Archives de la catégorie : Démocratie, citoyenneté et politique

Transport rapide avec des autobus à Curitiba

Le débat fait rage à Québec depuis plusieurs années: est-ce le tramway ou un système d’autobus rapide qui permettra de doter la Ville d’un système de transport moderne et viable?

Cette capsule vidéo montre ce qui s’est fait à Curitiba, au Brésil. Inspirant!

(Si le lecteur vidéo ne fonctionne pas, allez voir sur le site de Streetfilm)

Trouvé sur Worldchanging: Curitiba’s BRT: Inspired Bus Rapid Transit Around the World

J’avais parlé de Curitiba l’an dernier dans La ville n’est pas un problème: c’est plutôt la solution!

Worldchanging: payer pour que ça reste gratuit!

Pour moi, un des principes de base de la culture Open Source consiste à répondre à l’appel quand ceux et celles de qui je retire beaucoup ont besoin d’aide.

Je l’ai déjà fait pour Creative Commons et pour WordPress. Aujourd’hui, je l’ai fait pour Worldchanging, une source d’information qui me nourrit depuis près de deux ans.

wclogo

Quand Alex Steffen, le rédacteur en chef, décrit l’écosystème dont Worldchanging fait partie, j’y reconnais le travail que l’on fait avec Grisvert et je sens que notre action, tout comme la sienne, est importante et nécessaire:

Humanity needs a bright green future, a future that transforms our collapsing system through innovation, creativity and caring, and finds a new path towards democracy, peace and a sustainable prosperity that can be shared by all.

That future is not a pipe dream. That future is the last best hope of humanity. Seeking that future is what we do every day.

If Worldchanging was alone in seeking that future, things would be grim indeed. But we’re not. We’re part of an evolving ecosystem of thinkers, teachers, scientists, business people, journalists, designers, social entrepreneurs and public servants who are learning from each other as rapidly as possible how to thrive in the 21st century.

C’est pourquoi je me suis engagé à donner 10$ par mois pour la prochaine année quand j’ai lu l’appel lancé par Alex Steffen dans The Most Important Letter I’ve Ever Written:

I believe that the world needs Worldchanging now more than ever; that in times like these, good ideas are not a luxury, they’re vital. If you agree, we need your help.

This is not like your average pledge drive. We have big plans for the next two years, including two more books, a revamped site and editorial plans for exploring the new generation of solutions with passion and intelligence. But I can tell you, honestly, that without your support, those plans will not come to pass. We won’t disappear, but we’ll have to scale back dramatically at the very moment when we’re most needed.

Si, tout comme moi, vous jugez que le projet Worldchanging est nécessaire et doit grandir, je vous invite à donner aussi (site pour transmettre les dons).

Sens, utilité, profondeur

Il y a des leaders qui suggèrent d’acheter du Red Bull, certains s’ouvrent à l’innovation sociale et d’autres osent aller au delà de la consultation pour explorer la voie de la collaboration.

Il semble de plus en plus évident que nous sommes dûs pour une grande dose d’innovation dans nos manières de faire, tant au niveau de la politique que des affaires ou de la société civile. Je note ici trois textes qui convergent vers la nécessité de travailler à stimuler l’émergence de leaders qui sauront faire preuve de plus de sagesse et de profondeur pour s’engager dans l’action de manière éclairée.

Alex Steffen, dans The Great Disruption and the Need for Meaning:

I increasingly think that the crisis we face can’t be solved by tinkering with the parts of the systems on which we depend. It is going to take, instead, a fundamental rethinking and redesign of those systems — and that process is going to demand that we start to ask ourselves what, exactly, it is that we want from the life those systems will be designed to deliver. I think we will find that, at its core, our crisis today represents above all else a need for greater meaning, for purpose, for depth.

Otto Scharmer, dans The Blind Spot of Economic Thought:

what strikes me is how conventional the economic thought is that the current public discussion (including the Obama economic team) is applying to the situation. no one doubts that stimuli packages, re-regulation and temporary nationalization of banks are necessary. but is that all we can do? this still sounds like a 20th century mindset (markets vs. government) applied to a 21st century type of challenge (meltdown). what we will probably find out soon is that this no longer works. we cannot be successful by applying 20th century mindsets to 21st century problems. we need to approach problems of our age in new ways. in ways that illuminate the blind spot of contemporary economic thought: collective awareness based leadership.

conventional economic thought and policy assumes that the awareness (and preferences) of econmic actors are given. but in reality we know that this is not true. all real world deep change work revolves around helping communities and people to wake up to and start operating from a highler level of awareness (and self) which then gives rise to new types of collective creativity and action.  that is the missing piece not only in the current approach to the crisis, but also in our way of making sense of what is going on.

