Archives de la catégorie : Entrepreneuriat et leadership

N’écoutez pas ceux qui savent ce qui n’est pas possible!

Dans la plupart des événements que j’anime, j’accompagne les groupes dans une phase d’émergence. C’est à cette étape que l’on rend visible ce qu’il y a de commun aux gens qui sont réunis. Par exemple, dans l’événement Affaires Vision 2025, après un café de conversation (World Café) dont la question était «et vous, que voyez-vous quand vous imaginez la région en 2025?», j’ai demandé aux gens de résumer leur vision en un mot et de l’écrire sur un feuillet post-it avant de se lever pour le repas du midi. J’ai tout de suite créé une mosaïque de mots qui était projetée quand les gens sont revenus du lunch (qu’ils ont passé en compagnie du grand bâtisseur en chef, Jean Charest!). Voici le résultat:

En un mot, que voyons-vous en 2025 pour la région de Québec?

L’après-midi a été consacré à imaginer des actions qui ont le potentiel de réaliser les visions qui ont émergé de l’avant-midi. J’ai utilisé une variante du Café de conversation qui permet un prototypage rapide. Les tables étaient identifiées par des thèmes. La question du café était «Quelle action ou quel projet en lien avec le thème de votre table peut-on amorcer rapidement et qui pourrait avoir le plus d’impact sur le futur de la région en 2025?». Les trois rondes de discussion du café de conversation se déroulaient de la manière suivante:

  • Ronde 1: Chaque table établit une liste préliminaire d’actions et de projets.
  • Ronde 2: Les participants se rendent à une table identifiée par un thème différent de celui de leur table de départ. Les hôtes de tables présentent leur liste et recueillent les commentaires des nouveaux arrivants.
  • Affaires Vision 2025 - 6 mai 2009

  • Ronde 3: Les participants retournent à leur table initiale et s’entendent sur une seule action.

Les actions sont partagées au reste de la salle en plénière et notées sur un tableau. Chaque participant a 5 pastilles colorées et peut voter pour les actions qu’il juge prioritaires:

Affaires Vision 2025 - 6 mai 2009

Tout ça a permis de déterminer dix actions prioritaires (lire l’article dans Capital-Québec – été 2009 pour la liste des actions et un bon compte-rendu de l’événement). Et c’est là que j’en viens au sujet de ce billet! Le projet d’un Skytrain est revenu à plusieurs reprises dans les discussions, tout comme celui d’une cité éducative réunissant Québec et Lévis.

Au lendemain de l’événement, nombreux étaient ceux et celles (pour la plupart absents lors de l’événement) qui s’empressaient de dire que tout ça est impossible. Je leur parlais alors de l’importance d’avoir une vision à long terme audacieuse sur laquelle on peut diriger nos visions à court terme qui sont plus réalistes et ancrées dans la réalité. Sans une vision qui tient au moins un peu de l’utopie, c’est certain que l’on ne fera rien d’extraordinaire!

Mais ce sont ces mots de Paul Hawken, prononcés il y a quelques jours aux finissants de l’Université de Portland, qui ont le plus de force pour nous encourager à persister dans la réalisation de nos visions:

Hey, Class of 2009: you are going to have to figure out what it means to be a human being on earth at a time when every living system is declining, and the rate of decline is accelerating. ….. Basically, civilization needs a new operating system; you are the programmers, and we need it within a few decades. …..

There is invisible writing on the back of the diploma you will receive, and in case you didn’t bring lemon juice to decode it, I can tell you what it says: You are Brilliant, and the Earth is Hiring. ….

Forget that this task of planet-saving is not possible in the time required. Don’t be put off by people who know what is not possible. Do what needs to be done, and check to see if it was impossible only after you are done.

Il est tellement plus facile de clamer que ce n’est pas possible que de se mettre en marche et de créer le futur! J’aime bien l’idée de vérifier si c’était impossible une fois qu’on l’a fait! Je la réutiliserai, c’est certain.

