Thèmes centraux de ma démarche

Pour bien comprendre les thèmes qui orienteront ma démarche, commençons par un peu d’histoire!

J’observe et identifie la nature qui m’entoure depuis mon tout jeune âge. Dès que j’ai su lire, j’ai souligné le mot biologiste dans le dictionnaire. Au cégep, je passais plus de temps à lire des traités d’histoire naturelle qu’à aller à mes cours. J’ai même été refusé en biologie à l’université tellement mes notes du début de mon cégep étaient faibles! J’ai quand même réussi à me faire admettre à l’université et j’ai été, je pense, un très bon étudiant. Je connaissait bien mes oiseaux alors j’ai eu des jobs d’été assez trippantes: inventaires d’oiseaux à la Baie-James et capture de Grand Pics dans un parc national.

Quand est venu le temps de choisir un projet de maîtrise, j’ai décidé d’aller avec celui que je considérais comme étant le meilleur prof du département, Jacques Larochelle. Il ne travaillait pas en écologie animale, mon domaine de prédilection, mais étudiait l’écophysiologie des animaux. La créativité et l’originalité des projets de recherche des étudiants qui travaillaient avec lui m’attiraient énormément. Pendant que je débutais ma maîtrise, j’ai aidé des amis qui voulaient publier des livres. Je faisais leur mise en page (je m’étais fait la main sur le journal étudiant du département de bio) et participais aux concepts éditoriaux.

Un jour, quelqu’un de mon entourage a vu en moi un candidat pour la relève de son entreprise. Il était éditeur. Il m’a proposé d’aller travailler avec lui et j’ai accepté. Exit la maîtrise, bienvenue le monde des affaires! Je m’inscris à un diplôme de second cycle en administration et me voilà représentant pour une maison d’édition de manuels scolaires.

De fil en aiguille, j’ai gravi les échelons jusqu’à diriger la boîte (sous l’oeil bienveillant de mon patron qui se dirigeait progressivement vers la retraite). J’ai essayé 2 fois d’acheter l’entreprise, avec partenaires et capital de risque et tout le tralala de la fin des années ‘90. Finalement, j’ai renoncé à acheter et conseillé aux actionnaires de vendre à un «gros joueur». Ce fût fait et après avoir participé à l’intégration et refusé un bel emploi à Montréal, j’ai fondé Opossum avec mes amis CFD et Clément.

Et hop, un nouveau domaine: celui de la technologie et, surtout, du «web social». Mes collègues étant des précurseurs dans l’utilisation du web pour créer des communautés et partager des connaissances, j’ai énormément appris.

L’automne dernier, Clément se fait offrir un poste à Paris et il quitte. Bon, c’est pas la fin du monde, mais son départ m’a tout de même fait l’effet d’une «peine d’amour professionnelle». Et quoi de mieux pour se sortir d’une peine d’amour que d’en profiter pour faire du neuf dans sa vie! Exit Opossum, bienvenue la démarche de création de mon futur!

Voilà, j’y suis: inventer mon futur. Mais on invente rien à partir de rien! Je devrai donc bâtir ce futur à partir de ce que je suis et de ce que j’ai fait et avec les gens qui se reconnaîtront dans le projet qui en émergera. Peut-être, aussi, que c’est moi qui me reconnaîtrai dans le projet de quelqu’un d’autre, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que c’est très stimulant comme démarche.

Bon! Venons-en aux thèmes centraux de ma démarche.

Celui que je veux voir prendre le plus de place est l’environnement. Plus le temps passe, plus je sens que je peux aider à changer le cours des choses et que je dois le faire. Ça ne va pas bien sur le plan environnemental et il faut que des gens se lèvent et agissent… je serai de ceux-là.  Les gens qui m’inspireront et avec qui je collaborerai peut-être un jour sont:

  • Claude Villeneuve et ses écoconseillers pour leur approche pragmatique et pratique à l’égard des problèmes environnementaux.
  • Louis-Gilles Francoeur, pour son rôle de «chien de garde» de l’environnement.
  • Dave Pollard pour l’authenticité de sa démarche, l’originalité de sa vision… et parce qu’il lit mon blogue ;-)
  • David Suzuki, pour son charisme et le travail d’éducation colossal qu’il fait.
  • William McDonough et Michael Braungart, les pères du concept de cradle to cradle pour leur ingéniosité et leur vision.
  • L. Hunter Lovins and Amory B. Lovins, fondateurs du Rocky Mountain Institute et auteurs de Natural Capitalism parce qu’ils agissent concrètement et proposent des solutions.

