Archives de la catégorie : Nature et environnement

L’histoire de la Terre en 60 secondes

J’ai souvent vu des courts métrages qui tentaient de représenter l’histoire de notre planète en la transposant sur une échelle de 60 secondes ou encore d’une année. Celui-ci, produit par le magazine SEED dans le cadre de l’«année Darwin», est sans aucun doute lu plus saisissant qu’il m’ait été donné de voir.

Merci au blogue de la Long Now Foundation pour l’info!

C’est dans la sauvageté que réside la préservation du monde – Thoreau

L’été dernier, j’avais évoqué la notion de «sauvagerie» dans le billet Et si on avait besoin de leaders sauvages? J’ai depuis beaucoup jonglé avec ce concept, en ayant le sentiment que c’est ce qui est au coeur de ma vie. J’avais toutefois un doute sur la justesse du terme «sauvagerie», une traduction de mot anglais wildness. Hier, j’ai trouvé un article hautement intéressant dans lequel la notion de wildness est traduite par «sauvageté». read more »

C’est quoi la suite?

Le 6 novembre dernier, au lendemain de l’élection présidentielle américaine, le magazine Orion a réuni 21 artistes et écrivains et leur a posé la question suivante: What’s Next?

Quelle belle question! La récolte vaut la peine que l’on prenne une dizaine de minutes pour écouter ce que certains des invités avaient à dire.


What’s Next? from Orion Magazine on Vimeo.

Avoir plus de temps, j’aurais traduit les interventions et fait une transcription. Je me contenterai de le faire pour un des interlocuteurs, Barry Lopez:

La réconciliation est au coeur de mes réflexions en ce moment. Comment, à différentes étapes de la vie, la réconciliation peut-elle remplacer la guerre… ou la polarisation? La polarisation est un luxe que l’on peut s’offrir seulement parce que l’on est en train d’épuiser la planète, l’épuiser pour continuer à vivre comme on le fait présentement. Il faut se concentrer sur la réconciliation.

Philippe a publié deux bons textes sur l’importance de se poser les bonnes questions, Poser les bonnes questions et Poser les bonnes questions 2. «What’s Next?» est pour moi une question très puissante.

Au sujet de Barry Lopez, j’ai traduit des extraits d’un de ses textes ici: Le naturaliste.

Conservation et conversation

Je sors de ma léthargie estivale du blogueur pour citer un article paru ce matin dans Le Devoir sous la plume de Louis-Gilles Francoeur (Des parcs habités — Des Cévennes et des hommes):

Jean de Kermabon, le responsable des services fauniques, explique «qu’ici, on est obligé de discuter avec les gens parce que la direction du parc vit dans le milieu: en fin de semaine, on achète son pain à côté des gens avec qui on a négocié durant la semaine. Cette difficulté est au fond un atout du parc parce qu’elle nous oblige, comme gestionnaires, au réalisme. Je découvre l’intérêt de ne pas avoir raison tout seul. Ça nous oblige à imaginer des solutions compatibles avec la conservation et les besoins des humains. Nos contrats avec les agriculteurs, qui sont bourrés d’innovations, sont en train de créer un modèle européen. Mais il y a toujours, ici comme chez vous, des gens qui voudraient qu’on mette l’environnement sous cloche.»

Il y a tellement de choses dans cette petite citation! Il y aurait tellement à écrire! On y voit toute l’importance de créer des liens entre les différentes personnes qui sont liées à une problématique. Et ces liens, quand ils sont tant professionnels que personnels, ils sont encore plus intéressants.

En terminant ce petit interlude estival, je note deux textes qui, à mon avis, montrent que l’on s’engage dans l’ère post société de l’information et post développement durable pour entrer dans celle de la société durable. J’en reparlerai en août, quand je m’y remettrai à plein temps et que Grisvert naîtra enfin (et ça, ça va être excitant en mautadine, n’est-ce pas, Philippe?).

D’abord, cette conversation entre Alex Steffen, rédacteur en chef de WorldChanging et Cory Doctorow, un observateur éclairé de l’évolution de la société de l’information: The Outquisition. Un petit extrait:

What would it be like, we wondered, if folks who knew tools and innovation left the comfy bright green cities and traveled to the dead mall suburban slums, rustbelt browntowns and climate-smacked farm communities and started helping the locals get the tools they needed. We imagined that it would need an almost missionary fervor, something like the Inquisition (which largely destroyed knowledge) in reverse, a crusade of open sharing, or as Cory promptly dubbed it, the Outquisition.

Et enfin, le nouveau livre de Peter Senge, The Necessary Revolution, qui propose un modèle de collaboration pour créer un monde durable. Extrait de la quatrième de couverture:

Imagine a world in which the excess energy from one business would be used to heat another. Where buildings need less and less energy around the world, and where “regenerative” commercial buildings – ones that create more energy than they use – are being designed. A world in which environmentally sound products and processes would be more cost-effective than wasteful ones. A world in which corporations such as Costco, Nike, BP, and countless others are forming partnerships with environmental and social justice organizations to ensure better stewardship of the earth and better livelihoods in the developing world. Now, stop imagining – that world is already emerging.

