De l’origine du «gris» de Grisvert

Je prépare une présentation que j’offrirai demain dans le cadre d’un laboratoire jeudi confession que j’aurai également le plaisir d’animer. J’y parlerai d’«Espaces de cocréation et d’innovation pour une société durable, juste et résiliente». En relisant un article de Francesco di Castri intitulé Les Conditions gagnantes du développement durable, je suis tombé sur le paragraphe qui, il y a presque 5 ans, avait inspiré le nom du projet qui est devenu Grisvert. Ça a été écrit en 2003 et ça me semble encore plus d’actualité qu’à l’époque.

En tant qu’idéologie, le développement durable a nécessairement soif d’absolu, de simplification, d’opposition entre le bien (ce type de développement) et le mal (les autres développements). Il prêche et donne des leçons, il ne peut pas ne pas tomber dans des schémas manichéens, de blanc et de noir – mais c’est le gris qui est la réalité du monde. Il évite de regarder de trop près les réalités du terrain, car il risque d’être démenti par les faits. Cette tentation de faire le bien absolu, de découvrir des solutions définitives, parfaites et bonnes pour tout le monde, conduit souvent à des intolérances, à des dogmatismes, à la négation ou l’ignorance de la prodigieuse diversité des cultures et de leur droit d’évoluer de la façon qui leur est propre.

Le «vert», quant à lui, c’est moins facile à expliquer. Ça vient un peu de ce texte de Barry Lopez sur le naturaliste du 21e siècle, la présence, que l’on vit au bas du U et, aussi, ce que l’on vivra avec les participants de l’atelier L’art du leadership participatif que nous offrirons en juin prochain.

En terminant, quelques liens vers des textes publiés sur ce blogue et évoquant Francesco Di Castri :

Développement durable: la vision de Francesco di Castri (2006)

Développement dans la société de l’information (2006)

 

 

1 commentaire

  1. Publié le 20 mai 2011 à 17:35 | Permalien

    Cher Jean-Sébastien,
    Je suis contente de découvrir l’origine de l’appellation Grisvert et j’aime beaucoup le sens de la nuance qu’il évoque. Pour moi Grisvert, c’est le pendant de noir et blanc, indiquant d’une part une couleur qui traduit une zone grise et l’autre, d’autre part, une couleur plus tranchée, le vert qui pourrait représenter l’espoir de faire émerger d’autres couleur du gris par la mise commun et les échange.
    Je suis en autobus entre Québec et Montréal, ce vendredi soir de la longue fin de semaine et j’ai plaisir, maintenant que Orléans express offre le wi-fi, à lire vos blogues et votre site.
    Je me sens en harmonie avec tout ce que vous faite et j’espère que de façon transgénérationnelle, j’ai pu y contribuer un tant soit peu…
    Linda (la mère de Philippe pour ceux que mes propos pourraient sembler bizarres.)