Oui, je tends vers la gauche. Toutefois, je ne me reconnais pas dans la gauche d’aujourd’hui. Remarquez que je me reconnais encore moins dans la droite et que, pour moi, le centre ne veut rien dire.
Est-ce que ce sont les politiciens de ma génération (ceux qui seront au pouvoir dans un horizon d’une dizaine d’années), et dont je ferai peut-être partie, qui réinventeront la gauche au Québec et la porteront au pouvoir? Je le souhaite!
L’an dernier, j’avais apprécié le papier de Michel Venne paru dans Le Devoir et intitulé Être de gauche:
La gauche ne peut pas se définir à partir d’un ensemble de politiques prédéterminées qui constitueraient à ses yeux le bien commun. Son avenir réside, au contraire, dans sa capacité à proposer des mécanismes de définition collective du bien. La gauche se réinventera si elle invente la nouvelle démocratie.
L’homme et la femme de gauche seraient ceux capables de réunir l’écologiste, le chef autochtone, le syndicaliste, le député, l’entrepreneur et l’altermondialiste et de les amener à définir, par la négociation, ce qui permettra de préserver, le plus longtemps possible, les conditions de liberté du plus grand nombre.
Il s’agit d’une position insécurisante et extrêmement exigeante, plus difficile à défendre dans un clip de 15 secondes à la télévision que le simplisme d’un Stephen Harper ou d’un George W. Bush. Contre le simplisme de la droite, un simplisme de gauche sera toujours perdant. Contre le simplisme, on ne peut opposer que la complexité. Je sais, pour un tacticien partisan, ce n’est pas facile. Mais c’est la seule politique satisfaisante.
Je viens de terminer la lecture du texte de Jean-François Lisée paru dans l’Actualité du 1er novembre 2007 (il faut acheter le magazine pour lire). Sa description de la gauche efficace active mes neurones de gauche et ma fibre entrepreneuriale en même temps. C’est bon signe… il doit y avoir quelque chose d’intéressant là-dedans! Voici un extrait de la conclusion.
… la droite a la foi dans les vertus du marché, du privé. Pour elle, réduire l’État est un objectif en soi, car ce retrait laisse place à l’individu et à l’entrepreneur, seuls vrais créateurs de richesse.
[…]
Pour la gauche classique, la protection des acquis et une culture forte de l’égalité sont des aiguillons essentiels. Elle se méfie des réflexes individuels et préfère confier à l’État le soin de régenter le progrès social et économique. Elle se méfie d’ailleurs de la richesse et en particulier des entrepreneurs et des entreprises.
Ce qui distingue (ou devrait distinguer car je l’invente un peu à mon gré) la gauche efficace, ce sont le pragmatisme et l’innovation au service du bien commun.
L’histoire humaine nous apprend que l’appât personnel du gain, la prise de responsabilité et de décision, l’émulation avec l’autre sont des ressorts essentiels pour l’innovation.
Introduisons-les dans le secteur public, faisons des salariés des entrepreneurs intéressés et engagés, et voyons le résultat…
Quand nous en aurons assez de porter des comptables au pouvoir, peut-être qu’une nouvelle gauche pourra émerger: entrepreneuriale, efficace, ouverte, juste, intelligente et pragmatique.
2 réponses pour le moment ↓
1 Andrée Pelletier // 23 octobre 2007 à 8:52
Cet article était effectivement très intéressant, certainement plus intéressant que les «15 idées pour un Québec fort» de Daniel Audet.
Je n’ai pas encore fait le test «êtes-vous de la gauche efficace?». C’est rigolo!
2 Guillaume Lamy // 2 décembre 2007 à 14:51
Écoutez une entrevue avec Michel Venne à propos de la gauche efficace.
http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=29
Bonne écoute
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