Pour plus de détails au sujet de la conférence de Paul Hawken, lire ce texte de Myriam Laberge:  »You Are Brilliant and the Earth Is Hiring » – Class of 2009 Commencement Address.

Quelques notes au sujet des consultations publiques

J’ai pris l’habitude, au cours des dernières années, de publier ici des réflexions assez complètes et documentées. Le succès que nous avons avec Grisvert fait en sorte que j’ai de moins en moins de temps à consacrer à la rédaction. Ça ne veut pas dire que je ne lis plus et que je ne réfléchis plus… bien au contraire! Je vais donc me forcer pour publier des textes sur mes réflexions et idées en construction. Ou encore laisser des traces des éléments de théorie qui me sont utiles. On verra bien ce que ça donnera! Je commence tout de suite avec quelques réflexions sur les consultations publiques. Et je le fais rapidement!

Depuis quelques mois, il y a une épidémie de consultations publiques à la ville de Québec. Que ce soit pour le manège militaire, la mobilité durable, la densification de la colline parlementaire ou le plan d’urbanisme, on organise des consultations publiques.

Ce que j’observe, c’est que ces consultations ne font que contribuer à la polarisation du débat. Pourquoi? Selon moi, c’est parce que ce ne sont que des simulacres de consultations publiques. Dans une consultation publique, les enjeux ne devraient pas être connus dès le départ. Oui, les leaders ont quelque chose à proposer, mais l’issue de la consultation devrait être ouverte. Dans le cadre des consultations récentes, l’administration municipale me semblait avoir une très nette idée de l’issue dès le début du processus. Pour moi, ces paroles du maire Labeaume au sujet de la consultation publique sur l’avenir du Manège militaire sont très révélatrices:

«On va rester spectateur, a-t-il dit, parce qu’on sait qu’à la fin ça va prendre un facilitateur pour mettre peut-être deux ou trois groupes ensemble. Tous les projets sont un petit peu imparfaits, mais si on en met deux ou trois ensemble, on va faire un projet qui quant à moi et quant à la Ville de Québec serait le projet qu’on espère.» Source: Consultation sur l’avenir du Manège: la Ville restera spectatrice (Cyberpresse).

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Fin du silence et retour sur le forum économique

Ouf! Déjà plus d’un mois que je n’ai rien écrit ici. Je vais essayer d’être plus régulier à l’avenir, mais comme le temps me manque, je serai aussi plus bref!

On me demande régulièrement des nouvelles du forum économique Affaires Vision 2025 qui a eu lieu le 6 mai dernier. Je souhaitais décrire plus en détails le programme de l’événement et en expliquer les principaux éléments, mais il est maintenant évident que je n’en ai ni le temps, ni l’énergie!

Je ferai donc ça court: ce fut un succès! Tout a fonctionné encore mieux que je pouvais l’espérer et les promoteurs de l’événement (les 3 chambres de commerce régionales) ont été emballés par la journée. Les commentaires des participants me laissent aussi croire que l’événement a, comme j’en avais fait le souhait en ouverture de l’événement, eu comme effet de générer de l’énergie plutôt que d’en consommer.

L’utilisation des microconférences le matin et du café de conversations pour le reste de la journée a permis d’accomplir un défi de taille: créer et prioriser un plan d’action en direct, avec un groupe de près de 200 personnes. Je pense que les gens présents on put voir en quoi un bon design d’événement et des techniques d’animation puissantes peuvent contribuer au succès d’un événement. Et surtout vivre une journée lors de laquelle on passe par les trois étapes essentielles d’une démarche de collaboration: la divergence, l’émergence et la convergence.

Quelques mots sur les deux principales techniques d’animation utilisées.

Microconférences

Chaque présentateur a carte blanche, au détail près qu’il est autorisé à montrer 20 diapositives qui se succèdent automatiquement toutes les 20 secondes, lui conférant en tout 6 minutes 40 secondes d’attention de l’auditoire avant que le prochain participant ne prenne sa place. Ce système de présentations concis permet une égalité d’attention, de garder le rythme et de tenir le public en haleine. Dans le cadre de cet événement, 12 visionnaires ont présenté un microconférence.