Vite, dehors!

Les vérités qui dérangent de Wired

Vous avez peut-être lu, dans le plus récent numéro du magazine Wired, l’article Inconvenient Truths: Get Ready to Rethink What It Means to Be Green. Si ce n’est pas le cas, je vous invite à le lire!

L’article présente 10 «hérésies vertes» au titre volontairement provocateur:

Live in Cities:
Urban Living Is Kinder to the Planet Than the Suburban Lifestyle

A/C Is OK:
Air-Conditioning Actually Emits Less C02 Than Heating

Organics Are Not the Answer:
Surprise! Conventional Agriculture Can Be Easier on the Planet

Farm the Forests:
Old-Growth Forests Can Actually Contribute to Global Warming

China Is the Solution:
The People’s Republic Leads the Way in Alternative-Energy Hardware

Accept Genetic Engineering:
Superefficient Frankencrops Could Put a Real Dent in Greenhouse Gas Emissions

Carbon Trading Doesn’t Work:
Carbon Credits Were a Great Idea, But the Benefits Are Illusory

Embrace Nuclear Power:
Face It. Nukes Are the Most Climate-Friendly Industrial-Scale Form of Energy

Used Cars — Not Hybrids:
Don’t Buy That New Prius! Test-Drive a Used Car Instead

Prepare for the Worst:
Climate Change Is Inevitable. Get Used to It

Certains éléments présentés sont évidents (par exemple, l’avantage de vivre en ville), mais la plupart de leurs arguments sont, à mon avis, très superficiels. Ils font l’erreur trop fréquente de ne voir qu’une des facettes de chacun des problèmes. Quand on me dit qu’il vaut mieux vivre en Arizona plutôt qu’au Vermont parce que climatiser une maison demande moins d’énergie que de la chauffer et que l’on n’aborde pas le problème de l’approvisionnement en eau et en énergie, je ne peux que m’étonner du peu de profondeur de la réflexion.

La vision véhiculée par Wired est très représentative de la pensée générale des gens qui voient les activités humaines et le monde naturel comme deux systèmes séparés. Les économistes, les ingénieurs et les gens d’affaires qui vivent sans contact avec le milieu naturel ont souvent le réflexe de considérer la nature comme un obstacle, une variable qui introduit trop d’incertitude dans leurs modèles pour un futur économiquement efficace. Et du coup, la technologie et le libre marché constituent les principaux moteurs pour régler les problèmes.

Mais Wired n’a pas tout mal! Les éditeurs du magazine ont demandé à Alex Steffen, rédacteur en chef de l’excellent site Worldchanging, de donner son avis sur l’article dans un bref commentaire intitulé Counterpoint: Dangers of Focusing Solely on Climate Change. Et c’est dans ce commentaire, qui vient révéler la superficialité des analyses présentées dans l’article, que l’essentiel se trouve:

We don’t need a War on Carbon. We need a new prosperity that can be shared by all while still respecting a multitude of real ecological limits — not just atmospheric gas concentrations, but topsoil depth, water supplies, toxic chemical concentrations, and the health of ecosystems, including the diversity of life they depend upon.

We can build a future in which technology, design, smart incentives, and wise policies make it possible to deliver a high quality of life at lower ecological cost. But that brighter, greener future is attainable only if we embrace the problems we face in all their complexity. To do otherwise is tantamount to clear-cutting the very future we’re trying to secure. (Counterpoint: Dangers of Focusing Solely on Climate Change).

Steffen va encore plus loin dans The Real Green Heretics, publié hier sur Worldchanging:

The discussions we see today — whether we’re talking energy sources, farming practices or fashion choices — are not even the right kind of debate. Unable to mentally grapple with the idea that we need to be aiming for total sustainability right now, we talk to death the same series of inadequate baby steps. Faced with the need to reinvent the material basis of our civilization, we argue paper or plastic.

If you want truly dangerous bright green ideas, go way out beyond what the conventional wisdom thinks is possible. The conventional wisdom’s sense of the possible is irrelevant to reality; it’s being melted by climate change and planetary crisis faster than an Alpine glacier. Think, instead, of the implications of ideas like zero energy, zero emissions, zero waste, closed loops, true-cost accounting for the value of ecological services, product-service systems, visible flows, totally transparent backstories, open innovation, green infrastructure, etc. These concepts are really weird, full of new insights and critical uncertainties — and they, or ideas like them, are very quickly going to become the operating principles of our entire society. If we want to avoid a catastrophic collision with ecological reality, we need to change our thinking.

Our ideas of what’s normal, or even what’s possible, will not outlast the next decade. Unfortunately, Wired’s list of heresies is a list of normal, contemporary approaches (nukes, tree plantations, factory farming, living in the Sunbelt suburbs) and current environmental commonplaces (cities are good, China can be green, carbon trading needs reform) packaged in a way designed to shock and titillate.

