Archives de la catégorie : Société de l'information

Question de point de vue!

Tout le monde connaît le jeu optique qui fait en sorte que l’on voit soit une jeune fille ou une vieille dame:

7ged1n6u8v

Les américains du site College Humor exploitent habilement cette illusion d’optique dans une vidéo pas mal comique:

Quelques observations sur les communautés de pratique

Hier, j’ai rencontré deux personnes qui travaillent pour une grande organisation. Un de leurs collègues leur avait dit qu’il serait intéressant pour eux, et pour moi, que nous allions discuter un peu. Ce fut effectivement très intéressant!

Ce qui a semblé éveiller le plus leur intérêt fut lorsque l’on a discuté des communautés de pratique. Je leur ai promis de rassembler ici quelques éléments de réflexion qui nous permettront de poursuivre la discussion. Tout le monde est évidemment invité à venir ajouter son grain de sel et enrichir la discussion.

Ça fait plusieurs années que je participe à des projets de démarrage et de croissance de communautés de pratique. La plupart du temps, je n’ai pas été très satisfait du résultat. Mon sentiment était que l’activité de la communauté manquait de vie, n’était pas assez organique. Je manquais toutefois d’outils pour identifier la cause de ce manque de vie.

En parcourant le chemin qui a mené à la création de Grisvert, j’ai pu découvrir et vivre des méthodologies de collaboration et côtoyer des gens qui m’ont permis de mieux comprendre quels sont les éléments qui font en sorte que la vie puisse circuler dans les conversations qui animent un groupe. Au cours des dernières semaines, j’ai eu plusieurs occasions de discuter de communautés de pratique et de comment il serait possible d’imaginer de nouvelles façons d’y insuffler de la vie. Je livre ici mes observations et quelques idées. Tout ça est en construction et ce n’est que dans l’expérimentation que nous pourrons y voir plus clair.

Ancrer dans le réel et utiliser la technologie pour capturer, archiver et amplifier

Le printemps dernier, dans un atelier que j’animais et qui parlait des outils de collaboration sur le web, j’avais suggéré que pour qu’une démarche de travail collaboratif fonctionne, il était important que les interactions entre les gens ne soient pas que virtuelles. Oui, c’est possible de collaborer sans s’être rencontrés en personne, mais je suggérais à l’époque que la rencontre des gens permet d’apporter une autre dimension à la collaboration et qu’une fois que le désir de collaboration s’incarne au sein du groupe, il est possible d’utiliser le plein potentiel des outils technologiques.

Le design de processus pour amorcer la collaboration et obtenir des résultats

Les derniers mois m’ont permis de perfectionner et d’expérimenter l’art du design de processus. C’est, pour moi, une révélation! Je n’ai jamais aimé les règles et les modèles linéaires qui ont surtout pour objectif de contrôler et d’orienter les résultats. Pour moi, ce sont des freins à la créativité et à l’innovation. Ma nature «sauvage» ne s’y prête pas bien!

J’ai toutefois découvert, dans des processus tels que les Cinq respirations, le Diamant de la participation ou encore le Processus en U, des alliés essentiels pour me permettre d’accompagner des groupes dans des démarches d’innovation et de résolution de problématiques complexes.

Un des éléments qui m’agace souvent dans des communautés de pratique dont l’activité se déroule principalement sur un support technologique est l’incapacité du groupe à faire converger les discussions vers l’action. Oui, on réussit à échanger des informations et à enrichir les pratiques, mais on en reste là. L’activité ne se cristallise pas pour donner quelque chose. Il n’y a pas assez de convergence.

Le schéma suivant présente les grandes étapes d’un processus de collaboration: la question de départ, la phase de divergence (nourrir et révéler l’intelligence collective), l’émergence d’une vision commune et la convergence de l’activité du groupe vers une réponse, un projet.

Et si on utilisait un tel processus dans le design d’une communauté de pratique? Qu’est-ce qui arriverait si on créait des espaces éphémères (actifs pour une période déterminée) et que l’on invitait la communauté à venir y répondre à une question? Le fait que l’espace soit éphémère permet de stimuler le passage d’une étape à l’autre pour arriver à converger vers la réponse et le projet. Évidemment, il faut fournir une animation pour soutenir le passage d’une étape à l’autre du processus. Une fois la période prévue pour l’existence de l’espace de collaboration terminée, on le ferme et on archive l’activité. Et s’il n’y a pas eu de convergence vers un projet ou de réponse à la question, tant pis!

Le dernier paragraphe peut paraître très hermétique pour quelqu’un qui n’a pas animé de communauté de pratique, mais les «initiés» à qui j’en ai parlé au cours des dernières semaines ont trouvé l’idée très intéressante. Nous allons l’expérimenter, c’est certain!

