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Développement durable dans la société de l’information

Les défis du développement durable sont énormes. On s’en rend actuellement compte au Québec quand on voit le tiraillement entre les défenseurs des trois pôles de développement. Les économistes, les environnementalistes et les acteurs du développement social tirent chacun la couverture de leur côté. On ne voit que très peu d’intervenants qui ont une vision plus large et qui peuvent participer au débat de manière constructive. Pendant ce temps, les milieux d’affaires crient à l’immobilisme.

À la base de toute cette incompréhension se trouve fort probablement un problème de connaissance. Rares sont ceux qui peuvent à la fois comprendre les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Et encore plus rares sont ceux et celles qui ont un pouvoir de décision et qui savent faire preuve d’une profondeur de réflexion qui leur permettrait d’analyser les enjeux de manière éclairée et rationnelle.

Là repose un des grands défis du développement durable et de la vie dans la société de l’information: comment pourrons-nous rendre la connaissance accessible et digestible au plus grand nombre et ainsi stimuler l’autonomisation, l’ouverture et la réflexion dans toutes les strates de la société?

C’est de la connaissance et la compréhension des enjeux que peut naître la transformation. Et pour réussir à entrevoir un futur durable et souhaiter agir pour le créer, il faut avoir plus que des réclames de vendeurs d’autos hybrides dans la tête. Et il faut des leaders qui savent naviguer dans la société de l’information pour accompagner la population dans son parcours d’accès à la connaissance.

Dans un tel contexte, les réflexions que propose Gilles Berhault, président de l’Association communication et information pour le développement durable et organisateur du Forum économique international technologies de l’information et développement durable (TIC21), arrivent au bon moment. Il se questionne sur la pertinence de la démarche de consultation du ministère français du Développement durable dans le cadre des Grenelles de l’environnement. Il se questionne également sur les habiletés nécessaires pour faire de la politique dans la société de l’information. Je lui laisse la parole.

Si la démarche globale du Grenelle de l’environnement est passionnante à bien des égards, elle oublie complètement que nous vivons dans une société de l’information. Elle oublie aussi qu’on ne peut débattre aujourd’hui sans utiliser, entre autres, l’internet. Évidemment, un “forum internet” grand public est prévu… pour débattre a posteriori des conclusions des experts ! Une méthode qui donne bien peu de crédit à la créativité collective.

[...]

Cette démocratie représentative-là a-t-elle encore du sens ? Les responsables politiques, à l’heure du 2.0, vont-ils enfin changer de comportement ? Il est temps pour eux de comprendre qu’ils doivent maintenant changer de métier, devenir plutôt des animateurs de réseaux et des administrateurs. Ils n’ont plus à avoir raison tout le temps pour tout le monde.

Un des points frappants de la rencontre entre l’internet et le développement durable pose pourtant clairement le problème du niveau de compétence des “politiques”. Les parlementaires, sur ces deux sujets, sont en moyenne moins compétents que la moyenne des Français.

Quatre défis majeurs s’ouvrent à nous, et nous devons en convaincre les décideurs du Grenelle de l’environnement :

  • Le premier est scientifique : de quelles technologies disposons-nous pour combattre les changements climatiques ?
  • Le deuxième est celui de la participation : comment impliquer les citoyens, les acteurs économiques, les professionnels, les enseignants… ? Comment les encourager à changer de comportement ?
  • Le troisième enjeu est économique et social : comment ne pas rater l’exceptionnelle opportunité que représentent aujourd’hui les clean tech (technologies propres) en termes de création de croissance et d’emplois ?
  • Enfin, se pose évidemment la question de l’éducation à la société de la connaissance, du lien culturel, de la place de la création…

Depuis un an, la prise de conscience de la dégradation de la planète a progressé, inquiétante, urgente. Al Gore et sa Vérité qui dérange, Nicolas Hulot et son Pacte écologique, mais aussi l’économiste britannique Nicholas Stern auteur du rapport éponyme sur le réchauffement climatique, et bien d’autres, ont fait comprendre à tous que la situation est dangereuse, que le climat change, que les maladies se développent, que la situation économique est tendue… et qu’il faut agir vite. Et que pour agir efficacement, il faut agir ensemble.