Cafés de conversations (World Café)

Le Café de conversations est une méthode d’animation qui permet de susciter des conversations vivantes et de stimuler le partage de connaissances et d’idées. Ce processus reproduit l’ambiance d’un café dans lequel les participants discutent d’une question ou d’un sujet en petits groupes autour d’une table. À intervalles réguliers, les participants changent de table. Un hôte reste à la table et résume la conversation précédente aux nouveaux arrivés. Les conversations en cours sont alors enrichies avec les idées issues des conversations précédentes avec les autres participants. Au terme du processus, les principales idées sont résumées au cours d’une assemblée plénière qui permet de rendre visible ce qu’ont en commun les participants.

Philippe Dancause a fait un bon compte-rendu de l’événement ici: Faire autrement… à la chambre de commerce.

Clément Laberge, un des visionnaires, a lui aussi écrit quelques mots à la suite du forum: Québec Affaires Vision 2025.

Le numéro d’été 2009 du magazine de la Chambre de commerce de Québec, Capital-Québec, consacre un bel article à l’événement. Une version PDF peut être téléchargée ici: Capital-Québec.

En terminant, voici quelques photos.

Affaires vision 2025

L’hiver dernier, la direction de la Chambre de commerce de Québec m’a demandé de lui donner un coup de main pour le design et l’animation du forum économique annuel. C’est ainsi qu’est né Affaires vision 2025, un événement qui aura lieu le 6 mai prochain, à l’hôtel Plaza Québec. Nous avons invité les deux autres chambres de commerce régionales (Jeune chambre et Chambre de Lévis) à collaborer avec nous pour l’organisation de l’événement et elles ont accepté. Ce n’est donc pas seulement le forum économique de la CCQ mais bien un événement parrainé par les trois chambres régionales.

worldcafe2L’événement devrait être très intéressant. Nous invitons les gens à faire émerger une vision commune de ce que pourrait être la région en 2025 et à imaginer quelles sont les actions qui pourraient contribuer à créer ce futur souhaité. Des visionnaires viendront présenter «leur» vision en avant-midi afin de piquer la curiosité et stimuler l’imagination.

La formule sera radicalement différente de ce que l’on voit habituellement dans ce type de forum. Les visionnaires donneront des microconférences (20 diapos, 20 secondes par diapo pour 6m40s de présentation… pas le temps d’endormir l’assistance ou de trop s’extasier sur sa propre vision!). La journée se déroulera en mode «café de conversations» et on fera du prototypage rapide en après-midi afin de bâtir une ébauche de plan d’action et susciter l’engagement des participants. Évidemment, il y aura des papillons repositionnables, des nappes de papier et des marqueurs!

C’est dans deux semaines alors je vous invite à vous inscrire dès aujourd’hui (le coût est de 112,88$… le tarif habituel pour les forums économiques). Nous attendons environ 200 personnes et pour ceux et celles qui souhaitent vivre un événement différent et participer à créer le futur de la région, c’est une occasion à ne pas manquer. De plus, la journée favorisera les rencontres et les conversations. Le formulaire d’inscription est ici.

Raymond Bachand, ministre des Finances et ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation s’addressera aux participants le midi.

Les visionnaires suivants présenteront une microconférence en matinée (deux ou trois autres autres s’ajouteront d’ici le 6 mai):

  • Yvon Boudreau, secrétaire du groupe de travail de la Ville de Québec sur la mobilité durable
  • Jacques Castonguay, consultant
  • Steve Couture, président, Frima Studio
  • Clément Laberge, vice-président au développement numérique chez DeMarque
  • Louis Massicote, président, Sortir FM 903
  • Kevin McMahon, directeur général, Takt-Etik Service-conseil en développement durable
  • Annie Rémillard, directrice, Services Forces AVENIR
  • Carl Viel, président directeur général, PÔLE Québec-Chaudière-Appalaches
  • Frédéric Dubois, metteur en scène, directeur artistique de Théâtre des Fonds de tiroir

Je vous relance l’invitation: inscrivez-vous! Tous les participants auront la chance de contribuer activement au succès de la journée. Vous avez une vision? Vous souhaitez entendre de nouvelles idées? Vous voulez vivre un événement rafraichissant et amusant? Vous devez être là le 6 mai!