Barry Schwartz dans une présentation faite en février 2009, The real crisis? We stopped being wise:

Barry Schwartz makes a passionate call for « practical wisdom » as an antidote to a society gone mad with bureaucracy. He argues powerfully that rules often fail us, incentives often backfire, and practical, everyday wisdom will help rebuild our world.

Québec horizon culture: nous espérons plus… et autre chose!

Avec quelques amis, nous avons rédigé cette lettre adressée à Madame Christine Saint-Pierre, Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et à Monsieur Régis Labeaume, Maire de Québec. Nous y présentons notre «malaise» mais aussi nos espoirs à l’égard de l’événement Québec horizon culture qui aura lieu lundi prochain à Québec.

Nous vous invitons à joindre votre voix à la nôtre. Notre démarche sera portée à l’attention des médias demain. N’hésitez donc pas à vous manifester en publiant un commentaire, soit ici, soit sur le blogues des autres signataires qui ont également publié la lettre.

Jusqu’à présent, le texte à aussi été publié par Clément, Philippe, Michael, René

La lettre a été publiée dans Le Soleil du 16 février.

Madame la Ministre,
Monsieur le Maire,

Vous coprésiderez dans quelques jours Québec Horizon Culture — un rendez-vous auquel ont été conviés artistes et leaders culturels, gens d’affaires et de technologie, citoyens et élus pour échanger sur leur vision et sur les moyens à mettre en place pour favoriser le développement culturel de la capitale.

Jeunes, entrepreneurs, créateurs, travailleurs dans le secteur de la culture, de l’éducation ou des technologies, voyageurs, nous avons été interpellés par votre invitation et plusieurs d’entre nous seront présents au Centre des Congrès lundi prochain. Vous avez suscité chez nous de grandes attentes parce que nous espérons que cet événement marquera le début d’une nouvelle approche du développement de notre ville.

Nous nous réjouirons bien sûr des annonces qui pourront être faites à l’occasion de l’événement, pour l’ensemble de la ville et pour le quartier Saint-Roch, en particulier. Nous ne doutons pas que les institutions et les organismes qui s’en verront gratifiés le méritent, mais nous espérons plus. Nous espérons aussi autre chose.

Nous espérons vous entendre dire que le rôle des leaders politiques et des institutions n’est pas de réfléchir à la place des citoyens, mais de les aider à imaginer et à créer ensemble l’avenir de leur ville. Nous comprenons qu’il vous paraissait nécessaire de procéder dans le secret pour mettre Québec Horizon Culture sur les rails, mais cela nous semble une manière anachronique d’exercer le leadership.

Nous espérons que la négociation institutionnelle et la consultation de vos réseaux d’influence traditionnels sont maintenant achevées et qu’un dialogue direct et continu avec les créateurs, les artistes, les entrepreneurs et les citoyens en général pourra débuter. Nous espérons qu’à l’instar de nombreux leaders modernes, vous vous appuierez notamment sur Internet pour tirer profit de l’intelligence collective des citoyens — et que vous vous inspirerez pour cela des meilleures pratiques en vigueur dans le monde.

Nous espérons que tous les citoyens de Québec seront invités à monter à bord du TGV Québec Horizon Culture et que nous ne découvrirons pas qu’il s’agit seulement d’un nouveau convoi de marchandises à l’allure revampée. Nous espérons aussi que des mécanismes de suivi seront mis en place, dès la semaine prochaine, afin de s’assurer que les attentes suscitées pourront être comblées.

Vous savez tous les deux faire preuve d’une très grande énergie et d’une impressionnante capacité pour lancer des projets. Nous avons de la fougue et de l’énergie et nous souhaitons pouvoir les mettre à contribution pour la mise en œuvre du plan d’action qui sera issu de Québec Horizon Culture — pour autant qu’on puisse s’en sentir partie prenante.

Il ne s’agit pas tant pour nous de trouver à se faire entendre le 16 février. Nous visons plutôt à formuler dès maintenant notre souhait de prendre part à une véritable conversation au sujet de l’avenir de la Capitale. Et, pour cela, nous croyons que l’essentiel est de relier les gens de façon innovatrice, de faire se rencontrer des idées et de permettre l’émergence d’un futur dans lequel nous souhaiterons investir toute notre vitalité et notre créativité — plus encore que d’organiser une autre rencontre au sommet.

C’est sur cette ouverture que nous avons le plus envie de vous entendre et de vous voir poser des gestes — en particulier pour faire en sorte que chacun ait les moyens de prendre part à cette conversation et que survienne la rencontre tant souhaitée des milieux de la culture, de la technologie et des affaires.

Vous pourrez dès lors compter sur nous.

Jean-Sébastien Bouchard, Associé fondateur, Grisvert
Julie Marie Bourgeois, travailleuse culturelle
Michael Carpentier, Associé fondateur, Zengo.ca
Philippe Dancause, Associé fondateur, Grisvert
Clément Laberge, Vice-président Services d’édition numérique, De Marque

Et tous ceux qui souhaiteront se joindre à ceux qui ont tenu la plume en ajoutant leur nom ci-dessous.

