même la médecine que je prescris à mes clients! Je partage ici la technique toute simple que j’ai mise à profit pour créer de manière collaborative le plan d’action du comité pour la prochaine année. Comme les rencontres sont assez courtes (7h30 — 9h), j’ai eu à trouver un moyen d’amener le comité (une vingtaine de personnes) à atteindre rapidement un bon niveau de performance.

Voici la structure que je donne à chacune des rencontres du comité (entre 15 et 25 personnes présentes à chacune des réunions). Malgré le fait que nous ayons peu de temps et que nous soyons dans une salle de réunion traditionnelle (table ovale au centre, peu d’espace de dégagement autour), nous réussissons à obtenir des résultats très intéressants.

7h30 — 7h45: Tour de table. Il y a régulièrement de nouveaux membres (le comité est très populaire!). Chaque personne se présente brièvement et les nouveaux doivent répondre à la question «pourquoi souhaitez-vous faire partie du comité?» Quand il n’y a pas de nouveau membre autour de la table, la question de «check-in» peut être «dans quel état vous présentez-vous ici ce matin?» ou toute autre question qui amène les gens à partager quelques chose qui a plus de sens que leur nom et celui de l’entreprise qu’ils représentent. Je veux des individus entiers et non pas des représentants d’entreprises! lire la suite »

Petite méthode de brainstorm rapide et efficace

Voici un petit cadeau du vendredi!

Il y a quelques semaines, j’étais chez mes copains de iXmédia quand Mathieu et Isabelle, le DG et la DA, m’ont demandé de penser avec eux à un concept pour nommer les espaces de travail de leurs nouveaux bureaux. Après quelques minutes de divagations qui ne menaient nulle part, Mathieu me demande «eille, es-tu capable de nous faire une petite activité de collaboration pour demander à toute l’équipe de participer?».

Je devais quitter 30 minutes plus tard, mais j’ai accepté le défi. Isabelle est allée chercher des post-its (papillons adhésif) et Mathieu a rassemblé l’équipe. Mathieu a d’abord expliqué à tous le souhait de trouver un concept créatif pour nommer les espaces de travail et j’ai par la suite donné les consignes:

  • Vous créez des équipes de 4 personnes. N’allez pas avec vos collègues habituels. Mélangez les programmeurs, les graphistes, les intégrateurs et les chargés de projet.
  • Vous avez 15 minutes pour imaginer un ou plusieurs concepts et, en utilisant les post-its, allez identifier chacun des espaces de travail.
  • Ensuite, on fait le tour des espaces de travail et les équipes présentent leurs concepts.
  • Chaque employé recevra des pastilles autocollantes et il aura à les utiliser pour voter pour les concepts les plus intéressants.

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Présentation à la JIQ 2009

Sentier du Mont Hibou, Stoneham, en rando pour préparer ma conférence!

Aujourd’hui, dans le cadre de la Journée de l’informatique 2009, j’étais invité à participer à une table ronde le matin et à prononcer une conférence en après-midi. 1600 participants et une grosse organisation. Un design d’événement très traditionnel malgré certains artifices modernes. J’y étais à titre d’«expert».

Pour moi qui suis beaucoup plus à l’aise dans le rôle de facilitateur, c’était une drôle d’expérience. Dans les événements que je conçois et que j’anime, je cherche à activer l’intelligence des groupes. À mettre cette intelligence collective à profit pour répondre à des questions qui méritent que l’on s’y attarde. Et surtout, j’essaie de ne pas trop laisser de tribune aux experts pour plutôt permettre à tous les gens qui sont présents de s’exprimer, d’échanger et de voir ensemble le futur qu’ils souhaitent créer. Aujourd’hui, j’ai vu des experts — j’en étais un — prendre toute la place et des participants écouter sagement — ou vaguement.

Je pense que la plupart des gens présents ont apprécié leur journée. Mais j’en repars avec le sentiment que l’on aurait pu inviter les 1600 personnes présentes à aller beaucoup plus loin. Voici les questions qui me trottent dans la tête: Quelles sont les questions qui animent ces gens? Qu’est-ce que l’on pourrait faire naître lors d’un tel événement et qui aurait le potentiel de faire toute la différence dans leur domaine d’intérêt? Qu’est-ce que 1600 acteurs du milieu informatique de la région de Québec pourraient, ensemble, réaliser de plus grand en une journée?

Pour ce qui est de mon atelier de l’après-midi, j’espère que les quelque 400 personnes présentes ont apprécié. Personnellement, le moment que j’ai préféré est quand j’ai invité les participants à se tourner vers quelqu’un qu’ils ne connaissaient pas et de faire connaissance puis de partager une belle expérience de collaboration. C’était superbe de voir 400 personnes qui s’étaient retenues de parler pendant 5 heures se lancer immédiatement dans de belles conversations. J’ai senti une grande vague d’énergie! Et ils ne voulaient plus s’arrêter!

À la fin de ma conférence, une drôle d’idée m’est venue en tête: «veux-tu ben me dire qu’est-ce que tu as fait là? Obliger 400 personnes à t’écouter pendant 45 minutes… tu leur as volé leur temps… t’aurais été bien mieux de les laisser parler de ce qui les intéresse vraiment!» J’ai alors repris le micro pour expliquer que j’ai plus l’habitude, en tant que facilitateur, d’être «totalement présent et presque invisible» et que là, d’avoir été tant visible me faisait me sentir un peu mal. Je me suis ensuite excusé d’avoir parlé si longtemps (tout de même 15 minutes de moins que ce à quoi j’avais droit!) et j’ai émis le souhait qu’ils avaient au moins un peu apprécié. Héhé! Ça me fait un peu rire après coup, mais c’était sincère!