Le formulaire d’inscription est ici!

Sens, utilité, profondeur

Il y a des leaders qui suggèrent d’acheter du Red Bull, certains s’ouvrent à l’innovation sociale et d’autres osent aller au delà de la consultation pour explorer la voie de la collaboration.

Il semble de plus en plus évident que nous sommes dûs pour une grande dose d’innovation dans nos manières de faire, tant au niveau de la politique que des affaires ou de la société civile. Je note ici trois textes qui convergent vers la nécessité de travailler à stimuler l’émergence de leaders qui sauront faire preuve de plus de sagesse et de profondeur pour s’engager dans l’action de manière éclairée.

Alex Steffen, dans The Great Disruption and the Need for Meaning:

I increasingly think that the crisis we face can’t be solved by tinkering with the parts of the systems on which we depend. It is going to take, instead, a fundamental rethinking and redesign of those systems — and that process is going to demand that we start to ask ourselves what, exactly, it is that we want from the life those systems will be designed to deliver. I think we will find that, at its core, our crisis today represents above all else a need for greater meaning, for purpose, for depth.

Otto Scharmer, dans The Blind Spot of Economic Thought:

what strikes me is how conventional the economic thought is that the current public discussion (including the Obama economic team) is applying to the situation. no one doubts that stimuli packages, re-regulation and temporary nationalization of banks are necessary. but is that all we can do? this still sounds like a 20th century mindset (markets vs. government) applied to a 21st century type of challenge (meltdown). what we will probably find out soon is that this no longer works. we cannot be successful by applying 20th century mindsets to 21st century problems. we need to approach problems of our age in new ways. in ways that illuminate the blind spot of contemporary economic thought: collective awareness based leadership.

conventional economic thought and policy assumes that the awareness (and preferences) of econmic actors are given. but in reality we know that this is not true. all real world deep change work revolves around helping communities and people to wake up to and start operating from a highler level of awareness (and self) which then gives rise to new types of collective creativity and action.  that is the missing piece not only in the current approach to the crisis, but also in our way of making sense of what is going on.

Barry Schwartz dans une présentation faite en février 2009, The real crisis? We stopped being wise:

Barry Schwartz makes a passionate call for « practical wisdom » as an antidote to a society gone mad with bureaucracy. He argues powerfully that rules often fail us, incentives often backfire, and practical, everyday wisdom will help rebuild our world.

Québec mérite mieux

J’ai soumis ce texte au Soleil hier matin. Comme il n’est pas publié aujourd’hui et que Clément fait lui aussi une petite montée de lait ce matin (Déplorable manichéisme), je publie ici mon commentaire!

M. Labeaume,

Votre énergie et votre capacité à convaincre sont phénoménales. Je commence toutefois à me questionner sur la manière dont vous en faites usage. Pensez-vous vraiment que vous allez laisser une marque positive et durable dans l’histoire de la ville en utilisant votre rôle de maire pour polariser les débats et mobiliser la population autour de l’achat de Red Bull ou de la haine des talibans? Je crois que la population de Québec est capable de plus et de mieux. Si nous voulons faire face aux défis du futur et créer une ville dans laquelle nous et nos enfants pourrons réaliser notre plein potentiel, nous avons un besoin urgent de leaders modernes. Saurez-vous vous éveiller à un leadership mieux adapté au monde complexe dans lequel nous évoluons et chasser la biographie de Napoléon de votre table de chevet avant les prochaines élections? Je nous le souhaite de tout coeur!

