Archives de la catégorie : Sciences naturelles

Milieux humides: peut-on avoir espoir?

Louis-Gilles Francoeur, qui a écrit récemment plusieurs papiers sur la disparition rapide des milieux humides dans les banlieues, nous informait ce matin de la décision du Ministre Mulcair de sévir contre un promoteur et la ville de Laval qui ont remblayé illégalement un milieu humide (ils en ont remblayé beaucoup mais là on sévit pour un en particulier). Ils devront tout remettre à l’état naturel, et rapidement en plus. Déjà ce soir on entend le maire de Laval dire qu’il n’y est pour rien et le promoteur se prétendre victime d’une conspiration.

C’est drôle mais j’ai comme l’impression que le marécage ne retrouvera pas ses quenouilles aussi rapidement que l’on pourra le souhaiter. C’est toutefois intéressant de voir que les élus essaient de montrer les dents dans les dossiers environnementaux. Reste à voir si ce n’est qu’opportunisme ou si ils en feront une habitude (et si ça aura des effets).

Ma première contribution à Wikipédia

En essayant d’identifier ce que je pensais être une araignée, j’ai appris que les faucheurs sont plutôt des Opilions. Voici la photo de la bête en question.

Longues pattes, ti-corps

En cherchant à en apprendre plus au sujet des Opilions, j’ai vu que la définition ne se trouvait pas sur Wikipédia. Tiens! que je me dis. Pourquoi ne pas en profiter pour faire ma première contribution? J’ai donc écrit l’article pour Opilion. Je ne suis pas un spécialiste de la vie des Opilions mais j’ai fouillé dans mes manuels de zoologie et quelques sites Web pour pondre la brève définition.

Est-ce que c’est assez complet? Est-ce que j’ai fait ça en respectant les règles? Je ne le sait pas trop. Je suppose que le suivi des modifications (si modifications il y a un jour… c’est assez obscur comme sujet!) m’apprendra si j’ai bien fait mon travail.

Pas créatifs, les scientifiques?

Les gens considèrent souvent les scientifiques comme étant des êtres totalement rationnels et dénués de tout soupçon d’originalité (stéréotype de la tronche-sarreau-lunettes-cheveux gras-kit de crayon dans la poche!).

Quand j’étais étudiant en biologie, j’avais choisi pour faire ma maîtrise le labo de Jacques Larochelle, le prof qui était selon moi un des plus créatifs du département. Les recherches que l’on menait dans son labo étaient toujours spectaculaires et originales. L’émision Découvertes a d’ailleurs déjà fait un reportage sur Pascale Otis, une étudiante qui a fait sa maîtrise un peu après moi.

De mon côté, je travaillais sur la puissance de dissipation de chaleur du thorax chez le pigeon… j’en reparlerai plus en détails un jour, c’est assez comique (mais aussi très sérieux) comme projet! Je n’ai pas terminé cette maîtrise, distrait par une job à temps plein en édition, mais je suis encore à l’affût de protocoles scientifiques originaux.

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Monotrope uniflore: la plante fantôme!

La majorité des gens pensent que c’est un champignon mais c’est bel et bien une plante. Les monotropes (on en a 2 espèces au Québec) font partie de la même famille que le bleuet, les éricacées.

Hier, dans la sapinière à oxalide qui couvre le sommet du mont du Midi (Parc régional du Massif du Sud), nous avons pu observer plusieurs individus de cette plante.
Monotrope uniflore / Indian-pipe

Voici quelques extraits de la description de cette plante tirés de la Flore laurentienne de Marie-Victorin.

Au sujet du genre Monotropa:

Plantes complètement dépourvues de chlorophylle, d’un blanc de cire ou jaunâtres. Feuilles réduites à des écailles. [...] La perte de la chlorophylle oblige ces plantes à vivre comme des champignons sur les matières organiques en décomposition, et de plus à s’associer symbiotiquement à des Champignons inférieurs (mycorhizes). – Le nom générique signifie: tourné d’un seul côté. Et au sujet du Monotrope uniflore: bq. L’apparition de Monotropes uniflores soulevant les Mousses et les aiguilles roussies est l’une des merveilles de l’été dans la forêt canadienne. [...] Le Monotrope n’est pas une plante exclusivement américaine; on le retrouve au Japon, en Corée et dans l’Himalaya. C’est une relique tertiaire, mais qui, à l’encontre du plus grand nombre de ces reliques, n’a pas disparu de la côte du Pacifique.

C’est vraiment cette absence de chlorophylle qui rend le Monotrope uniflore si unique. Ouvrez bien l’oeil lors de votre prochaine randonnée dans une forêt de conifères et vous aurez fort probablement la chance de l’observer!

Des oiseaux qui chantent avec leurs ailes!

Carl Zimmer publiera demain, le 2 août, un article très intéressant (accès gratuit mais il faut se créer un compte) dans lequel il parle des manakins, et plus particulièrement du Manakin à ailes blanches.

Ces oiseaux produisent des sons très musicaux en frottant leurs ailes l’une contre l’autre. Ce comportement, fréquemment observé chez les criquets et les sauterelles, est unique aux manakins chez les vertébrés. Évidemment, il ne suffit pas de frotter ses ailes pour produire un beau son! Des adaptations morphologiques permettent de produire et d’amplifier le son.

Darwin avait été fasciné par ces oiseaux. Il y voyait un exemple parfait de sélection sexuelle. C’est que ce comportement, et les adaptations morphologiques qui le rendent possible, ont été sélectionnés au fil des générations par les choix sexuels des femelles qui préféraient s’accoupler à des mâles qui savaient faire chanter leurs ailes.

L’article est assez court et est bien vulgarisé… ça vaut la peine de le lire si le sujet vous intéresse le moindrement. Pour se donner le goût d’en savoir plus, il suffit de regarder ce vidéo d’un Manakin à ailes blanches en train de produire avec ses ailes un son qui rappelle celui d’un violon.

Construire sans raser

Je déplore souvent que les entrepreneurs ne laissent aucun arbre dans les nouveaux développements résidentiels. Quand ils en laissent, ils sont souvent tellement amochés qu’ils ne survivent pas très longtemps.

Ce n’est probablement pas tant la faute des entrepreneurs que celle des propriétaires qui ne sont pas prêts à payer un peu plus pour que leur terrain reste boisé. Évidemment, c’est bien plus facile de tout raser pour construire sans être embarassé par des arbres. Et de toute façon, les arbres, ça fait de l’ombre au gazon! Nous, on a choisi une maison de presque 30 ans dans un quartier où les arbres avaient été préservés lors de la construction. On a donc une douzaine d’érables (à sucre et rouges) d’une cinquantaine d’années sur notre terrain et notre voisin, le chanceux, a quelques chênes rouges matures. Il y a aussi un boisée de l’autre côté de la rue. Bon, on a des lignes d’Hydro derrière mais au moins on a pas de voisins dans notre cour! Je ne peux donc que me réjouir de la publication par la Ville de Québec d’un document intitulé Le développement domiciliaire en milieu boisé [PDF]. Peut-être que ça fera prendre conscience aux gens que l’on peut bâtir sans raser. [Via Québec urbain]