C’est bien d’ailleurs toute la difficulté des démarches de développement durable : “je veux bien changer mes comportements, mais si l’autre le fait en même temps”. Évidemment, c’est la faute à l’État, la faute aux entreprises, la faute au voisin avec son gros 4×4…

Nous avons besoin de comprendre des situations complexes en évolution permanente, de mettre en place des réseaux sociaux pour partager, de trouver des idées et des solutions à des problèmes très particuliers, de renforcer tous les systèmes démocratiques et participatifs.

On pourrait peut-être le dire autrement : il est temps de partager les analyses, les technologies et leurs usages entre les acteurs de la société de l’information et ceux du développement durable.

Pour lire le texte de Gilles Berhault au complet, c’est ici: Pour répondre au défi du développement durable, il faut répondre à celui de la société de la connaissance !

En guise de conclusion, je laisse la parole à Francesco di Castri:

Loin de minimiser son rôle, comme le prétendent quelques politologues, l’État [dans la société de l'information] doit assumer une fonction beaucoup plus noble et plus grande que celle d’une impossible planification stricte et uniforme. Il doit donner à tous les citoyens, dans la diversité de leurs aspirations et de leurs potentialités, la possibilité de s’épanouir constamment, de donner le meilleur d’eux-mêmes, de comprendre le sens du développement et de retrouver ainsi des repères et des motivations propres. Par l’accès incessant à la connaissance, l’État doit donner à la population les moyens de s’adapter sans cesse à des changements inévitables, en stimulant la force citoyenne, la solidarité, la confiance et la responsabilisation active. (tiré de Développement dans la société de l’information)

Rabaska et mépris de la démocratie

Un texte presque identique a été soumis au courrier des lecteurs du journal Le Soleil aujourd’hui. Il a été publié le 28 septembre dans l’édition papier du Soleil..

C’est avec beaucoup de sagesse que Jean-Marc Salvet, dans son éditorial d’aujourd’hui, rappelle au gouvernement son rôle de gardien des institutions et la nécessité de «tenir compte de l’avis de tous les organismes chargés d’analyser les impacts» dans la saga du projet Rabaska. Son rappel à l’ordre destiné au milieu économique qui souhaite que l’on aille de l’avant sans plus attendre est également très juste.

Il est désolant de voir comment les groupes environnementaux et le milieu économique font preuve de mépris à l’égard des processus démocratiques dans le dossier Rabaska. L’avis du BAPE leur est favorable? Vive le BAPE! Il les désavantage? À mort le BAPE! Et voilà que la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) vient émettre un avis défavorable au projet tel qu’il est actuellement ficelé. Il n’en fallait pas plus pour que les environnementalistes, ceux-là mêmes qui ont rejeté l’avis du BAPE, exigent que l’on écoute le CPTAQ… et que le milieu des affaires, alors qu’il s’était rangé derrière l’avis du BAPE, demande de «cesser ce cirque et de procéder». On ne peut pas souhaiter la démocratie que lorsqu’elle fait notre affaire. Oui, il faut se battre pour que les grands projets soient imaginés de manière à mieux s’inscrire dans une perspective de développement durable. Et oui, il faut travailler à améliorer nos structures démocratiques pour qu’elles canalisent encore mieux l’avis des citoyens dans un mécanisme neutre, non partisan, fondé sur des données scientifiques fiables et sur le dialogue. Mais contester le résultat des processus démocratiques quand ils ne font pas notre affaire, ça, je m’y oppose!

Quelques liens pour aller plus loin:

Front commun (le milieu des affaires demande que l’on aille de l’avant)

Un dur revers (réactions suite à l’avis de la CPTAQ )

La pleureuse de la semaine (au sujet du BAPE et de la contre-démocratie)

À quand la fin des gadgets?

J’ai depuis quelques semaines des discussions parfois assez animées au sujet de mes interrogations à l’égard de la pertinence de nombreux usages de la technologie (un exemple récent se trouve ici). Voici que Dave Pollard fait part de ses réflexions sur le sujet lui aussi. Il va plus loin que j’ose le faire mais je dois avouer que je suis assez d’accord avec lui. Je ne peux pas prendre ce matin assez de temps pour développer sur le sujet (les enfants m’attendent et nous quittons tantôt pour la fin de semaine) mais je vous invite à lire Pollard sur le sujet. Si vous souhaitez en dicuter ici, sachez que je serai loin de mon ordi jusqu’à lundi alors ne vous surprenez pas de mon silence et restez polis!

