Archives mensuelles : juin 2006

Quelques notes avant les vacances

Nous quittons jeudi matin pour deux semaines dans l’ouest du pays. Visite chez le beau-frère à Calgary et escapade dans les Rocheuses.

Je pensais avoir plus de temps à consacrer à ma démarche avant les vacances mais les quelques mandats toujours en cours chez Opossum et le travail sur la maison et le terrain ont pris presque tout mon temps.

Voici donc quelques notes en vrac avant le départ:

  • Francis, 3 ans, a hâte de monter dans l’avion!
  • C’est pas chaud la nuit dans les montagnes (près de 0°C mais la température montera la semaine prochaine)… on s’essaie quand-même en camping et on ira à l’hôtel si c’est trop froid.
  • Le cours de lecture rapide suivi avec l’ami Michaël la semaine dernière était vraiment intéressant. J’ai presque doublé ma vitesse de lecture tout en conservant sensiblement le même niveau de compréhension. Seul point négatif de la journée: Michaël a été meilleur que moi ;-)
  • J’ai hâte de lire Learning for sustainability à mon retour (il devrait avoir été livré pendant mon absence). Voici deux passages de l’avant-propos qui permettent d’espérer une lecture enrichissante: «For business leaders, this means moving from a compliance mentality of doing no harm to the agressive creation of products, processes, business models and companies that are truly creating restorative and enduring wealth – leaving communities and larger living systems in better condition, not worse.» et «Using our creative capacity in collaboration with others, we can create a world we will be proud to leave our grandchildren.».
  • Une autre lecture à faire dans les prochaines semaines est celle des actes du plus récent Forum économique international, technologies de l’information et développement durable qui a eu lieu en France le printemps dernier. Si je fais bien mon travail dans les mois qui vont suivre, je pourrais y être invité en 2007 ;-)
  • Une résolution pour le retour des vacances: résumer mes lectures sous forme de schémas heuristiques (avec le cours de lecture rapide de la semaine dernière, l’autre cours qui m’a le plus marqué ces dernières années est celui de Pierre Pilon sur la carte heuristique).
  • Les mots-clés qui prennent le plus d’importance depuis le début de ma démarche sont: créativité, innovation, amitié, ouverture, réseau, partage et intuition.
  • Alors, cap sur l’Ouest pour un beau voyage en famille (j’espère que l’on rencontrera d’autres familles avec de jeunes enfants dans les Rocheuses – Francis aime tellement ça avoir des amis en camping) rempli de belles observations. J’en ferai un compte-rendu de l’aspect sciences naturelles sur Clichés croisés. En passant, si ça vous intéresse, je m’y suis fait un petit guide d’identification des grenouilles du Québec la semaine dernière.

Ciao!

Thèmes centraux de ma démarche

Pour bien comprendre les thèmes qui orienteront ma démarche, commençons par un peu d’histoire!

J’observe et identifie la nature qui m’entoure depuis mon tout jeune âge. Dès que j’ai su lire, j’ai souligné le mot biologiste dans le dictionnaire. Au cégep, je passais plus de temps à lire des traités d’histoire naturelle qu’à aller à mes cours. J’ai même été refusé en biologie à l’université tellement mes notes du début de mon cégep étaient faibles! J’ai quand même réussi à me faire admettre à l’université et j’ai été, je pense, un très bon étudiant. Je connaissait bien mes oiseaux alors j’ai eu des jobs d’été assez trippantes: inventaires d’oiseaux à la Baie-James et capture de Grand Pics dans un parc national.

Quand est venu le temps de choisir un projet de maîtrise, j’ai décidé d’aller avec celui que je considérais comme étant le meilleur prof du département, Jacques Larochelle. Il ne travaillait pas en écologie animale, mon domaine de prédilection, mais étudiait l’écophysiologie des animaux. La créativité et l’originalité des projets de recherche des étudiants qui travaillaient avec lui m’attiraient énormément. Pendant que je débutais ma maîtrise, j’ai aidé des amis qui voulaient publier des livres. Je faisais leur mise en page (je m’étais fait la main sur le journal étudiant du département de bio) et participais aux concepts éditoriaux.

Un jour, quelqu’un de mon entourage a vu en moi un candidat pour la relève de son entreprise. Il était éditeur. Il m’a proposé d’aller travailler avec lui et j’ai accepté. Exit la maîtrise, bienvenue le monde des affaires! Je m’inscris à un diplôme de second cycle en administration et me voilà représentant pour une maison d’édition de manuels scolaires.

