Archives de la catégorie : Bilans hebdomadaires

Récolte de la semaine, 7 au 13 décembre

photo-5Plusieurs choses intéressantes glanées au cours des derniers jours

  • Dale Arseneault propose huit choses à savoir au sujet de la collaboration: 8 things you need to know about collaboration. «Collaboration is a human process – throwing technology at people won’t magically/automatically create collaboration.»
  • De belles observations sur les grandes rencontres et l’importance des interactions informelles dans cet article d’Associated Press: Copenhague, de l’importance des coulisses. «Ces moments passés à bavarder aussi de choses plus intimes dans une atmosphère plus détendue, en jean plutôt qu’en costume-cravate, sont fondamentaux pour bâtir des relations et une confiance susceptibles de déboucher sur une percée diplomatique.»
  • Myriam Laberge sur le minimum d’information à présenter à un groupe pour que les participants contribuent de manière éclairée: Best practices for delivering content. «After 7 minutes, most participants will zone out and lose the central plot. Were we to see what is going on in their heads, it might resemble something like an empty bubble with the words « blah blah blah…. » encased within it.»
  • Quelques éléments intéressants dans cette entrevue avec Jason Fried: The Way I Work: Jason Fried of 37Signals. «Jason Fried hates lame meetings, tech companies that don’t generate revenue, and companies that treat their employees like children. A peek inside his typical workday.»
  • L’hiver est arrivé. Barbara Bash partage quelques belles observations: Looking out on first snow. «Feeling the pulling in of winter - of the light – of my heart . . .»
    Feeling the pulling in of winter -
    of the light – of my heart . . .
  • Un ami qui fait un travail similaire au mien m’avait suggéré Don’t Just Do Something, Stand There!: Ten Principles for Leading Meetings That Matter . Je l’ai reçu mercredi dernier. Si vous animez des rencontres, il faut lire ce livre!

Animation de petits groupes: réfléchir, proposer, s’engager, agir

photo-3J’animais hier ma seconde rencontre à titre de président du comité développement durable de la Chambre de commerce de Québec. C’est pour moi une belle occasion de me servir à moi même la médecine que je prescris à mes clients! Je partage ici la technique toute simple que j’ai mise à profit pour créer de manière collaborative le plan d’action du comité pour la prochaine année. Comme les rencontres sont assez courtes (7h30 — 9h), j’ai eu à trouver un moyen d’amener le comité (une vingtaine de personnes) à atteindre rapidement un bon niveau de performance.

Voici la structure que je donne à chacune des rencontres du comité (entre 15 et 25 personnes présentes à chacune des réunions). Malgré le fait que nous ayons peu de temps et que nous soyons dans une salle de réunion traditionnelle (table ovale au centre, peu d’espace de dégagement autour), nous réussissons à obtenir des résultats très intéressants.

7h30 — 7h45: Tour de table. Il y a régulièrement de nouveaux membres (le comité est très populaire!). Chaque personne se présente brièvement et les nouveaux doivent répondre à la question «pourquoi souhaitez-vous faire partie du comité?» Quand il n’y a pas de nouveau membre autour de la table, la question de «check-in» peut être «dans quel état vous présentez-vous ici ce matin?» ou toute autre question qui amène les gens à partager quelques chose qui a plus de sens que leur nom et celui de l’entreprise qu’ils représentent. Je veux des individus entiers et non pas des représentants d’entreprises! read more »

4646 km en accéléré

Ces derniers jours, j’ai développé une fascination pour les films tournés en accéléré (time lapse). J’ai pu mettre cette nouvelle passion à profit hier lors d’une journée où je secondais Philippe lors d’une animation pour l’INO. J’ai remis en service mon vieux G2 que j’ai branché à mon ordi pour capturer une image à toutes les 5 secondes. Comme c’est Phil qui animait, j’ai eu le temps de monter le tout en fin de journée et j’ai pu présenter la journée en moins de 2 minutes aux participants. C’était superbe que de les voir sourire, rire de bon coeur et, finalement, applaudir. Voir tout le travail accompli en une journée condensé en 2 minutes, ça fait un effet assuré! Attendez-vous à me revoir faire ça… et à diffuser le fruit de la récolte lors d’événements publics.