Voici un extrait:

In a fully developed natural economy, we would all be members of self-selected, self-managed natural enterprises, and of self-selected, self-managed natural intentional communities. Natural enterprises and our natural community would be self-sufficient and self-governed, and as members of them we would look after our own learning, recreation, health and well-being.It’s a great idea, and we need to work towards it. But there are two problems with how we’re approaching it now:

  1. Technology alone will never get us there. Technology is a facilitator of social change, not a catalyst for it. We need to want to change, we need to have to change, before we will. And there is no indication, in history or in what is happening today, that we want or need to change that profoundly.
  2. The glue that holds natural communities together is physical and emotional, not virtual or intellectual. To make them work, and to make them sustainable, they must be part of a massive relocalization of the way we live and the way we make a living. Long distance social relationships may be pleasant and instructive, but they are not the stuff of true community. As useful as the Internet is in letting us practice social arts, it may actually be an impediment to creating real, sustainable community, something we can depend on, live on. The economics of natural enterprise and natural community are inherently local, geographically centred on physical place.

I know this is hard to explain, which is perhaps why I keep putting off trying to express it. I understand the two problems above intuitively more than intellectually. We can develop software virtually, and we can undertake artistic collaborations remotely. But we cannot build a whole economy on fragile, multiple virtual relationships. Most of what our economy is about is atoms, not bits. It is quality, locally produced food and clothing and building materials. It is creation and recreation that we participate in, in person.

Ultimately we will have to abandon the illusion that we can be part of a global, virtual, ever-changing ‘electronic’ community, that we can be citizens of the whole world, that social networks and technology can change the world. Eventually we have to come back to place, to true community, and make it work, face to face.

The world we will face by the end of this century, a world of cascading crises and horrific scarcity, will not allow us to play with technology. This technology is fragile and needs huge amounts of energy stolen from future generations to work at all. We cannot afford it. This future world, a world of rust and reclamation, will force us to face hard truths. Our future social networks will be held together with flesh and sweat, not messages and VoIP.

It’s time we got down to the business of figuring out how our descendants will live, and make a living, when the ephemeral constructs of our rapacious, delusional age are gone. It’s important to get started, with love and without illusion. Here, now, in this place.

The time for toys is over.
Technophilia, Virtual Communities and the World of Ends

Tout ça s’articule autour de ce que je considère de plus en plus comme les trois variables fondamentales autour desquelles nous devons travailler: le lieu, la nature et la culture (et je n’invente rien ici, ça vient d’Orion). Et aussi sur l’importance d’être capable de discuter avec son voisin et d’accepter sa différence avant de se complaire dans une communauté virtuelle mondiale.

Bonne fin de semaine!

Le naturaliste

Oblique Tiger Beetle / Cicindèle à ligne oblique

Ces derniers temps, je n’ai pas pris autant de temps que je l’aurais voulu pour écrire. Comme les choses de la «vraie vie» passent avant le blogue, la priorité va plutôt à la famille, aux livrables des quelques mandats sur lesquels je travaille, au jogging, à la cuisine, à la lecture et à l’observation de la nature qui se réveille avec le printemps. Il y aurait pourtant tant à écrire mais bon, on ne peut pas tout faire et comme ma capacité à être patient va toujours en s’améliorant, j’ai bien confiance de réussir à tout faire ce que je veux faire même si ça ne se fait pas tout de suite!

J’ai quand même pris quelques minutes ce matin pour traduire et adapter librement des extraits d’un texte de Barry Lopez paru en 2001 dans le magazine Orion (une source d’idées et de réflexions d’une incroyable richesse). Dans The Naturalist, l’auteur propose une redéfinition du rôle du naturaliste. Et ce rôle qu’il propose me plaît beaucoup puisque je m’y reconnais et qu’à partir d’aujourd’hui, je pourrai dire avec fierté que je suis un naturaliste!