De fil en aiguille, j’ai gravi les échelons jusqu’à diriger la boîte (sous l’oeil bienveillant de mon patron qui se dirigeait progressivement vers la retraite). J’ai essayé 2 fois d’acheter l’entreprise, avec partenaires et capital de risque et tout le tralala de la fin des années ’90. Finalement, j’ai renoncé à acheter et conseillé aux actionnaires de vendre à un «gros joueur». Ce fût fait et après avoir participé à l’intégration et refusé un bel emploi à Montréal, j’ai fondé Opossum avec mes amis CFD et Clément.

Et hop, un nouveau domaine: celui de la technologie et, surtout, du «web social». Mes collègues étant des précurseurs dans l’utilisation du web pour créer des communautés et partager des connaissances, j’ai énormément appris.

L’automne dernier, Clément se fait offrir un poste à Paris et il quitte. Bon, c’est pas la fin du monde, mais son départ m’a tout de même fait l’effet d’une «peine d’amour professionnelle». Et quoi de mieux pour se sortir d’une peine d’amour que d’en profiter pour faire du neuf dans sa vie! Exit Opossum, bienvenue la démarche de création de mon futur!

Voilà, j’y suis: inventer mon futur. Mais on invente rien à partir de rien! Je devrai donc bâtir ce futur à partir de ce que je suis et de ce que j’ai fait et avec les gens qui se reconnaîtront dans le projet qui en émergera. Peut-être, aussi, que c’est moi qui me reconnaîtrai dans le projet de quelqu’un d’autre, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que c’est très stimulant comme démarche.

Bon! Venons-en aux thèmes centraux de ma démarche.

Celui que je veux voir prendre le plus de place est l’environnement. Plus le temps passe, plus je sens que je peux aider à changer le cours des choses et que je dois le faire. Ça ne va pas bien sur le plan environnemental et il faut que des gens se lèvent et agissent… je serai de ceux-là.  Les gens qui m’inspireront et avec qui je collaborerai peut-être un jour sont:

  • Claude Villeneuve et ses écoconseillers pour leur approche pragmatique et pratique à l’égard des problèmes environnementaux.
  • Louis-Gilles Francoeur, pour son rôle de «chien de garde» de l’environnement.
  • Dave Pollard pour l’authenticité de sa démarche, l’originalité de sa vision… et parce qu’il lit mon blogue ;-)
  • David Suzuki, pour son charisme et le travail d’éducation colossal qu’il fait.
  • William McDonough et Michael Braungart, les pères du concept de cradle to cradle pour leur ingéniosité et leur vision.
  • L. Hunter Lovins and Amory B. Lovins, fondateurs du Rocky Mountain Institute et auteurs de Natural Capitalism parce qu’ils agissent concrètement et proposent des solutions.

Le second thème autour duquel ma démarche prendra forme est le web social. Tout seuls, nous ne sommes pas grand-chose, mais en groupe, nous pouvons changer le monde et la technologie nous permet aujourd’hui de créer des réseaux sociaux solides et vivants. Mes sources d’inspiration dans ce domaine seront:

Et finalement, la diffusion de la connaissance sera l’autre thème qui m’inspirera. C’est l’éducation qui nous permet de devenirs meilleurs et pour apprendre, il faut que la connaissance se rende jusqu’à nous. La technologie offre de nouvelles avenues excitantes pour diffuser la connaissance. Mes modèles et mes sources d’inspiration en ce domaine seront:

  • Lawrence Lessig, le père de Creative Commons, une façon de voir le droit d’auteur moderne, pertinente et tout à fait adaptée à la réalité du web.
  • Ross Mayfield, fondateur de Social Text, l’entreprise qui réussit à faire entrer le wiki dans les grandes entreprises.
  • Stephen Downes, pour l’impressionnante quantité d’information qu’il peut digérer et sa constante recherche d’idées innovatrices.

Et voilà les thèmes centraux qui alimenteront ma réflexion. Lequel prendra le plus d’importance? J’aimerais que ce soit l’environnement, mais c’est l’avenir qui le dira. Ma démarche est ouverte et la voie sera tracée par le réseau qui se formera autour de tout ça.

L’entreprise naturelle

Quand j’ai décidé de quitter Opossum, une des principales raisons était de profiter de cette occasion pour faire le point sur ma carrière et prendre les décisions qui me permettront de faire le travail idéal pour moi.

