La nature d’une nouvelle entreprise

Carnet d’observations de Jean-Sébastien Bouchard

La nature d’une nouvelle entreprise header image 2

Développement durable dans la société de l’information

12 octobre 2007 · Pas de commentaire

Les défis du développement durable sont énormes. On s’en rend actuellement compte au Québec quand on voit le tiraillement entre les défenseurs des trois pôles de développement. Les économistes, les environnementalistes et les acteurs du développement social tirent chacun la couverture de leur côté. On ne voit que très peu d’intervenants qui ont une vision plus large et qui peuvent participer au débat de manière constructive. Pendant ce temps, les milieux d’affaires crient à l’immobilisme.

À la base de toute cette incompréhension se trouve fort probablement un problème de connaissance. Rares sont ceux qui peuvent à la fois comprendre les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Et encore plus rares sont ceux et celles qui ont un pouvoir de décision et qui savent faire preuve d’une profondeur de réflexion qui leur permettrait d’analyser les enjeux de manière éclairée et rationnelle.

Là repose un des grands défis du développement durable et de la vie dans la société de l’information: comment pourrons-nous rendre la connaissance accessible et digestible au plus grand nombre et ainsi stimuler l’autonomisation, l’ouverture et la réflexion dans toutes les strates de la société?

C’est de la connaissance et la compréhension des enjeux que peut naître la transformation. Et pour réussir à entrevoir un futur durable et souhaiter agir pour le créer, il faut avoir plus que des réclames de vendeurs d’autos hybrides dans la tête. Et il faut des leaders qui savent naviguer dans la société de l’information pour accompagner la population dans son parcours d’accès à la connaissance.

Dans un tel contexte, les réflexions que propose Gilles Berhault, président de l’Association communication et information pour le développement durable et organisateur du Forum économique international technologies de l’information et développement durable (TIC21), arrivent au bon moment. Il se questionne sur la pertinence de la démarche de consultation du ministère français du Développement durable dans le cadre des Grenelles de l’environnement. Il se questionne également sur les habiletés nécessaires pour faire de la politique dans la société de l’information. Je lui laisse la parole.

Si la démarche globale du Grenelle de l’environnement est passionnante à bien des égards, elle oublie complètement que nous vivons dans une société de l’information. Elle oublie aussi qu’on ne peut débattre aujourd’hui sans utiliser, entre autres, l’internet. Évidemment, un “forum internet” grand public est prévu… pour débattre a posteriori des conclusions des experts ! Une méthode qui donne bien peu de crédit à la créativité collective.

[…]

Cette démocratie représentative-là a-t-elle encore du sens ? Les responsables politiques, à l’heure du 2.0, vont-ils enfin changer de comportement ? Il est temps pour eux de comprendre qu’ils doivent maintenant changer de métier, devenir plutôt des animateurs de réseaux et des administrateurs. Ils n’ont plus à avoir raison tout le temps pour tout le monde.

Un des points frappants de la rencontre entre l’internet et le développement durable pose pourtant clairement le problème du niveau de compétence des “politiques”. Les parlementaires, sur ces deux sujets, sont en moyenne moins compétents que la moyenne des Français.

Quatre défis majeurs s’ouvrent à nous, et nous devons en convaincre les décideurs du Grenelle de l’environnement :

  • Le premier est scientifique : de quelles technologies disposons-nous pour combattre les changements climatiques ?
  • Le deuxième est celui de la participation : comment impliquer les citoyens, les acteurs économiques, les professionnels, les enseignants… ? Comment les encourager à changer de comportement ?
  • Le troisième enjeu est économique et social : comment ne pas rater l’exceptionnelle opportunité que représentent aujourd’hui les clean tech (technologies propres) en termes de création de croissance et d’emplois ?
  • Enfin, se pose évidemment la question de l’éducation à la société de la connaissance, du lien culturel, de la place de la création…

Depuis un an, la prise de conscience de la dégradation de la planète a progressé, inquiétante, urgente. Al Gore et sa Vérité qui dérange, Nicolas Hulot et son Pacte écologique, mais aussi l’économiste britannique Nicholas Stern auteur du rapport éponyme sur le réchauffement climatique, et bien d’autres, ont fait comprendre à tous que la situation est dangereuse, que le climat change, que les maladies se développent, que la situation économique est tendue… et qu’il faut agir vite. Et que pour agir efficacement, il faut agir ensemble.

C’est bien d’ailleurs toute la difficulté des démarches de développement durable : “je veux bien changer mes comportements, mais si l’autre le fait en même temps”. Évidemment, c’est la faute à l’État, la faute aux entreprises, la faute au voisin avec son gros 4×4…

Nous avons besoin de comprendre des situations complexes en évolution permanente, de mettre en place des réseaux sociaux pour partager, de trouver des idées et des solutions à des problèmes très particuliers, de renforcer tous les systèmes démocratiques et participatifs.

On pourrait peut-être le dire autrement : il est temps de partager les analyses, les technologies et leurs usages entre les acteurs de la société de l’information et ceux du développement durable.

Pour lire le texte de Gilles Berhault au complet, c’est ici: Pour répondre au défi du développement durable, il faut répondre à celui de la société de la connaissance !

En guise de conclusion, je laisse la parole à Francesco di Castri:

Loin de minimiser son rôle, comme le prétendent quelques politologues, l’État [dans la société de l’information] doit assumer une fonction beaucoup plus noble et plus grande que celle d’une impossible planification stricte et uniforme. Il doit donner à tous les citoyens, dans la diversité de leurs aspirations et de leurs potentialités, la possibilité de s’épanouir constamment, de donner le meilleur d’eux-mêmes, de comprendre le sens du développement et de retrouver ainsi des repères et des motivations propres. Par l’accès incessant à la connaissance, l’État doit donner à la population les moyens de s’adapter sans cesse à des changements inévitables, en stimulant la force citoyenne, la solidarité, la confiance et la responsabilisation active. (tiré de Développement dans la société de l’information)

Catégorie(s) : Démocratie, citoyenneté et politique · Entrepreneuriat et leadership · Nature et environnement · Société de l'information

0 réponse pour le moment ↓

  • Il n'y a pas encore de commentaires. N'hésitez pas à utiliser le formulaire ci dessous.

Laisser un commentaire