Rassembler les conditions qui favoriseront l’émergence de la communauté

La semaine dernière, Chris Corrigan a proposé un schéma qui permet d’identifier les zones d’activité d’une communauté. Je l’ai traduit en français:


Ma première observation: de nombreuses communautés de pratique fonctionnent dans la zone d’intersection entre le travail et le co-apprentissage, la Performance froide. Comme dans bien des cas, on oublie d’accorder de l’importance à la création et au développement des liens qui unissent les membres du groupe. Or, c’est une condition essentielle pour que l’activité d’une communauté soit vivante.

Il faudrait donc que l’activité de la communauté permette d’avoir des effets positifs sur le travail, le co-apprentissage et les liens qui unissent les membres. Je pense que le design et l’animation ont beaucoup à faire pour aider les communautés de pratique (et bien d’autres groupes) à évoluer au centre des trois sphères, dans la zone du Wow!

Voilà où j’en suis. La réflexion est incomplète, je le sais bien. Il y a bien d’autres éléments que j’aimerais aborder, mais je ne peux pas passer la journée à rédiger ce billet! Je sors de la zone d’émergence pour entrer en convergence. Il faut maintenant trouver des contextes et des complices pour expérimenter et apprendre.

En terminant, quelques liens pour aller plus loin.

Permettre et stimuler la collaboration dans les organisations. J’y commentais un article publié par Anectote,Building a collaborative workplace.

Les conversations qui permettent d’innover. Une réflexion de Philippe Dancause qu’a complétée Georges Por dans The CI deficit of the dominant way of organising work.

Et un autre texte de Philippe, Poser les bonnes questions.

Bonne fin de semaine!

 

Conservation et conversation

Je sors de ma léthargie estivale du blogueur pour citer un article paru ce matin dans Le Devoir sous la plume de Louis-Gilles Francoeur (Des parcs habités — Des Cévennes et des hommes):

Jean de Kermabon, le responsable des services fauniques, explique «qu’ici, on est obligé de discuter avec les gens parce que la direction du parc vit dans le milieu: en fin de semaine, on achète son pain à côté des gens avec qui on a négocié durant la semaine. Cette difficulté est au fond un atout du parc parce qu’elle nous oblige, comme gestionnaires, au réalisme. Je découvre l’intérêt de ne pas avoir raison tout seul. Ça nous oblige à imaginer des solutions compatibles avec la conservation et les besoins des humains. Nos contrats avec les agriculteurs, qui sont bourrés d’innovations, sont en train de créer un modèle européen. Mais il y a toujours, ici comme chez vous, des gens qui voudraient qu’on mette l’environnement sous cloche.»

Il y a tellement de choses dans cette petite citation! Il y aurait tellement à écrire! On y voit toute l’importance de créer des liens entre les différentes personnes qui sont liées à une problématique. Et ces liens, quand ils sont tant professionnels que personnels, ils sont encore plus intéressants.

En terminant ce petit interlude estival, je note deux textes qui, à mon avis, montrent que l’on s’engage dans l’ère post société de l’information et post développement durable pour entrer dans celle de la société durable. J’en reparlerai en août, quand je m’y remettrai à plein temps et que Grisvert naîtra enfin (et ça, ça va être excitant en mautadine, n’est-ce pas, Philippe?).

D’abord, cette conversation entre Alex Steffen, rédacteur en chef de WorldChanging et Cory Doctorow, un observateur éclairé de l’évolution de la société de l’information: The Outquisition. Un petit extrait:

What would it be like, we wondered, if folks who knew tools and innovation left the comfy bright green cities and traveled to the dead mall suburban slums, rustbelt browntowns and climate-smacked farm communities and started helping the locals get the tools they needed. We imagined that it would need an almost missionary fervor, something like the Inquisition (which largely destroyed knowledge) in reverse, a crusade of open sharing, or as Cory promptly dubbed it, the Outquisition.

Et enfin, le nouveau livre de Peter Senge, The Necessary Revolution, qui propose un modèle de collaboration pour créer un monde durable. Extrait de la quatrième de couverture:

Imagine a world in which the excess energy from one business would be used to heat another. Where buildings need less and less energy around the world, and where “regenerative” commercial buildings – ones that create more energy than they use – are being designed. A world in which environmentally sound products and processes would be more cost-effective than wasteful ones. A world in which corporations such as Costco, Nike, BP, and countless others are forming partnerships with environmental and social justice organizations to ensure better stewardship of the earth and better livelihoods in the developing world. Now, stop imagining – that world is already emerging.

Vite, dehors!