Je profite de l’occasion pour poser la question du style de leadership de notre maire. Si on se base sur les 7 niveaux de leadership de Torbert (Seven Transformations of Leadership par David Rooke and William R. Torbert – ne le dites pas mais une copie de l’article se trouve ici), où se situe notre bouillant premier citoyen?  Je cite un texte publié dans Le Devoir par Thierry C. Pauchant et dans lequel les niveaux de leadership de Torbert sont décrits en français pour nous aider un peu à répondre:

Un article important, publié dans la prestigieuse Harvard Business Review, rend ces notions moins conceptuelles en les ramenant à un niveau personnel. Dans cet article, Bill Torbert et ses collègues proposent que cette évolution sociétale se retrouve chez les leaders qui peuvent, potentiellement, se développer en maîtrisant différents niveaux de leadership. D’après plusieurs études scientifiques, environ 90 % des leaders se situent dans les quatre premiers niveaux, qui sont «l’opportuniste», le «diplomate», «l’expert» et le «faiseur». Ces niveaux permettent aux leaders d’être (niveau 1) performants pour défendre des intérêts, (2) préserver le statu quo, (3) résoudre des problèmes et (4) innover dans le but d’accroître la valeur économique. Les deux premiers niveaux sont plus « prémodernes » et les deux derniers «modernes». Seuls 10 % des leaders maîtrisent les niveaux 5, 6 et 7, c’est-à-dire «l’individualisé», le «synthétiseur» et «l’alchimiste». Ces niveaux «postmodernes» sont essentiels afin d’aborder la complexité de notre monde actuel de façon performante et éthique. Par exemple, ils permettent d’avoir le courage de remettre en question des façons de faire, même si cela modifie le politiquement correct ou les conceptions économiques habituelles (niveau 5). De plus, ils rendent possible l’émergence de solutions innovatrices et durables, non seulement pour une organisation ou une communauté spécifique, mais aussi pour toutes les personnes, les sociétés et la planète (Niveaux 6 et 7).

J’ai envie d’oser dire – et surtout à la lumière du débat «Red Bull» – que notre maire est au niveau 1, l’«opportuniste» (lire les commentaires pour quelques nuances sur mon jugement!). Voici une description en anglais de ce niveau de leadership tels que décrit dans l’article Seven Transformations of Leadership:

The Opportunist

Our most comforting finding was that only 5% of the leaders in our sample were characterized by mistrust, egocentrism, and manipulativeness. We call these leaders Opportunists, a title that reflects their tendency to focus on personal wins and see the world and other people as opportunities to be exploited. Their approach to the outside world is largely determined by their perception of control—in other words, how they will react to an event depends primarily on whether or not they think they can direct the outcome. They treat other people as objects or as competitors who are also out for themselves. Opportunists tend to regard their bad behavior as legitimate in the cut and thrust of an eye-for-an-eye world. They reject feedback, externalize blame, and retaliate harshly. One can see this action logic in the early work of Larry Ellison (now CEO of Oracle). Ellison describes his managerial style at the start of his career as “management by ridicule.” “You’ve got to be good at intellectual intimidation and rhetorical bullying,” he once told Matthew Symonds of the Economist. “I’d excuse my behavior by telling myself I was just having ‘an open and honest debate.’ The fact is, I just didn’t know any better.” Few Opportunists remain managers for long, unless they transform to more effective action logics (as Ellison has done). Their constant firefighting, their style of self-aggrandizement, and their frequent rule breaking is the antithesis of the kind of leader people want to work with for the long term. If you have worked for an Opportunist, you will almost certainly remember it as a difficult time. By the same token, corporate environments that breed opportunism seldom endure, although Opportunists often survive longer than they should because they provide an exciting environment in which younger executives, especially, can take risks. As one ex-Enron senior staffer said, “Before the fall, those were such exciting years. We felt we could do anything, pull off everything, write our own rules. The pace was wild, and we all just rode it.” Of course, Enron’s shareholders and pensioners would reasonably feel that they were paying too heavily for that staffer’s adventure.

Selon vous, quel niveau, notre maire? On peut souhaiter qu’il s’ouvre à un autre style de leadership? On peut faire quelque chose pour l’aider (et nous aider)?