Mais voilà que je trouve mon maître! C’est un travail superbe qu’a fait Christoph Rehage pour partager une année à pied (merci à Presentability pour le lien).

The Longest Way 1.0 – one year walk/beard grow time lapse from Christoph Rehage on Vimeo.

Récolte de la semaine

La semaine en quelques mots et quelques liens.

Radical

Sur le toit du Musée de la civilisationCe mot m’habite depuis plusieurs jours déjà. J’ai faim d’actes radicaux. Pas des actes de rejet, de destruction ou de séparation. Des actes radicaux d’ouverture, de réconciliation et de reconstruction. Et ça, ça demande bien plus de courage que de détruire l’autre parce qu’il est différent. Et les données récentes sur les effets des changements climatiques ne laissent pas place à une action lente et non coordonnée. Il faut être radicaux!

La semaine a démarré avec la conception d’une table ronde à laquelle je participerai dans le cadre du 4e colloque international sur l’animation qui se tiendra à Montréal les 28, 29 et 30 octobre. Le titre de la table ronde, L’intelligence collective à l’œuvre: conversation et créativité comme processus radical de cocréation du changement (le programme est ici) ne nous donne pas le droit de faire quelque chose d’ordinaire! C’est donc en compagnie d’Isabelle Mahy, Paul Carle, George Por, Catherine Barnabé et Caroline Durand que j’aurai le plaisir de faire vivre un processus en U aux participants de cette table ronde qui sera bien des choses sauf une table ronde! Le design préliminaire est imaginé… il nous reste à raffiner le tout. L’invitation est lancée: si les courbes et les processus en U vous intéressent, vous devez être là! On va s’amuser! Nous préparons aussi un parcours de cocréation ouvert à tous et totalement éclaté pour le jeudi après-midi. On va se lâcher lousses, toute la gang, dans une aventure émergente et créative. J’ai hâte! Plus de détails bientôt pour l’activité ouverte à tous. [Mise à jour. Le titre de l'activité est maintenant connu: Intelligence collective, chemin faisant... Avec terrains de jeux ! Ce sera le 29 octobre, de midi à 21h. Un site Ning sera bientôt lancé... je vous tiens au courant.]

Mes ruminations autour du thème de l’acte radical ont trouvé un bel écho hier soir avec ce texte d’Alex Steffen, sur Worldchanging: Letter from Copenhagen – Cities and citizenship. Encore imprégné de l’esprit de Copenhague, Steffen partage son constat que l’action radicale est plus que jamais nécessaire:

I’m more and more convinced we need radical action. Not bombs or barricades, but seriously non-linear and innovative interventions, new approaches that will let simple facts and needed truths influence the American political debate again: a form of shock troop tactics to break the stalemate.

Those tactics can borrow nothing from the tactics of the 60s, because many of the people now running multi-million dollar reactionary astroturf groups actually design their schemes to mimic 1960s protest campaigns. When oil companies bus their employees into protest rallies complete with signs and songs and a spirit of « rebellion, » we should recognize how blocked those approaches are.

No, what America needs is an upheaval that’s much more innovative, more fundamental, more sudden. I don’t think anyone quite has a clear sight of what that is yet. Industrial shifts to a clean economy, new models of news publishing, government 2.0, the street as platform, post-ownership and post-consumer identities, community resilience a growing cultural preference for participation and collaboration combining with a search for transparency and backstories and authenticity: all of these are clearly in the code of whatever new system is emerging, but none of them defines it.

Ça rejoint totalement l’esprit dans lequel je suis ces jours-ci. Et ça tombe bien puisque nous prévoyons une aventure familiale vers le Danemark et la Suède pour l’été prochain. Nous souhaitons nous imprégner de l’esprit de lieux qui sont à l’avant-garde et, surtout, faire vivre aux enfants des expériences de vie différentes et enrichissantes. Et quand je lis Steffen, j’ai encore plus hâte à l’été prochain:

I love Copenhagen. It’s beautiful and unbelievably livable and human-scaled. People are friendly, the food is good, it’s downright pleasant to walk around. Forget Denmark’s climate leadership, its wind-powered economy or the stunning fact that Copenhagen is aiming to increase the percentage of total trips taken by bicycle from its current 37% to 50%: the Danes just know how to live.