Il faut savoir que le terme «naturaliste» a perdu ses lettres de noblesse au fil des ans au sein de la profession scientifique. Ceux et celles que l’on appelle en cachette les «conteux de bebittes» ou les «ramasseux de crottes» dans les couloirs des départements des facultés de science ont perdu de leur lustre au profit des biologistes moléculaires, des éco-conseillers, des océanographes physiques et autres disciplines plus axées sur la technologie.

Le texte de Lopez a été publié en 2001 et il est encore aujourd’hui tout à fait d’actualité (même plus qu’à l’époque je dirais). Voici donc ce que j’en retiens.

Aujourd’hui, le naturaliste ne doit plus se contenter d’être un expert de la nomenclature et de l’identification sur le terrain. Il ou elle connaît la faune et la flore locale et comprend qu’elles sont la représentation d’un insondable mystère nommé écosystème. L’écosystème est composé d’une multitude d’organismes qui forment un tout cohérent et fonctionnel. Et c’est justement au-dessus de ces systèmes fonctionnels et cohérents que notre société occidentale cherche à s’élever depuis des temps immémoriaux. Le naturaliste moderne se doit donc de jouer un rôle d’émissaire en accompagnant l’humanité et en l’aidant à rétablir le contact avec les composantes biologiques qu’elle a exclues de son univers moral.

Comment un naturaliste peut-il aujourd’hui imaginer un espace de réconciliation entre la nature et la culture? Comment doit-il se comporter alors qu’il croit que la civilisation occidentale compromet sa propre intégrité biologique en investissant si massivement dans le progrès matériel? Et sachant que la plupart des individus qui ont un pouvoir de décision dans les sphères corporative et politique considèrent la nature comme un obstacle, une variable qui introduit trop d’incertitude dans leurs modèles pour un futur économiquement efficace?

Un naturaliste de l’ère moderne — il ou elle a une connaissance pratique des écosystèmes et a un attachement éclairé envers ceux-ci — se retrouve parmi les électeurs les mieux informés quand vient le temps d’analyser les effets potentiellement catastrophiques des décisions politiques. Le naturaliste contemporain n’est plus le gardien des connaissances relatives à la vie intime de la faune et de la flore, mais plutôt un citoyen dont l’engagement dans l’espace politique, dans les débats publics et dans l’évolution de la littérature et des arts est devenu essentiel. Il ou elle sait faire preuve d’objectivité scientifique, s’intéresse à la politique, a l’expérience de l’observation sur le terrain et s’enrichit par la fréquentation de nombreuses sources d’information.

Il suffit de s’intéresser à l’actualité pour se rendre compte que nous faisons face à des problématiques majeures. La plupart des gens n’ont pas assez de temps à consacrer à la lecture, à la réflexion et au dialogue pour pouvoir atteindre ne serait-ce qu’un certain niveau de sagesse. C’est terrifiant, surtout quand on aperçoit la machinerie des développeurs à l’orée du boisé et du milieu humide et que l’on sent qu’il reste de moins en moins de milieux dans lesquels la vie peut s’épanouir sans blessure.

Quand on sait être attentif au parfum du peuplier baumier après la pluie, à la savante énumération du viréo aux yeux rouges, à l’insouciante exubérance du moqueur roux et à la fulgurance du faucon émerillon en chasse, on ne peut que se rendre à l’évidence au sujet de ce que c’est que d’être un naturaliste à notre époque. C’est redécouvrir la nature en nous. C’est communiquer avec passion et respect la beauté et la force de cette nature dont nous sommes issus. Finalement, c’est reconnaître qu’une politique sans biologie et sans connaissance du milieu naturel et qu’une plateforme politique dans laquelle la place de l’humain dans la nature est reléguée à un obscur paragraphe rendent comptent d’une vision qui ne peut que nous conduire directement au seuil des portes de l’enfer.