Ont ajouté leur voix à la nôtre, depuis la publication de la lettre sur nos blogues:

  • René Audet -  Professeur au Département des littératures, Université Laval
  • Gilles Herman, Directeur-éditeur, les éditions du Septentrion
  • Pierre-Luc Gravel – Coordonnateur bureau de Québec de l’Institut du Nouveau Monde
  • Andrée Pelletier – Maelstrom créatif
  • Bianca Drapeau – directrice du marketing, Presses de l’Université du Québec et ex-résidente de St-Roch bien avant le Nouvo…
  • Mario Asselin – Opposum
  • Luc Dancause – Chargé de cours au département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM
  • Antoine Tanguay – Fondateur et directeur – Éditions Alto
  • Mireille Tremblay – Conceptrice – Musée migrateur
  • Marc Boutet – Président-directeur général – De Marque
  • Éric Demers – Coordonnateur à la liaison – Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec
  • Ana-Laura Baz – Muséologue
  • Richard Ouellet
  • Luc Martin – Président – Prosemedia, services d’édition numérique
  • Michel Monette
  • Robert Lachance

Nous avons créé ce site pour y poursuivre les échanges: remixonsquebec.ning.com

Le Soleil – 17 février 2009

Je réponds ici à l’invitation lancée par Clément il y a quelques jours dans le texte Qu’aimeriez-vous lire dans le journal le 17 février?:

Je propose que nous écrivions dans les prochains jours sur nos blogues respectifs le début du texte que nous aimerions lire dans Le Soleil du 17 février en rapport avec la tenue, la veille, de Québec Horizon Culture.

Coup de théâtre à Québec Horizon culture

Jean-Marc Lemoine
Collaboration spéciale

Près de 250 personnes étaient réunies hier au Centre des congrès de Québec pour jeter les bases d’un plan d’action visant à faire de la capitale nationale un carrefour culturel de renommée internationale. Les informations rendues publiques avant l’événement nous laissaient croire que nous assisterions à une autre « grand-messe » lors de laquelle on présenterait un plan d’action déjà presque entièrement ficelé en invitant les participants à s’exprimer sans trop faire de vagues.

Dès notre arrivée dans la salle, toutefois, nous savions que nous avions porté un jugement prématuré : 250 chaises placées en cercles concentriques attendaient les participants et, au centre, un amas de matériel de création. Voilà que nous n’avions plus la moindre idée de ce à quoi nous attendre!

Une fois la majorité des participants installés, le maire, Régis Labeaume, fait son apparition, l’air détendu, sourire en coin. Tranquillement, il déambule tout autour de la salle, saluant au passage plusieurs participants. Une fois au centre, il brandit un document : « voici le plan d’action dont nous devions discuter… j’ai d’autres plans pour vous aujourd’hui». Et le maire de déchirer le document, visiblement satisfait de l’effet de surprise qu’il pouvait lire dans les yeux des gens qui avaient répondu à l’invitation.

Une fois le projet de plan d’action dispersé aux quatre coins de la salle, voilà que Monsieur cite Buckminster Fuller, célèbre inventeur américain : « On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra inutile l’ancien. »

Le reste de la journée tient du récit d’anticipation : basculant constamment entre l’ordre et le chaos, nous avons été amenés à nommer Québec, à rêver de son futur et, enfin, à donner vie à nos visions. [...]

Voilà! Merci Clément pour cette invitation… ça m’a donné quelques idées pour un événement régional qui aura lieu le printemps prochain et pour lequel j’entreprends le design ces jours-ci ;-)

C’est quoi la suite?

Le 6 novembre dernier, au lendemain de l’élection présidentielle américaine, le magazine Orion a réuni 21 artistes et écrivains et leur a posé la question suivante: What’s Next?

Quelle belle question! La récolte vaut la peine que l’on prenne une dizaine de minutes pour écouter ce que certains des invités avaient à dire.


What’s Next? from Orion Magazine on Vimeo.

Avoir plus de temps, j’aurais traduit les interventions et fait une transcription. Je me contenterai de le faire pour un des interlocuteurs, Barry Lopez:

La réconciliation est au coeur de mes réflexions en ce moment. Comment, à différentes étapes de la vie, la réconciliation peut-elle remplacer la guerre… ou la polarisation? La polarisation est un luxe que l’on peut s’offrir seulement parce que l’on est en train d’épuiser la planète, l’épuiser pour continuer à vivre comme on le fait présentement. Il faut se concentrer sur la réconciliation.

Philippe a publié deux bons textes sur l’importance de se poser les bonnes questions, Poser les bonnes questions et Poser les bonnes questions 2. «What’s Next?» est pour moi une question très puissante.

Au sujet de Barry Lopez, j’ai traduit des extraits d’un de ses textes ici: Le naturaliste.