Mon travail chez Opossum était loin de me rendre malheureux mais je commençais à sentir que plus le temps avancerait, moins j’aurais la conviction d’être à la meilleure place. Mais c’est quoi ma place? Héhé! Voilà la question à laquelle je souhaite répondre dans les prochains mois et ce blogue sera mon outil principal pour y parvenir.

Pourquoi ce blogue pourra-t-il m’aider à définir mon futur travail? Parce qu’il m’aidera à créer un réseau de gens qui partagent des intérêts communs et qui ont des aptitudes complémentaires. Ainsi, en faisant le travail de définir ce pour quoi je serai le meilleur et ce que j’aurai le plus de plaisir à faire, je ferai des rencontres, je piquerai la curiosité de certains et je bâtirai un réseau. Et c’est de ce réseau qu’émergera, peut-être, une nouvelle entreprise.

Mon parcours sera en partie inspiré de la démarche que propose (et applique) Dave Pollard pour la création de ce qu’il appelle la Natural enterprise (je parlerai d’entreprise naturelle en français). Et comme par hasard, lors de ma première journée de «retraite», il publie un texte sur l’importance de trouver les bonnes personnes avec qui travailler. Selon lui, c’est même plus important que le type d’entreprise que l’on souhaite créer. Je ne dois donc pas être trop dans le champ avec mes histoires de réseau!

Parlant de réseau, je suis vraiment touché par les textes qu’ont publié mes plus proches collaborateurs des derniers mois suite à mon départ d’Opossum. Ça prouve la force des liens qui nous unissent. Ça montre aussi comment notre génération (et probablement encore plus la suivante) communique ouvertement, publiquement et sans s’emprisonner dans des moules corporatifs. Je ne m’imagine pas la plupart des gens d’affaires dans la cinquantaine que j’ai connus faire ce genre de chose. Merci Carl, Clément et Michaël!

Mouvement pour la culture libre: quelques références

Patrice Létourneau, prof de philo au Cégep de Trois-Rivières et un des spécialistes québécois de l’encyclopédie Wikipedia, recence quelques textes intéressants au sujet du droit d’auteur à l’heure du numérique. Je compte traiter régulièrement de droit d’auteur sur ce blogue alors le texte de Patrice pourra être un bon point de départ pour se familiariser avec les derniers développement dans le domaine.

Encore cette semaine, on m’a parlé de l’impossibilité de générer des revenus en diffusant des contenus numériques. Je compte bien prouver le contraire avec ce blogue!

Les coops scolaires se lancent en édition

Quoi de mieux pour démarrer ce blogue qui parlera surtout de numérique qu’un texte sur l’édition traditionnelle! C’était pas prévu comme ça mais voilà que j’ai appris aujourd’hui que Coopsco a récemment fait l’acquisition des éditions Saint-Martin.

Je ne sais pas trop comment la nouvelle sera accueillie par les autres éditeurs. Coopsco a déjà eu son lot de démêlés avec les éditeurs ces dernières années (surtout à cause des coops agréées qui commandaient pour celles qui ne l’étaient pas dans le but de leur faire profiter de leur taux d’escompte supérieur).

C’est certain que Saint-Martin est loin d’être un gros joueur dans
le portrait de l’édition scolaire québécoise mais avec Coopsco
derrière, qui sait ce que ça pourra donner? Les autres éditeurs
crieront-ils à la concurrence déloyale (presque tous les manuels vendus
dans les cégeps et les universités du Québec transitent par des coops
du réseau Coopsco)? Auront-ils peur que les libraires des coops tentent
de vendre «leurs» livres plutôt que ceux des concurrents? Je n’ai pas
de réponse encore mais c’est certain que j’essaierai d’en savoir plus!

J’ai profité de l’occasion pour mettre à jour le schéma des éditeurs scolaires (editeursscolaires2006.pdf) que j’avais pris l’habitude de publier quand j’étais chez Opossum. J’y ai ajouté quelques joueurs et étendu au Canada francophone plutôt que juste au Québec.

Editeursscolaires2006_2Les éditeurs sont représentés en ordre d’importance décroissant,
Chenelière étant le plus important. Si vous soupçonnez des erreurs,
n’hésitez pas à me le dire.

Une petite prédiction: je suis pas mal certain que j’aurai à le remettre à jour d’ici quelques semaines ;-)