Imaginer le livre comme une conversation

Plusieurs des initiatives les plus prometteuses pour l’avenir du livre viennent ces temps-ci de l’Institute for the Future of the Book. J’ai eu l’occasion d’expérimenter Sophie dans un récent projet et il y a dans cet outil plein de potentiel pour faire évoluer les pratiques des lecteurs, des écrivains et des éditeurs.

J’avais bien hâte de pouvoir expérimenter CommentPress, un thème pour WordPress qui permet de commenter au niveau du paragraphe:

CommentPress is an open source theme for the WordPress blogging engine that allows readers to comment paragraph by paragraph in the margins of a text. Annotate, gloss, workshop, debate: with CommentPress you can do all of these things on a finer-grained level, turning a document into a conversation. It can be applied to a fixed document (paper/essay/book etc.) or to a running blog. This site is presented in « document » mode.

CommentPress

C’est aujourd’hui que le thème est lancé et offert à tous. Voici un extrait de l’annonce faite sur le blogue de l’institut, if:book:

This little tool is the happy byproduct of a year and a half spent hacking WordPress to see whether a popular net-native publishing form, the blog, which, most would agree, is very good at covering the present moment in pithy, conversational bursts but lousy at handling larger, slow-developing works requiring more than chronological organization—whether this form might be refashioned to enable social interaction around long-form texts.An important last thought, however.

While CommentPress presents exciting possibilities for social reading and writing on the Web, it is still very much bound by its technical origins, the blog. This presents significant limitations both in the flexibility of document structures and in the range of media that can be employed in writing and response. Sure, even in the current, ultra-basic version, there’s no reason a CommentPress document can’t incorporate image, video and sound embeds, but they must be fit into the narrow and brittle textual template dictated by the blog.

All of which is to say that we do not view CommentPress or whatever might grow out of it as an end goal but rather as a step along the way. In fact, this and all of the experiments mentioned above were undertaken in large part as field research for Sophie, and they have had a tremendous impact on its development. While there is still much work to be done, the ultimate goal of the Sophie project is to make a tool that handles all the social network interactions (and more) that CommentPress does but within a far more fluid and easy-to-use composition/reading space where media can mix freely. That’s the larger prize. For the moment though, let’s keep hacking the blog to within an inch of its life and seeing what we can discover.

Avec un projet de la sorte, on commence à s’élever au-dessus de la bebelle (les lecteurs de e-books) pour inventer une façon d’amplifier les usages du livre traditionnel. On s’engage dans l’édition sociale, dans les réseaux de production, d’annotation et de négociation de la connaissance. Et quand on aura inventé des usages pertinents et amplificateurs de l’expérience du livre traditionnel, là on pourra probablement imaginer l’outil qui fera passer ces usages dans le grand public.

Reste encore toutefois à se questionner sur l’aspect environnemental de tout ça (les lecteurs faits de plastique et autres matériaux de synthèse), mais c’est un tout autre débat auquel je souhaite consacrer un peu de temps dans un futur rapproché. Mais avant ça, il faudra que je trouve du temps pour tester CommentPress!

En terminant, si vous ne l’avez pas encore lu, je vous suggère le texte que Frédéric Kaplan a publié et qui laisse entrevoir des usages du livre assez similaires.

Une réflexion au sujet de « Imaginer le livre comme une conversation »

  1. J’ai à l’oeil le développement de ce modèle depuis quelques temps et j’ai beaucoup d’attentes à son sujet.

    Je pense qu’il convient non seulement de s’interroger sur les réseaux qui se développeront autour des livres à partir d’outils de ce type, mais également sur les changements que ceux-ci amèneront à la relation entre l’auteur et les lecteurs.

    Il est même possible que cela change la nature des auteurs — i.e. que cela donne le goût à des gens qui ne sont pas auteur aujourd’hui de le devenir et que cela décourage des gens qui le sont à ne pas poursuivre.

    On peut aussi s’interroger sur la nature de l’oeuvre — continuellement évolutive ou « un arrêté dans le temps » de la réflexion d’une personne (ou d’un groupe de personnes) sur un sujet donné.

    Fascinant.

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