Permettre et stimuler la collaboration dans les organisations

Anecdote vient de publier Building a collaborative workplace. Cet article constitue une lecture essentielle pour toute personne qui se frotte à des projets de travail collaboratif. Extrait de l’introduction:

Today we face an entirely new environment for innovation and getting things done. The days of the lone genius quietly toiling away in pursuit of that ‘Eureka’ moment to revolutionise an industry are all but over. We are now in the days of asking and listening to our customers and working with them in our innovation cycles. Innovation demands collaboration. So does production. In the past we could focus on a single task in an assembly-line fashion, handing our completed activity to the next person who would in turn do the same, until the job was finished. Now the jobs change fast, requiring learning new skills rather than merely repeating the old. We have to seek out people who have other pieces of the puzzle and work with them to tackle increasingly complex issues at a much faster pace.

[...]
Innovation demands collaboration. So does production. In the past we could focus on a single task in an assembly-line fashion, handing our completed activity to the next person who would in turn do the same, Today we all need to be collaboration superstars. The trouble is, collaboration is a skill and set of practices we are rarely taught. It’s something we learn on the job in a hit-or-miss fashion. Some people are naturals at it, but most of us are clueless.
Our challenge doesn’t stop there. An organisation’s ability to support collaboration is highly dependent on its own organisational culture. Some cultures foster collaboration while others stop it dead in its tracks. Today we all need to be collaboration superstars. [via Dale Arseneault]

L’article définit ce qu’est la collaboration, détaille trois types de collaboration (en équipe, en communauté et en réseau) et identifie les principaux facteurs de succès pour qu’une culture de collaboration se développe. Les auteurs discutent également du rôle du leadership et de la culture d’entreprise et donnent des conseils pour renforcer la culture de collaboration. Enfin, un questionnaire permet de mesurer la force de la culture de collaboration de votre milieu de travail.

J’ai souvent l’occasion de discuter avec des amis qui, tout comme moi, accompagnent des groupes dans des démarches de collaboration. Nos constats sont similaires à ceux des auteurs de Building a collaborative workplace: aujourd’hui, la technologie est un outil indispensable pour une démarche de travail collaboratif, mais il faut d’abord et avant tout travailler à stimuler une culture de partage et développer les habiletés des individus à participer et à «vivre» dans un univers d’information.

J’ai noté cette petite phrase dans la marge de l’une des pages de l’article (oui oui, je l’ai imprimé pour le lire bien assis sur un fauteuil!):

Grisvert: stimuler la collaboration et mettre à profit l’intelligence collective afin de résoudre des problématiques complexes.

C’est vers là que l’on se dirige avec Grisvert. En passant, j’ai complété un premier U-Process avec un client: Wow! Le résultat est vraiment impressionnant. Je ne pensais pas que nous pourrions obtenir un projet d’une telle clarté et d’une telle pertinence si rapidement. Vraiment, ça promet!

Habiletés à développer dans un monde d’information

Tant dans ma pratique de travailleur autonome que dans celle que je bâtis avec Grisvert, j’accorde une grande importance aux habiletés que l’on se doit de développer pour vivre et grandir dans un monde d’information. Si certains éléments de la présentation que j’ai faite il y a quelques semaines sur les outils de collaboration ont piqué votre curiosité, je vous suggère la lecture de Skills 2.0 que vient de publier Harold Jarche.

Voici deux extraits:

Today, active involvement in informal learning, particularly through web- based communities, is key to remaining professional and creative in a field. Being a learning professional in a Web 2.0 world is becoming more about your network than your current knowledge.

[...]

In many workplaces today, anyone can connect with almost everyone. Each of us can be a contributor to the network. Who you know becomes as important as what you know. Conversations help people make meaning and the quality of our conversations is affected by the quality of our networks. If we limit our conversations to only those in the same office, we’re missing out. People with larger and more diverse networks have an advantage as learning professionals and in dealing with change. This constant flow of sense-making through conversations in our networked workplace makes the idea of learning as a fixed event in a specific place look rather obsolete. Lisez l’article au complet ici: Skills 2.0

Introduction aux outils de collaboration en ligne, une présentation au réseau META Québec-Lévis

J’ai eu le bonheur ce matin d’animer une Clinique web du réseau META en compagnie des copains Michael Carpentier et Daniel Lafrenière. Benoît Trottier, avocat chez Joli-Coeur, Lacasse et tralala avait d’abord fait une introduction à l’environnement légal sur internet. Sa présentation était intéressante mais, avec ses PowerPoint pleins de listes à point, elle contrastait pas mal avec celles des trois larrons qui ont suivi!

J’ai promis aux gens présents de rendre disponible ma présentation:

Il n’y a pas beaucoup de texte sur les diapos alors si vous n’étiez pas là, bonne chance pour comprendre! Vous pourrez toutefois admirer les photos!

Quand mes copains auront mis leurs présentations en ligne, j’ajouterai les liens ici. (C’est fait! Celle de Michael, celle de Daniel)

Vous trouverez ci-bas des liens pour aller plus loin et mieux comprendre. Les suggestions suivent la séquence des diapos de la présentation. read more »