Apprendre pour durer

Learning for Sustainability

Peter Senge est bien connu des pédagogues et des spécialistes en management à titre de père du concept des organisations apprenantes (concept décrit dans l’ouvrage The Fifth Discipline). Dans Learning for Sustainability, il propose, en collaboration avec certains de ses proches collaborateurs, une série d’essais sur le concept de la soutenabilité.

L’introduction, rédigée par Peter Senge, laisse entrevoir une lecture très stimulante. Toutefois, les chapitres suivants, rédigés par ses collaborateurs, sont beaucoup moins inspirants. Avant de parler de ce qui est moins captivant, voici quelques extraits de l’introduction dont le titre est The Fifth Discipline Meets Sustainability (le livre est en anglais… je me suis permis de traduire) :

Pour les leaders du milieu des affaires, ceci [se diriger vers la soutenabilité] demande un changement de mentalité. Il s’agit de passer d’un état complaisant dans lequel on «ne fait pas de mal» à une attitude agressive de création de produits, de procédés, de modèles d’affaires et d’entreprises qui créent réellement une richesse durable et fortifiante et qui laissent les communautés, et les systèmes vivants à plus grande échelle, en meilleure condition.

En utilisant notre force créative et en collaborant, nous pouvons créer un monde que nous serons fiers de léguer à nos petits-enfants. Nous en avons la capacité il n’en tient qu’à nous de faire le choix de l’exercer. Plusieurs individus et organisations ont déjà fait ce choix.

Nous devons travailler ensemble pour créer des organisations vivantes, complices des environnements social et naturel. Le terme inspirer signifie «insuffler la vie à l’intérieur de». Notre but est d’inspirer des agents de changement: des gens qui sont conscients de l’importance de la soutenabilité, mais qui savent aussi que nous avons tous beaucoup à apprendre au sujet de ce que cela signifie et qui comprennent qu’il faudra travailler fort pour réussir à changer le cours des choses.

Voilà! Le message est là: inspirer des gens qui deviendront des agents de changement et qui travailleront avec acharnement à modifier en profondeur les organisations pour les faire cheminer vers la soutenabilité. Ça, c’est un message positif et porteur d’avenir (contrairement à d’autres qui se résignent à s’en aller à la campagne avec un fusil et une réserve de patates)!

Le reste du livre présente des études de cas sur des entreprises au sein desquelles des agents de changement sont à l’oeuvre. La plupart de ces agents de changement sont des intrapreneurs au sein de grandes organisations (l’ami Michaël a d’ailleurs publié hier un texte intéressant sur le rôle des intrapreneurs: Un intrapreneur est une personne dérangeante, mais utile). On présente également des techniques de développement organisationnel qui peuvent aider à stimuler l’apparition d’une attitude favorable au changement. C’est intéressant mais, à mon avis, pas à la hauteur de ce que laisse présager l’introduction. Peut-être est-ce parce que Senge est un bon rédacteur et qu’il sait inspirer? C’est possible. L’ouvrage réussit toutefois très bien à atteindre son objectif: il saura stimuler des agents de changement. Et j’imagine que les gens qui sont plus directement touchés par les études de cas y trouveront une source d’inspiration supplémentaire.

Bref, une lecture qui pointe dans une direction qui me plaît beaucoup. Elle rejoint plusieurs des thèmes qui teintent mes réflexions des derniers mois et qui, je l’espère, coloreront mes actions dans le futur:

  • Quel monde veut-on laisser à nos enfants?
  • Le fatalisme ne réglera rien; la créativité peut changer le cours des choses (mais ça prend beaucoup de travail!).
  • Il faut rallier des leaders du monde des affaires à la cause de la soutenabilité.
  • C’est l’addition de multiples actions qui permettra d’atteindre le point de bascule.
  • Il ne faut pas attendre que le changement vienne d’ailleurs, c’est notre responsabilité à chacun de travailler à changer le Monde (et il y a bien un ou une qui réussira en jour!).
  • Il faut inspirer les gens pour qu’ils se mettent à agir.

Vous devez bien vous douter que j’ai fait une carte heuristique (mind map pour nos amis français) pour résumer le tout! Le logiciel que j’utilise, Nova-Mind, a été mis à jour au début de la semaine et je peux maintenant mieux régler l’impression alors voici deux versions:

1 commentaire

  1. Jean-Sébastien
    Publié le 13 septembre 2007 à 22:02 | Permalien

    Tiens tiens, je relis le texte un an plus tard et je note un passage qui ne m’avait pas frappé à l’époque: «Nous devons travailler ensemble pour créer des organisations vivantes, complices des environnements social et naturel.»
    Le chemin que j’ai fait depuis m’a amené à peu près là avec les concepts de nature, culture et lieu ainsi que la superposition des zones d’activité économique et de forte biodiversité.
    Et les mots «ensemble» et «complices» que j’avais choisis pour traduire sont tout à fait appropriés!