Voilà! Je ne sais pas si je vais encore accepter de faire des conférences «à la traditionnelle». J’ai tellement plus de plaisir à animer des groupes et à laisser leur plein potentiel s’exprimer. Je vais laisser décanter un peu celle-là et on verra.

Voici mes diapos, mais si vous n’y étiez pas, ça risque d’être assez peu explicite. Très peu de mots, surtout des photos. Quelques références suivent le diaporama. Merci aux gens de la JIQ de m’avoir invité et, surtout, merci aux gens qui ont participé à l’événement.

Références

Puisque ma présentation ne parle pas beaucoup d’elle-même, en voici deux autres que j’avais fait en fonction d’une plus large diffusion sur le web et qui sont en lien avec ce dont j’ai parlé:

Quelques livres qui constituent pour moi des références très utiles.

51vDa5-vIYL._SL500_PIsitb-sticker-arrow-big,TopRight,35,-73_OU15_SS75_Facilitator’s Guide to Participatory Decision-Making (Sam Kaner)

Le meilleur livre pour s’initier rapidement à de nouveaux trucs d’animation. La base de la facilitation s’y trouve. Pour commencer à faire les choses différemment en matière d’animation, c’est le premier pas.

416G7vRDg2L._SL500_PIsitb-sticker-arrow-big,TopRight,35,-73_OU15_SS75_Presence: Human Purpose and the Field of the Future (Peter M. Senge, C. Otto Scharmer, Joseph Jaworski, Betty Sue Flowers)

Dès les premières pages, je savais que je trouverais dans ce livre l’inspiration pour faire un bon bout de chemin. Trois ans plus tard, c’est encore la base théorique de mon travail (avec la «bible» qui en est issue, Theory-U).

51wJDhZQXdL._SL500_PIsitb-sticker-arrow-big,TopRight,35,-73_OU15_SS75_The World Cafe: Shaping Our Futures Through Conversations That Matter (Juanita Brown, David Isaacs)

Le World Café (café de conversation) est une méthode facile d’approche et qui s’adapte à plein de contextes. Le livre est une belle source d’inspiration au sujet du dialogue, de l’émergence et de la collaboration. Le site de la communauté du World Café est aussi intéressant. La plupart des photos de ma présentation ont été prises dans des cafés de conversation que j’animais.

41nZtRMiw1L._SL500_PIsitb-sticker-arrow-big,TopRight,35,-73_OU15_SS75_Open Space Technology: A User’s Guide (Harrison Owen)

La méthode d’animation que je préfère. Celle où on met le plus de côté le contrôle et où on permet le plus à chacun de s’exprimer. Le Forum ouvert est une méthode extrême performante et qui, en plus, fait naître de la joie, de la beauté et de la paix. C’est génial! J’ai déjà hâte à ma prochaine journée en Forum ouvert, le 30 novembre, alors que j’accompagnerai les membres du RQIS. Quelques ressource en français sur le Forum Ouvert ici.

Je pourrais passer ma soirée à vous suggérer d’autres livres mais ceux-ci vous permettront de faire les premiers pas. Sur le web, il faut aussi lire Margareth Weathley, Otto Scharmer, Peter Block, mes collègues de la communauté de l’Art of Hosting (la base méthodologique de mon travail) et enfin, mes amis et mentors Isabelle Mahy (qui a aujourd’hui si bien parlé d’une superbe journée en forum ouvert que nous avons vécue il y a 2 semaines), Chris Corrigan et George Por.

Au sujet des «bonnes questions», mon outil le plus précieux est le petit livre The Art of Powerful Questions (Juanita Brown). Une version PDF est disponible sur cette page. On peut aussi avoir une version française ici, mais ça ne vole pas haut comme traduction.

Au sujet de la «haute densité» des informations échangées lors de rencontres physiques, lire Signaux honnêtes, l’importance de la rencontre pour soutenir l’innovation.

Plus d’infos sur les licences de droit d’auteur Creative Commons ici.

Beaucoup d’autres choses à découvrir aussi sur mon blogue (vous y êtes déjà!), celui de mon associé Philippe Dancause et aussi en suivant les liens «Lectures numériques» et «Lectures papier» dans la colonne de droite de mon blogue.

En terminant, si vous allez sur le site de Grisvert, sachez qu’une nouvelle version (Grisvert 3.0) sera mise en ligne dans quelques jours. La plupart de ce qui y est écrit présentement a été rédigé il y a 1 an. C’est encore vrai, mais on a depuis beaucoup clarifié et précisé notre discours et notre offre de services. Retournez donc le voir dans une ou deux semaines pour avoir une meilleure idée.

N’hésitez pas à commenter si vous avez des questions. Et pour les gens qui veulent devenir mes amis sur Facebook, pas de chance… je n’y accepte que les gens que je connais bien et avec qui je peux partager mes états d’âme et mes photos familiales avec un certain degré de sécurité. Ce n’est pas que je ne vous aime pas, mais juste que je me garde une petite gêne!