Je ne sais pas pour vous, mais moi, je commence à en avoir assez de voir de plus en plus d’information communiquée par l’entremise de séquences vidéo. Ça me fait perdre une quantité de temps incroyable.
Ce matin, par exemple. Je suis en train d’écrire deux articles pour un magazine (Livre d’ici). Un traitera du futur du livre (entrevue avec Bob Stein) et l’autre des nouvelles avenues qui s’offrent en matière de droit d’auteur (Creative Commons en particulier). Ce matin, en relevant les fils RSS auxquels je suis abonné, j’apprends l’existence de deux vidéos dont les sujets sont en lien direct avec mes articles.
Francis Pisani parle du futur du livre (via Mario).
Lawrence Lessig (père de Creative Commons) à TED (via François).
Vite, il faut que je lise ça! Mais non, ce sont des vidéos. Bon, je vais devoir me taper presque une heure de visionnement pour accéder à une information que j’aurais pu lire en quelques minutes. Et si je veux citer des extraits, il me faut prendre des notes!
Vraiment, ça commence à m’énerver. En plus, je ne suis pas capable de garder ma concentration pendant plus de quelques minutes devant une séquence vidéo. Et ça donne quoi de voir quelqu’un parler pendant 20 minutes? Montrez-moi sa photo et laissez-moi lire ce qu’il ou elle a à dire.
Ça, c’est juste ce matin, mais si vous essayez de suivre la campagne des candidats à la mairie de Québec, vous devrez vous taper des vidéos aussi. Si au moins les candidats nous fournissaient le verbatim des vidéos, on perdrait moins de temps (de toute façon, la plupart récitent un texte qu’ils ont écrit auparavant… donnez-nous donc le texte). Peut-être qu’ils pensent que l’on ne sait plus lire? À moins qu’ils n’aient peur de faire des fautes?
Et vous, ça vous énerve toutes ces vidéos?

5 commentaires
Ça m’horripile terriblement.
En plus, ce n’est même pas indexable. Une très bonne chose, ça leur apprendra… ;)
Plus sérieusement, je pense qu’il s’agit d’un mouvement qui vient de l’aspect rassurant du vidéo pour les agences et leurs clients.
Après 5-6 ans à essayer de comprendre le Web et ses subtilités, ils ont baissé les bras et se lancent dans quelquechose de facile à expliquer : « Le Web, c’est comme la TV dans le fond, mais avec plus de postes. Et Google, c’est comme le TV Hebdo. Ah, y’a aussi du texte? Ah ben ça c’est pour les compagnies qui n’ont pas de budget! Et parlant de budget, vous comprenez que ça coûte plus cher de faire un vidéo que de simples pages HTML ennuyantes n’est-ce pas? »
Un vidéo soumis sans transcription ou résumé des points saillants en texte, ce n’est pas du Web. C’est de la télévision de mauvaise qualité transmise par protocole HTTP.
Ça m’énerve royalement moi aussi. Le temps est une denrée très (trop) rare, alors peut-on nous laisser le choix de le rentabiliser nous-mêmes ? Ah oui, c’est vrai… on a encore ce choix. Je l’ai fait ce matin en ne me tapant que quelques bribes de Francis Pisani… d’ici la fin de la journée, je n’aurai vraisemblablement pas le temps de le faire, à moins de ne pas avoir écrit ce commentaire ;-)
J’appuie Michael pour ce qui est de la télé de mauvaise qualité. On est à l’ère des HD (il y en a au moins 2 types…), alors pourquoi multiplier les vidéos compressées à l’excès pour passer sur le web ?
«Les paroles s’envolent et les écrits restent».
C’est peut-être ce qui explique ce choix un peu facile qu’est la vidéo. Moi aussi, ça m’emmerde… même si ça m’arrive d’en hyperlier ;-)
La richesse du Web est dans sa diversité. Certains préfèrent le texte, d’autres l’image, d’autres encore aiment le mélange des deux.
J’ai de la difficulté à adhérer à ton agacement, Jean-Sébastien. Après tout, rien ne t’oblige à visionner une vidéo si tu n’aimes pas. Ce n’est pas une raison pour rabaisser un moyen de communication très utile à plusieurs. Après tout, la vidéo possède des caractéristiques de communication que le texte ne saurait reproduire.
Pour ma part, je tâche de m’enrichir des deux. Le texte m’est indispensable, mais la vidéo me procure une autre fenêtre intellectuelle.
Certains sites offrent une transcription du contenu de la vidéo. Peut-être la solution à ce dilemme réside-t-elle dans les fonctions de recherche audiovisuelle dont je traitais ce matin :
http://www.opossum.ca/guitef/archives/003866.html
François, je suis bien d’accord avec toi pour ce qui est de l’importance de la diversité.
La cause de mon agacement, c’est quand je désire avoir accès à une information et que je doive absolument me taper une séquence vidéo de plusieurs minutes pour l’atteindre. Par exemple, la vidéo qui présente l’interview avec Pisani ne m’a rien apporté de plus qu’un verbatim de l’entrevue l’aurait fait mais elle m’a fait perdre du temps. Toutefois, la vidéo de la conférence de Lessig m’a apporté plus qu’un seul texte. Dans ce cas, c’est parce que Lessig est vraiment un excellent présentateur et que de voir sa présentation apporte plus que de la lire.
C’est pourquoi j’ai utilisé le terme «mode» dans le titre de mon billet. Je voulais dénoncer cette tendance qui fait que l’on filme tout en pensant que ça sera plus accessible. Les compléments apportés par Michael (en commentaire et sur son blogue) vont aussi dans le sens de ma pensée.
One Trackback
[...] Je vous invite à lire le billet de Jean-Sébastien Bouchard qui résume assez bien ce que je pense de la manie (dirais-je mode?) de mettre du vidéo partout sur le Web dès qu’on sent que le client a du budget à dépenser : La mode des vidéos m’ennuie! [...]