Un cycle naturel, le réchauffement climatique?

Le consensus au sein de la communauté scientifique internationale est de plus en plus évident: le climat de la planète se réchauffe et l’activité humaine en est la cause (pour plus de détails, consulter l’article Scientific opinion on climate change sur Wikipedia). Toutefois, au sein de la population, il y a encore beaucoup de doutes qui persistent au sujet de notre influence sur le climat. Un de ces doutes qui s’exprime fréquemment est que le réchauffement que l’on observe actuellement n’est que le résultat d’un cycle naturel et que nos activités n’y sont pour presque rien.

Mais comment peut-on en avoir le coeur net? Et bien il faut pouvoir
comparer la tendance actuelle avec les différents épisodes cycliques de
changements climatiques qui ont eu lieu dans le passé. C’est justement
ce qu’a fait une équipe de scientifiques américains en rassemblant des
données qui nous permettent de voir l’évolution du climat sur une
période de 1,37 million d’années (pour consulter l’article: Global temperature change).
Les données récentes proviennent des stations météorologiques alors que
les autres sont estimées à partir du contenu en magnésium de fossiles
de foraminifères (une méthode qui permet d’atteindre une précision de
près de 1°C).

Hansen

Ils ont ainsi observé que la température moyenne de la Terre a
augmenté d’environ 0,2°C par décennie au cours des 30 dernières années
et que l’atmosphère terrestre est présentement presque aussi chaude que
la plus haute valeur du dernier million d’années (il y a 400 000 ans
environ). Ils concluent qu’un réchauffement climatique de 1°C par
rapport à la température moyenne de l’an 2000 représenterait un
changement climatique dangereux puisqu’il aurait fort probablement des
effets sur le niveau des océans et sur la biodiversité (extermination
d’espèces).

Il est très intéressant de voir que l’on a de plus en plus
d’information crédible pour soutenir la thèse du réchauffement
climatique causé par les activités humaines et ainsi avoir des
munitions pour combattre les sceptiques. Nous sommes en train de sortir
de la phase «est-ce que c’est vrai?» pour se diriger rapidement vers
l’étape «bon, c’est vrai, il faut maintenant agir rapidement».
J’assistais d’ailleurs hier à une conférence sur les changements climatiques à laquelle a participé Jean Lemire
(vidéo chat depuis le Sedna IV en Antartique) et ce qu’il disait allait
aussi dans ce sens: le réchauffement climatique est maintenant
incontestable et il faut agir au plus vite!

En terminant, deux citations (traduites de l’anglais) qui résument les conclusions des auteurs de l’article Global temperature change:

Le
réchauffement climatique pourrait provoquer le relâchement de grandes
quantités de gaz à effet de serre (GES) lors, par exemple, de la fonte
du pergélisol [...] Certaines des plus importantes extinctions qui ont
eu lieu dans l’histoire de la Terre pourraient avoir été causées par de
tels relâchements de GES. Même si des relâchements de GES aussi
désastreux que ceux-ci peuvent prendre plusieurs siècles avant de
survenir, notre ignorance des rétroactions climatiques associées aux
GES commande la prudence dans l’estimation des critères pour éviter une
«interférence antropogène [provoquée par l'homme] dangereuse»

[...]

L’inférence d’imminents changements climatiques dangereux
pourrait stimuler la discussion au sujet de «solutions technologiques»
pour réduire le réchauffement climatique. La notion de telles
«solutions» est dangereuse si elle amène une réduction des efforts pour
réduire les émissions de CO2 mais il faut garder en tête
qu’il serait irresponsable de ne pas considérer toutes les actions qui
permettraient de minimiser les effets du réchauffement climatique.

C’est par The Loom: Historical Heat que j’ai pris connaissance de l’existence de cet article.

1 commentaire

  1. Publié le 3 novembre 2006 à 12:34 | Permalien

    Salut JSB
    Très intéressant et instructif ce billet.