Permettez-moi de m’amuser un peu ce soir. Faisons comme si je venais d’être nommé DG de la fédération des coops en milieu scolaire. C’est par mes coops que passe la majorité des achats de manuels scolaires pour le postsecondaire au Québec. Donnez-moi quelques années et voilà comment je commence ma présentation lors de l’assemblée annuelle (on y a invité quelques PDG de maisons d’édition pour être gentils).
«J’aimerais vous dire d’entrée de jeu que je ne tomberai plus dans le panneau. Si les éditeurs qui offrent des manuels aux étudiants des cégeps et des universités du Québec continuent à emprisonner leurs contenus dans des livres et à les immobiliser avec des copyrights, je ne suis plus intéressé. Faites ce que vous pensez être le mieux pour votre industrie. Je resterai poli, je dirai merci mais je ne commanderai pas. Je ne laisserai pas notre organisation investir un sou de plus pour gérer les commandes, les stocks et les retours de livres qui ne correspondent plus aux besoins des étudiants. Je n’ai plus de temps ni d’argent à consacrer à de pathétiques manoeuvres qui visent plus à contrôler qu’à bâtir de la valeur pour le client. La vie est trop courte. Je veux faire triper mes clients, pas les faire chier.»
Baveux? Oui… et ce n’est pas d’hier! Complètement fou? Peut-être un peu, mais pas tant que ça quand on observe un peu ce qui se passe dans l’industrie de la musique qui, elle, a été frappée par la révolution numérique bien avant celle de l’édition.
Pas plus tard qu’hier, Ian C. Rogers, responsable de Yahoo Music parlait devant des gens de l’industrie de la musique et voici ce qu’il leur a dit:
“I’m here to tell you today that I for one am no longer going to fall into this trap (en parlant des systèmes de protection anti-copie). If the licensing labels that offering their content to Yahoo! put more barriers in front of the users, I’m not interested. Do what you feel you need to do for your business, I’ll be polite, say thank you, and decline to sign. I won’t let Yahoo! invest any more money in consumer inconvenience. … I personally don’t have any more time to give and can’t bear to see any more money spent on pathetic attempts for control instead of building consumer value. Life’s too short. I want to delight consumers, not bum them out.”
Vous voyez bien que quand je rêve, c’est toujours à partir de ce que j’ai lu ou vu dans les heures précédentes (même si parfois ça a l’air totalement surréaliste)!
Merci à Michael d’avoir porté à mon attention l’extrait de la présentation de Ian Rogers.