What would have been far, far more heretical is to do for planetary sustainability issues what the first issues of Wired tried to do for information technologies: explain why the whole current debate was stale and out-of-touch, and attempt to illuminate a new way of thinking that to the folks back home seemed unfathomable, often crazy, but which turned out to be more right than wrong — to predict the present in a way that changes our understanding of the world in which we live. There is an emerging culture of real, bright green hand-waving brilliant heretics out there, and the reading public deserves to know what they think.

That, unfortunately, is an opportunity Wired missed. (The Real Green Heretics)

Si l’on veut assurer la pérennité de l’humanité, il est impératif d’envisager un futur dans lequel nous ne vivrons pas une vie similaire à celle que nous, occidentaux, vivons depuis quelques années. Nous avons vu, au cours du XXe siècle, la civilisation occidentale chercher à s’élever au-dessus du milieu naturel. Les organisations sont devenues plus grandes que nature. Il faut maintenant penser à recréer les liens avec la nature, comprendre l’importance du maintien des services écologiques et de la biodiversité et retrouver notre place dans la biosphère (si vous trouvez cette idée totalement farfelue, suspendez votre jugement l’espace de quelques minutes et lisez mon texte sur la restauration de la nature).

L’idée qu’il faut lâcher prise sur le passé et s’ouvrir à de nouvelles idées est à la source de Grisvert, le projet qui m’anime actuellement et qui sera pleinement opérationnel au début de l’automne. Ça fera 2 ans lundi prochain que j’ai amorcé le parcours qui m’a mené là où j’en suis aujourd’hui et quand je relis ce texte, je pense pouvoir dire que ça tient encore la route! Avoir le privilège de prendre le temps qu’il faut pour imaginer et créer le travail que l’on souhaite le plus faire, c’est définitivement génial :-)

Mes guides d’identification favoris

Je discutais plus tôt aujourd’hui avec un ami peu recommandable et il me demandait des suggestions de guides d’identification pour les plantes, oiseaux et champignons (ce commentaire a amorcé notre entretien). La question m’est assez souvent posée alors voici mes favoris!

Hemaris diffinis / Snowberry Clearwing / Sphynx du chèvrefeuille

Oiseaux

Pour moi, le Peterson (publié en français chez Broquet) reste le plus pratique. Il y en a des nouveaux, mais je ne les connais pas assez pour vous en parler. Pour les identifications plus pointues et l’histoire naturelle, j’aime l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec et le site All about birds du Cornell Lab of Ornithology. Un conseil: pour les oiseaux, les dessins sont mieux que les photos dans un guide d’identification.

Plantes

J’aime beaucoup les guides Fleurbec, surtout pour la qualité des photos et les riches éléments d’histoire naturelle. J’apprécie particulièrement, Flore printanière, un classique qui a été réédité récemment. Le guide Fougères, prêles et lycopodes m’est également très utile.

L’an dernier, mon voisin Jean-Pierre et moi avons commencé à identifier les arbres du petit boisé où nos garçons jouent plusieurs soirs par semaine. C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons accueilli le guide Arbres et plantes forestières du Québec et des Maritimes, paru l’été dernier chez Michel Quintin. C’est maintenant mon guide favori pour les plantes et les arbres.

Pour les champignons, j’aime particulièrement le guide Connaître, cueillir et cuisiner les champignons sauvages du Québec chez Fides. Le chapitre sur les utilisations gastronomiques et les cas célèbres d’empoisonnement est tout simplement fascinant.

Insectes

Là, c’est plus compliqué! Je connais assez bien les insectes alors je peux la plupart du temps reconnaître la famille ou le genre de l’insecte que j’observe. Je fais ensuite une identification sommaire dans guide Les insectes du Québec, publié chez Broquet. C’est plus un catalogue qu’un guide d’identification alors si vous ne vous y connaissez pas beaucoup en entomologie, ça ne sera pas facile.

Quand j’ai pas mal cerné la famille ou le genre de l’insecte, je cherche sur le web pour raffiner l’identification. Par exemple, pour identifier des papillons observés l’été dernier au Lac-Kénogami, j’ai pu déterminer le genre (Hemaris) dans le guide cité précédemment et ensuite identifier l’espèce avec des recherches sur le web (signets ici). La même procédure a été utilisée pour identifier des cicindèles et des rhysses.

Amphibiens et reptiles

Mon guide favori est Amphibiens et reptiles du Québec et des Maritimes, publié chez Michel Quintin. Je m’en étais d’ailleurs inspiré pour produire mon petit guide des grenouilles.

Voilà! J’ai une multitude d’autres guides d’identification, mais ceux que j’utilise le plus régulièrement viennent d’être dénoncés! Je note mes observations intéressantes dans ce blogue et j’archive mes meilleures photos sur Flickr. Bonnes observations!