Publier puis sélectionner plutôt que sélectionner puis publier

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Plusieurs observateurs du milieu de l’édition commencent à «sentir» le vent tourner et à évoquer l’émergence de nouveaux modèles de publication. Les blogues, le logiciel libre, Wikipedia et la culture de réseau sont des phénomènes que les éditeurs ne peuvent plus ignorer, et ils les ignorent de moins en moins (ça ne paraît peut-être pas encore mais ils réfléchissent!). Au Québec, l’acquisition de Chenelière éducation par Transcontinental et l’arrivée de Nathalie Larivière à la tête de Médias Transcontinental, donnent lieu, au sein des gens proches du milieu, à bon nombre de discussions et de spéculations sur l’évolution de l’industrie.

Un texte publié récemment sur le blogue Many to Many par Paul B Hartzog donne un aperçu d’une des voies dans lesquelles les éditeurs pourront s’engager dans les prochaines années (mois?).

Voici quelques extraits de Social Publishing (traduction libre, l’original est en anglais):

Ce que je crois voir apparaître, c’est un renversement de l’édition
traditionnelle, c’est-à-dire la transformation du système dans lequel
les auteurs créent et distribuent leur oeuvre. Dans le système
traditionnel, il est reconnu que le processus de publication joue un
rôle de filtre pour assurer la qualité (voir à ce sujet The Myth of Quality Control),
mais au bout du compte ce n’est qu’un filtre qui permet de capturer les
profits. Idéalement, on devrait partir du principe qui veut qu’«un bon
livre se vendra bien». Toutefois, on en est rendu à plutôt croire que
«tout livre qui se vend bien est bon». Cette façon de voir les choses
nous amène à évacuer tous les autres critères de qualité et à seulement
juger de la qualité d’un ouvrage par la quantité de ses ventes.


Par contre, dans le nouveau système, les oeuvres sont librement
accessibles et c’est à la communauté que revient la tâche de juger de
leur niveau de qualité. Dans ce système en émergence, les auteurs
créent et distribuent leurs oeuvres et les lecteurs, de manière
individuelle et collective (ce qui inclut les fans de l’auteur aussi
bien que les éditeurs et les pairs), révisent, commentent, évaluent et
étiquettent tout. Ceci est déjà vrai sur des sites comme LibraryThing et BooksWeLike.


L’état actuel des grands empires d’édition du vingtième siècle nous
amène à nous demander si nous ne verrons pas bientôt émerger un nouveau
modèle d’édition et avec lui une nouvelle forme de maison d’édition qui
vivra au coeur d’une communauté et qui favorisera la création de liens
entre les auteurs et les lecteurs (alors que plusieurs d’entre eux
jouent les deux rôles de toute façon).

Et il termine en citant  Michel Bauwens, de la P2P Foundation:


C’est l’individu lui-même qui est la personne la mieux placée pour
connaître la nature de ce qu’elle peut apporter comme contribution; et
ses pairs valident ensuite cette contribution. Ainsi, le modèle
traditionnel est mis sens dessus dessous. Il n’y a pas de sélection à
priori, seulement une fois le fait accompli. C’est le modèle que l’on
observe dans le journalisme citoyen et dans des projets comme
Wikipedia, par exemple. Publier et ensuite sélectionner plutôt que
sélectionner puis publier.

Il reste encore beaucoup travail à effectuer pour imaginer des modèles d’affaires qui permettront aux grands éditeurs de générer des profits avec le numérique mais une chose est certaine: il y aura encore de l’action dans le monde de l’édition dans un futur rapproché!

Photo par Dayna Bateman.

1 commentaire

  1. Publié le 22 septembre 2006 à 12:18 | Permalien

    Bonjour,
    En effetm je crois qu’il faut éviter d’ignorer les nouveaux médias électroniques dans le milieu de l’édition. Je suis moi-même un auteur et avec mon blog qui est en existence depuis juin 2005 je suis en mesure de vérifier que très peu de mes visiteurs osent commander des livres en ligne. Je crois que, par exemple, si on offrait un prix pour accéder à un livre publié sur le net les gens se sentiraient plus en confiance pour acheter ou payer pour avoir accès aux textes. Par exemple, pous les clients de la France, je crois que ce nouveau moyen pourrait leur faciliter la tâche.
    Bonne journée
    Eric Veillette