Émergence, autoorganisation et technologie

Hier, j’ai vu le programme de la JIQ 2009 et ça m’a brutalement rappelé que j’y participerai à une table ronde et y présenterai une conférence. J’y parlerai de collaboration et du fait que ce n’est pas la technologie qui, par magie, fait apparaître la capacité de collaboration dans des équipes et des organisations. J’ai l’intention de m’inspirer de la nature pour décrire les sources de la collaboration et ensuite proposer des moyens de démarrer un esprit de collaboration dans des équipes de travail, sans même utiliser la technologie. Ensuite, si on ajoute la technologie à une équipe qui collabore déjà bien, on peut décupler sa performance. Quel ne fut pas mon bonheur, ce matin, de tomber, pisté par Harold Jarche, sur le Bioteaming Manifesto!

Les auteurs y proposent un cadre qui permet d’appliquer aux équipes virtuelles et connectées certains principes inspirés de la collaboration dans la nature.

What is dangerously lacking is a culture of collaboration and cooperative learning capable of becoming aware of the critical importance of adopting a set of behaviour-policies supportive of strong team interaction. Unless strong foundations are placed under the way we think and act as team members, no amount of whiz-bang technology will catapult online business teams from inefficient and productive units.

[...]

The fundamental thing missing from Virtual Networked Teams today is the open recognition of the dynamic and living nature of the team itself as a separate entity from that of its individual members.

A networked business team is a living entity in and of itself. A Virtual Networked Team is more than the sum of its members abilities.

An ant colony, one of natures’ most efficient and successful living teams, has a life of its own — albeit intimately connected to the lives of its members.

In organisations we treat our teams mechanistically. We think of our teams more like clocks or engines that are assigned to specific tasks and assignments. We want the highest control of them and we want them to be very predictable in their work behaviour. Exactly the opposite of what nature’s bioteams do. Interpretation of the team as a whole, living entity, allows a more insightful interpretation of the most efficient courses of team action.

Haha! Totalement dans le sens où je me dirige pour mon atelier. Le modèle des auteurs est intéressant, mais j’irai plus loin, en y superposant les technologies sociales que j’utilise avec des groupes et aussi en proposant des exemples dignes d’un vrai naturaliste! Il me reste encore à voir comment j’intégrerai des éléments d’animation dans l’atelier pour faire participer l’assistance et activer l’intelligence collective du groupe. Tiens! Ça me donne l’idée de ressortir un modèle que j’avais imaginé l’an dernier pour une petite rencontre avec des amis praticiens de l’Art of Hosting. Tout ça est évidemment intimement relié à mon billet d’hier sur l’autoorganisation et les propriétés émergentes des systèmes vivants.

Bon, c’est pas mal tout. Il reste du boulot à abattre avant la fin de la journée. Pour les initiés au Forum Ouvert, cette vidéo de Harrison Owen parlant de son nouveau livre est très intéressante. Faut aussi écouter le nouveau disque d’Elisapie Isaac (critique d’Alain Brunet). Elle a des collaborateurs que j’aime beaucoup (Martin Léon, Antoine Gratton…) et ça donne un superbe disque. La pièce écrite par Desjardins et Lapointe est chargée d’une émotion incroyable. Ya juste Desjardins qui réussit à me tirer des larmes avec une chanson.

I’m more and more convinced we need radical action. Not bombs or barricades, but seriously non-linear and innovative interventions, new approaches that will let simple facts and needed truths influence the American political debate again: a form of shock troop tactics to break the stalemate.
Those tactics can borrow nothing from the tactics of the 60s, because many of the people now running multi-million dollar reactionary astroturf groups actually design their schemes to mimic 1960s protest campaigns. When oil companies bus their employees into protest rallies complete with signs and songs and a spirit of « rebellion, » we should recognize how blocked those approaches are.
No, what America needs is an upheaval that’s much more innovative, more fundamental, more sudden. I don’t think anyone quite has a clear sight of what that is yet. Industrial shifts to a clean economy, new models of news publishing, government 2.0, the street as platform, post-ownership and post-consumer identities, community resilience a growing cultural preference for participation and collaboration combining with a search for transparency and backstories and authenticity: all of these are clearly in the code of whatever new system is emerging, but none of them defines i

