Et si on avait besoin de leaders sauvages?

La semaine dernière, en lisant Orion, mon magazine favori, j’ai découvert l’existence de Wild Gift, un organisme à but non lucratif américain qui fait vivre à de jeunes leaders des expériences en nature et offre du soutien pour l’émergence de projets. L’initiative me plaît énormément. Mais ce qui m’a le plus accroché dans ce que fait Wild Gift, ce sont ces quelques mots, que l’on peut entendre dans une séquence vidéo:

Wildness is what compels unique individuals to follow their own transforming ideas and ideals rather than conform to the status quo.

These are individuals who are grounded in an appreciation of their own individuality, their link to the natural world, and the interdependence of all life. They believe in inclusive societies that have integrity, practice sustainable lifestyles, and are mindful of their stewardship responsibility to future generations.

They are leaders who will work toward protecting wildlands and, whether they express themselves in industry, the arts, education, the environment, or the professions, toward building communities whose citizens live in harmony with each other and nature.

L’idée d’introduire l’idée de sauvagerie (wildness) dans la notion de leadership me plaît énormément. Ça fait vibrer le naturaliste en moi. Et si on regarde de plus près une des définitions du mot «sauvage», ça me plaît encore plus:

Qui se produit spontanément et de façon désordonnée, en dehors des règles habituelles (définition du dictionnaire Antidote… Le Robert en a une semblable, sauf qu’ils ajoutent le mot anarchie!)

La sauvagerie est mal vue. Rares sont ceux qui souhaitent se faire traiter de sauvage! J’aime beaucoup l’idée de réhabiliter la notion de sauvagerie et de l’appliquer au leadership.

J’ai cette idée de sauvagerie dans la tête depuis quelques jours et voilà que ce soir, je tombe sur cette citation d’Annie Dillard alors que je feuilletais un de mes livres favoris, Le monde sur le flanc de la truite (Robert Lalonde, 1997) pendant que les enfants jouaient dans le bain:

There is the possibility of beauty here, a beauty inexhaustible in its complexity, wich opens to my knock, wich answers in me a call I do not remember calling, and wich trains me to the wild and extravagant nature of the spirit I seek.

que Lalonde traduit de la manière suivante

Ici, je pressens l’imminence de la beauté. D’une beauté inépuisable dans sa complexité, qui répond à mon signal, se fait l’écho d’un appel que je n’ai pas souvenir d’avoir clamé, et me guide vers le coeur extravagant et sauvage de l’univers, après lequel je soupire de toute mon âme.

Et voilà que la sauvagerie vient prendre toute son importance! Être sauvage, c’est accepter de se livrer au chaos duquel pourra émerger la beauté. C’est aussi faire confiance à notre intelligence et notre instinct pour nous guider dans ce chaos afin de créer cette vision du futur qui balisera le chemin que nous suivrons.

Tiré par les cheveux, tout ça? Peut-être! Mais venant d’un sauvage de mon espèce, il ne faut plus se surprendre de rien ;-)

2 réflexions au sujet de « Et si on avait besoin de leaders sauvages? »

  1. Oui, accepter de se livrer au chaos et laisser émerger la beauté. Suivre le chemin que nos sens a débusqué bien avant nous.
    En tant que créatrice en arts visuelles, que curieuse devant les processus de formation du sens et des structures et en tant qu’animal les mots de Lalonde (et les tiens) sur la sauvagerie et la beauté me touchent. Je continue mon périple dans ton blogue…

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