Le texte original est ici: The Naturalist

Un nouveau blogueur qui devrait faire jaser

Ça y est, c’est aujourd’hui que Joseph Facal lance son blogue. je ne suis pas totalement étranger à l’aventure puisque j’ai été appelé à la rescousse il y a quelques semaines pour régler un problème d’encodage de caractères et que finalement, j’ai accompagné M. Facal dans les dernières étapes de configuration et d’aménagement de son blogue. J’ai aussi eu le plaisir de lui faire une introduction au monde des blogues et à la dynamique particulière des communications dans la société de l’information. C’est un bon élève… je pense bien qu’il fera un bon blogueur ;-)

Il annoncera l’existence de son blogue mercredi prochain dans sa chronique hebdomadaire, mais il a publié son texte d’accueil aujourd’hui pour permettre aux blogueurs et blogueuses de diffuser l’information avant les médias traditionnels. C’est aussi un petit test que l’on fait pour voir à quelle vitesse l’information se propagera dans la blogosphère. Je vous invite donc à relayer l’info sur votre blogue et à lui laisser un commentaire (ça fera une pratique pour le nouveau blogueur avant que la horde de ses lecteurs réguliers n’envahisse le blogue!).

En terminant, quelques notes techniques qui intéresseront les «geeks »:

  • Il partage le contenu de son blogue sous un contrat Creative Commons (By-Nc-Nd).
  • Les fils RSS des billets et des commentaires sont gérés avec Feedburner.
  • Les commentaires ne sont pas modérés, mais il avise les lecteurs en page d’accueil que c’est son espace personnel et qu’il se réserve le droit d’effacer tout commentaire déplacé. Ça peut facilement déraper dans les commentaires avec un blogue de quelqu’un qui est connu, nous avons quelques trucs dans notre manche pour faire face à la musique, mais avons décidé d’y aller avec ouverture au début pour voir ce que ça donnera.
  • Le blogue fonctionne avec WordPress et le thème MistyLook en version française.
  • Nous avons choisi d’importer ses textes précédemment publiés dans Les Affaires et dans le Journal de Montréal en utilisant la date de publication. Comme les textes sont très ancrés dans l’actualité, nous pensons que ça les situera mieux dans le temps que de tous les importer en date d’aujourd’hui et d’y inclure une note indiquant la date originale de publication. Les textes étaient rédigés avec Word alors l’importation s’est fait manuellement (ça a pris quelques heures!).
  • Évidemment, Canoë lui a proposé de bloguer sous leur bannière, mais il a préféré se lancer de manière indépendante.
  • Comme nous avons utilisé un logiciel gratuit et que nous n’avons pas fait de graphisme, ça n’a pas coûté cher!

Merci Fred!

Pour être à la mode, il faut clamer l’argument économique et chanter l’éloge de la richesse. Il faut aussi être écolo en rêvant d’une belle auto hybride, d’une maison verte toute neuve et d’un journal en papier électronique. Dans un tel contexte, j’aime savoir qu’il existe encore des gens qui prennent leur temps et qui s’inspirent du passé pour mieux vivre le présent… sans trop se prendre au sérieux.

Fred Pellerin est un ce ceux-là et le texte qu’il signe ce matin dans la page idées du Devoir fait vraiment du bien après une campagne électorale menée à toute vitesse par des candidats pressés, entraînés pour faire sortir le vote et livrer la plateforme du parti. À la fin d’une campagne de monologues pendant laquelle il y a eu très peu d’écoute et de dialogue, il faut lire Fred et le remercier!

Les rêves n’ont plus leur parti dans la politique. Aujourd’hui, on applique des règles de mise en marché à nos produits aux allures démocratiques. L’avenir de notre monde se joue sur les tables mêmes où sévissent les lois du commerce. Les pancartes des candidats ressemblent à celles des vendeurs de maison. On courtise l’immobilisme. On cherche le dominateur commun. Et tous les génies fusent de leurs lampes astiquées avec les trois mêmes voeux à offrir. Santé, éducation et prospérité. Comment ne pas les aimer tous?

[...]

Je continue de croire en des demains. J’aspire d’air et rêve d’eau pure. Je rêve de voir briller le soleil dans le système scolaire. Je rêve d’une espérance de vie qui sera plus qu’une moyenne chiffrée. Pour qu’on règle le problème électile et le manque d’enfants. À arrêter de se réduire l’avenir à trop court. À se redonner le lousse pour pousser l’espoir un peu plus loin, et reprendre envie à léguer. À rêver ensemble, surtout. La démocratie.

Le texte complet est ici: Le problème électile