Nourriture de la semaine

Nord

  • Regardé hier soir Ce qu’il faut pour vivre. Superbe film, tout en lenteur, au rythme du Nord. Il faut voir les yeux de Tiivii lorsqu’il parle de la chasse dans la toundra au jeune Kaki alors qu’ils sont dans un sanatorium de Québec.
  • Continué à lire Arctic Dreams, de Barry Lopez. Hier soir, j’ai eu droit à une belle description de la biologie du boeuf musqué. De quoi bien meubler les rêves d’un naturaliste!
  • Été ensorcellé par le chant de gorge traditionnel et la musique moderne de Tanya Tagaq dans Auk/Blood

Travail

  • Pondu le design de quatre animations cette semaine. Des animations courtes (entre une heure et une demi-journée) avec des groupes de 12 à 130 personnes. Encore réussi à imaginer des animations qui, je crois, seront utiles et vivantes. Je m’en vais d’ailleurs faire expérimenter la «médecine Grisvert» à mes amis du Groupe Dancause cet après-midi en animant un p’tit bout de leur rencontre annuelle.
  • Trouvé mon double! Je lui ai envoyé un mot, mais je n’ai pas encore reçu de réponse! Bien hâte de voir ce que cette rencontre pourra donner!

Nature et culture

Débuté la lecture, dans le bus ce matin, de The nature of design par David W. Orr. Dès le premier paragraphe, j’étais accroché. La question qui est à la source de la démarche de l’auteur est particulièrement forte:

«How do we re-imagine and remake the human presence on earth in ways that work over the long haul?»

Extraits de l’introduction:

This book is not an argument to return to some mythic condition of ecological innocence. No such place ever existed. It begins, however, with an acknowledgment that we have important things to relearn about the arts of longevity – what is now called « sustainability » – from earlier cultures and other societies.
[...]
This is a design challenge like no other. It is not about making greener widgets but how to make decent communities that fit their places with elegant frugality.
[...]
the problem is not how to produce ecologically benign products for the consumer economy, but how to make decent communities in wich people grow to be responsible citizens and whole people.
[...]
The essays lay out a standard for design that is oriented to generosity in the large sense of the word, the preservation of wildness and wilderness, and the design of a culture that protects its children.

J’aime ça! J’ai hâte de prendre le temps de me plonger dans cette lecture.

Cette vidéo m’a fait rire aux larmes. Je vais essayer de faire ça un jour c’est certain!

En terminant, une citation glanée dans the Nature of design

The traditional Indian stood in the center of a circle and brought everything together in that circle. Today, we stand at the end of a line and work our way along that line, discarding or avoiding everything on either side of us. – Vine Deloria

Paix, haute performance et autres idées de la semaine

En vrac, voici ce qui percole de ma semaine.

Warrior-leaders are working within the systems of power, but claim a different basis for their leadership. They are warriors for human goodness, whose unshakable strength and confidence arise from gentleness. They demonstrate compassion and clarity of insight. From being grounded in their own authenticity, they develop the capacity to remain open to what is, to encounter experiences fully. In this way, they become fearless and effective leaders, even in the midst of turmoil.

Enfin, une petite phrase lue ce matin dans Le Devoir. C’est Vincent Vallières qui parle de son dernier disque (très bon en passant):

Le Monde tourne fort, c’est ça. C’est une bombe qui explose quelque part dans le monde, mais c’est aussi ce qui se passe dans ma cuisine. Ça brasse. C’est la vie qui avance par en avant. Et quand tu choisis une vie, tu fais le deuil de plein d’autres.

Allez, au travail. J’ai aujourd’hui à imaginer le plan d’une rencontre d’une demi-journée avec de très gros joueurs régionaux. Il faut les amener à collaborer. Vision commune. Engagements. Confiance. Ego. Gros défi!