La nature d’une nouvelle entreprise

Carnet d’observations de Jean-Sébastien Bouchard

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L’édition en pleine transformation

12 février 2007 · Pas de commentaire

Ce n’est pas si évident que ça si on se contente d’observer ce qui se fait au Québec, mais le milieu de l’édition vit d’importantes transformations. Principalement aux États-Unis, mais aussi en Europe, les entreprises d’édition (magazines, livres et journaux) deviennent des «facilitateurs de création et de diffusion de connaissances» plutôt que des «machines à fixer le savoir sur papier».

De plus en plus d’éditeurs comprennent qu’ils trouveront un avantage concurrentiel à utiliser leur marque de commerce pour «approuver» la connaissance qui est générée sur le web. Ils ne pourront plus emprisonner les contenus qu’ils créent dans un magazine papier ou encore les laisser filtrer au compte-gouttes sur leur site web (comme le fait Cyberpresse, par exemple). Ils devront imaginer des façons de générer des revenus tout en participant de manière active et ouverte à faire émerger un sens de la masse d’information qui est actuellement produite (et il s’en produit de plus en plus chaque jour).
Récemment, un V-P du groupe IDG (PCWorld, Macworld, GamePro) discutait sur son blogue de la transformation qu’est en train de subir l’entreprise. Voici un extrait de son billet (traduction libre):

Dans le passé, les médias contrôlaient le contenu et le poussaient vers les abonnés. Aujourd’hui, ils ont à évoluer dans un monde d’interactions sociales, de réseaux et d’initiatives collectives rendus possibles par internet.

Les acteurs les plus clairvoyants du monde des médias vont imaginer des moyens de donner à leur audience la liberté de créer et de partager leur connaissance et de la remodeler (le terme anglais mash it up est plus approprié ici) d’une manière qui saura captiver les utilisateurs.

Nous devons devenir des facilitateurs autant que des créateurs de contenu — nos marques sont reconnues et synonymes de qualité et ont une audience qui leur est fidèle — ce sont nos avantages concurrentiels, mais nous ne pourrons miser sur ces avantages que si nous écoutons vraiment nos communautés et leur fournissons des environnements dans lesquels ils pourront générer des contenus et participer à des conversations.

Imaginer la transition de l’imprimé vers le numérique n’est qu’un départ. L’information que nous produisons, rassemblons et contribuons à créer sera de plus en plus appelée à être consommée sur des écrans — ordinateurs, téléviseurs, iPods, téléphones, etc. La plupart de ces supports sont plus appropriés pour diffuser des images et du son que du texte. Encore plus de défis que notre organisation aura à relever!

Vraiment intéressant!
En passant, si l’avenir de l’édition universitaire vous intéresse et que vous avez quelques minutes, il vous faut lire (ou écouter) Evolution, Intelligent Designers, Climate Change,and the Scholarly Publishing Ecosystem, une présentation donnée par Michael Jon Jensen, directeur des technologies de l’édition pour la National Academies Press et dans laquelle le rôle d’approbateur de contenu des éditeurs est également abordé.

Catégorie(s) : Société de l'information

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