Le second thème autour duquel ma démarche prendra forme est le web social. Tout seuls, nous ne sommes pas grand-chose, mais en groupe, nous pouvons changer le monde et la technologie nous permet aujourd’hui de créer des réseaux sociaux solides et vivants. Mes sources d’inspiration dans ce domaine seront:

Et finalement, la diffusion de la connaissance sera l’autre thème qui m’inspirera. C’est l’éducation qui nous permet de devenirs meilleurs et pour apprendre, il faut que la connaissance se rende jusqu’à nous. La technologie offre de nouvelles avenues excitantes pour diffuser la connaissance. Mes modèles et mes sources d’inspiration en ce domaine seront:

  • Lawrence Lessig, le père de Creative Commons, une façon de voir le droit d’auteur moderne, pertinente et tout à fait adaptée à la réalité du web.
  • Ross Mayfield, fondateur de Social Text, l’entreprise qui réussit à faire entrer le wiki dans les grandes entreprises.
  • Stephen Downes, pour l’impressionnante quantité d’information qu’il peut digérer et sa constante recherche d’idées innovatrices.

Et voilà les thèmes centraux qui alimenteront ma réflexion. Lequel prendra le plus d’importance? J’aimerais que ce soit l’environnement, mais c’est l’avenir qui le dira. Ma démarche est ouverte et la voie sera tracée par le réseau qui se formera autour de tout ça.

3 commentaires

  1. Publié le 9 juin 2006 à 18:17 | Permalien

    Je trouve admirable ta démarche et j’envie ton courage. Tes trois pôles sont complémentaires et se renforcent mutuellement.

  2. Clément Laberge
    Publié le 10 juin 2006 à 18:55 | Permalien

    Wow! tout un programme!

    Merci pour les bons mots, mais surtout, bon courage! Les objectifs sont ambitueux, les sources d’inspirations nombreuses et variées. Il y a du pain sur la planche!

    Pour une foule d’autres blogueurs j’aurais interprété un texte comme celui-là comme une simple « déclaration d’intentions » ayant peu de chance de bénéficier d’un suivi sérieux.

    Mais dans ton cas, je ne peux qu’avoir envie de rester très proche, très attentif, et de contribuer à ta démarche… parce qu’elle nous réservera forcément des surprises. D’agréables surprises!

    Franchement, je t’envie beaucoup de pouvoir formuler aussi simplement et aussi clairement ton « état des lieux » aujourd’hui. Vraiment beaucoup.

    Je vais devoir (re)penser au mien…

    Merci.

  3. Julie Emond
    Publié le 20 juin 2006 à 18:48 | Permalien

    Le point de départ te ressemble tellement qu’on ne peut qu’avoir hâte de voir où tout ça te mènera, sans compter que déjà sans t’en rendre compte il y a des «non-initiés» comme moi qui auront la curiosité d’aller creuser davantage du côté de tes sources d’inspiration et de réflexion. Déjà un résultat :)

    Qui sait, mon point de vue sur le monde part d’un angle tellement différent, pas opposé mais sans doute complémentaire, qu’on pourra peut-être mutuellement se fournir de la nourriture pour l’esprit et de la créativité pour l’action.

    Depuis plusieurs années maintenant avec le travail sur Haïti entre autres, mon regard sur la nature et l’environnement, les communications, l’éducation, le partage de connaissances et les dynamiques humaines en général a façonné ma vision des choses. Du côté environnemental, ça donne le goût d’en faire beaucoup plus ici alors qu’on en a les moyens tout en cherchant des façons d’appuyer pour corriger le tir ailleurs sans que cela devienne «bloqueur de développement». Il ne faut pas oublier que dans trop de parties du monde la survie d’une famille peut tenir à la coupe d’un arbre pour en faire du charbon et le vendre…