Questions d’échelle: personnel, politique, global

À la sauvette, comme c’est souvent le cas dernièrement, je consigne quelques éléments ici.

En cherchant un moyen de diffuser des vidéos en HD sur des intranets pour mes clients (en lien avec mon nouveau dada de filmer en accéléré les événements que Grisvert anime), je suis tombé sur cette superbe animation sur le site Vimeo:

H2oil animated sequences from Dale Hayward on Vimeo.

On y présente l’envergure des projets industriels d’extraction de gaz naturel en Alberta. L’ampleur de l’utilisation de ressources naturelles et énergétiques nécessaires, en particulier l’eau, est astronomique.

J’ai tout de suite fait un lien avec un article lu dans Orion l’été dernier. Dans Forget about shorter showers, Derrick Jensen explique que le mouvement environnemental est trop centré sur des gestes de consommation personnelle (acheter une auto hybride, changer ses ampoules, consommer «vert») et que l’ampleur de la crise environnementale commande des initiatives à bien plus grande échelle. Par exemple, au sujet de l’utilisation de l’eau, il écrit:

Or let’s talk water. We so often hear that the world is running out of water. People are dying from lack of water. Rivers are dewatered from lack of water. Because of this we need to take shorter showers. See the disconnect? Because I take showers, I’m responsible for drawing down aquifers? Well, no. More than 90 percent of the water used by humans is used by agriculture and industry. The remaining 10 percent is split between municipalities and actual living breathing individual humans. Collectively, municipal golf courses use as much water as municipal human beings. People (both human people and fish people) aren’t dying because the world is running out of water. They’re dying because the water is being stolen.

Sous un propos volontairement provocateur, Jensen nous rappelle de porter attention à l’échelle des problèmes auxquels nous faisons face. Il est essentiel de rebâtir et de garder vivants les réseaux d’alimentation locale, tout comme la réduction de notre consommation personnelle d’énergie a des effets positifs. Ces comportements révèlent une certaine sensibilité et une prise de conscience. Toutefois, il ne faut pas que le sentiment de «devoir accompli» que ces comportements «écoresponsables» peuvent procurer serve d’écran devant l’ampleur des chantiers qui nous attendent pour assurer la survie de l’humanité. Et surtout, il nous faudra exiger de nos leaders, tant de la scène politique, économique que sociale, qu’ils se posent les bonnes questions. Quelle heure est-il pour l’humanité? Quel monde sommes-nous en train de léguer à nos enfants?

Oh là! Je suis parti pour un boutte là! Je voulais seulement prendre quelques minutes pour mettre en lien la vidéo et le bout de texte de Jensen! Allez, au boulot!

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  1. Par Chris Corrigan » My country, for thee I weep. le 9 novembre 2009 à 17:33

    [...] Jean-Sebastien. November 9, 2009 | In Being [...]