Le futur a toujours été incertain. Même quand les ressources naturelles et énergétiques sont abondantes, que le climat est stable et qu’il n’y a pas trop de perturbations géopolitiques, les organisations doivent faire appel à de nombreux outils pour réduire le risque associé aux décisions qu’elles prennent. Le futur qui nous attend risque toutefois d’être bien plus imprévisible que celui que nos parents et grands-parents ont eu à affronter. Le réchauffement climatique, un possible pic pétrolier et les instabilités sociales et économiques qui risquent d’en découler sont des éléments qui viennent faire en sorte que notre futur laisse présager un large éventail de possibilités dont plusieurs sont assez catastrophiques.
Face à un futur incertain et annonciateur de profonds bouleversements, les organisations, si elles souhaitent survivre, n’auront pas le choix de se transformer. Elles devront être plus clairvoyantes et laisser plus de place à la connaissance et à la circulation de l’information. Elles devront aussi devenir plus responsables et s’investir dans la résolution des problèmes qu’elles auront contribué à créer.
La démarche que j’ai entreprise en juin dernier m’amène à me questionner, à discuter et à réfléchir sur le rôle que je veux jouer dans le futur. J’ouvre plusieurs portes, j’allume de petits feux ça et là. Il n’est pas dit que je ne choisirai pas la semaine prochaine de franchir une porte qui sera ouverte et de me consacrer à un sujet en particulier pendant plusieurs années. Il n’est pas impossible non plus qu’il me faille encore plusieurs mois avant qu’un futur se laisse entrevoir et que je prenne la décision de m’y investir. Une chose est certaine toutefois, c’est que quand j’aurai franchi le seuil d’une porte, je ne reviendrai pas en arrière!
Quand je me projette dans le futur et que j’imagine le rôle que je désire jouer, il y a un mot qui me revient souvent à l’esprit: facilitateur. De plus en plus, je vois le leadership comme une fonction enzymatique qui permet que «les choses se passent plus facilement». Pour que les choses se passent bien, le leader doit faire en sorte que l’information circule et se rende aux bons endroits. Il travaille donc avec trois outils pour faciliter la circulation de l’information: des moteurs, des aimants et des clés. Avec les moteurs, il accélère les flux d’information; avec les aimants, il attire l’information dans des endroits stratégiques et avec les clés, il ouvre les portes qui ont été placées sur le chemin. Des filtres? Pas besoin: l’écosystème dans lequel l’information circule se chargera de filtrer! Bien différent que ce que font aujourd’hui la plupart des leaders avec l’information: ils l’attirent vers eux pour la filtrer et la redistribuer au compte-gouttes par la suite.
Je lis ces jours-ci Solving Tough Problems: An Open Way of Talking, Listening, and Creating New Realities par Adam Kahane. Le rôle du facilitateur y est abondamment discuté et je me demandais comment je pourrais le résumer en quelques lignes. Voilà que Dale Arseneault, un blogueur d’Ottawa, vient aujourd’hui me donner un bon coup de main. Dans Facilitation – At the root of it all, il présente une description tirée du livre The Art of Facilitative Leadership: Maximizing Others’ Contributions de Jeffrey Cufaude.
Selon Cufaude, le leader qui joue un rôle de facilitateur se distingue par les éléments suivants (j’ai traduit librement de l’anglais):
- Il fait des liens et aide les autres à voir plus clairement.
- Il montre la direction sans toutefois prendre le contrôle.
- Il gère les contenus et les processus (je n’aime pas le mot «gérer» ici… managing était utilisé en anglais).
- Il invite à l’ouverture et à la rétroaction pour faire émerger les non-dits, les croyances, les pensées souterraines et les réflexes inconscients.
- Il se concentre sur le développement de la capacité des individus et des groupes à gagner en autonomie, maintenant comme dans le futur.
Bon, assez blogué pour aujourd’hui! J’aurai assurément l’occasion de reparler du rôle de facilitateur… surtout que je vais passer une semaine avec Adam Kahane en juin prochain :-)

2 commentaires
Reprenant l’image de l’aimant, il y a des leaders qui attirent et d’autres qui repoussent. Dans une société scolarisée, c’est une fort mauvaise stratégie que d’imposer des lignes de conduites. Par ailleurs, les mécontents savent très bien recourir aux nouvelles technologies de la communication pour contrer les tyrans. Par conséquent, le leader qui sait rallier une équipe a beaucoup plus de chances de réussir.
Le leadership est une qualité fort complexe et difficile à développer. Je suis tout à fait d’accord, cependant, que la circulation de l’information est un élément clé. J’ai d’ailleurs bien aimé l’image des trois outils (moteur, aimant, clé).
Je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle avec le discours de nos chefs politiques : beaucoup plus de contrastes que de comparaisons.
Billet très intéressant…
J’ai pris note des références pour mes prochaines lectures. Je réalise qu’il y a plusieurs points communs dans nos démarches. J’ai hâte d’avoir des nouvelles de ta formation avec Adam Kahane.
Merci de nous partager ton cheminement et tes réflexions ici. C’est très « méta » comme approche. ;-)