Petite promenade dans le boisé de Pointe-Sainte-Foy cet après-midi avec trois objectifs en tête: permettre à bébé de faire sa sieste (dans le sac à dos), photographier des champignons et observer des salamandres cendrées.
Les deux premiers objectifs n’ont pas été trop difficiles à atteindre. Pour le troisième, j’avoue ne pas m’être trop forcé. J’ai bien retourné quelques morceaux de bois en décomposition et soulevé des vielles planches mais sans grande conviction. C’est pas mal certain qu’il y en a… je me forcerai plus la prochaine fois!
Mais tout de même, j’ai quelques belles photos de cahampignons pour me faire pardonner.
Un champignon est composé d’une partie «cachée» et d’une autre visible. La partie cachée s’appelle le mycélium. C’est un réseau de petits filaments blanchâtres qui se développe dans le sol, les feuilles mortes, le bois pourri et dans plusieurs autres substrats. La partie aérienne (ce que l’on appelle habituellement le champignon) est le fruit du mycélium. On peut observer des filaments de mycélium sur la photo qui suit.
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Mycélium. Sainte-Foy, septembre 2004.
En un peu plus d’une heure, j’ai pu observer plus d’une dizaine d’espèces de champignons. Une recherche minutieuse m’aurait assurément permis d’en trouver pas mal plus mais avec bébé dans le dos, papa ne s’éloigne pas trop des sentiers. J’étais dans la partie encore sauvage du boisé de Pointe-Sainte-Foy. Ce secteur est au sud du boulevard des Quatre-Bourgeois. Les forêts autour de l’édifice du Revenu et de l’école secondaire les Compagnons-de-Cartier ont été «nettoyées» et sont moins intéressantes pour l’observation de la nature. Des condos ont commencé à pousser dans ma partie favorite du boisé… d’ici quelques années, il ne restera que les secteurs aménagés. Voici donc quelques champignons observés dans le secteur encore «sauvage».
Hygrophore écarlate (Hygrocibe coccinea)
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Hygrophore écarlate. Sainte-Foy, septembre 2004.
Chapeau en forme de cloche, pied et chapeau rouges, chair jaunâtre (merci au petit rongeur qui a pris quelques bouchées et qui nous permet de voir la chair!), lamelles sous le chapeau (la photo ne les montre pas). Pas de débris de voile sur le pied (on verra plus loin ce qu’est le voile).
La présence de lamelles, sa coloration vive et sa morphologie nous permettent d’identifier ce champignon comme étant un hygrophore. Le pied tout rouge et le chapeau en forme de cloche laissent croire que c’est un hygrophore écarlate. Ce champignon est comestible.
Scléroderme commun (Scleroderma citrinum)
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Scléroderme commun. Sainte-Foy, septembre 2004.
Ce champignon ressemble à une vesse-de-loup. Ces dernières ont toutefois une surface moins écailleuse. Le spécimen que j’ai observé était assez âgé et il était ouvert sur le dessus. Les sclérodermes âgés «font de la boucane» quand on appuie dessus. Cette fumée est en fait un nuage de spores qui s’échappent du champignon. Les spores sont pour les champignons ce que les graines sont aux plantes. Ce champignon est toxique.
Sur la photo qui suit, les spores qui sont expulsées du chapeau donnent l’effet d’un feu d’artifice. Je venais tout juste d’appuyer sur le champignon avant de prendre la photo.
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Spores de Scléroderme commun. Sainte-Foy, septembre 2004.
Clavaire fusiforme (Clavulinopsis fusiformis)
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Clavaire fusiforme. Sainte-Foy, septembre 2004.
Celui-là il est facile. Moins de 10 cm de hauteur, jaune, en forme de tube et poussant en petite talles: c’est le Clavaire fusiforme! Ce champignon est très commun. Il suffit d’ouvrir l’oeil pour l’observer dans la plupart de nos forêts à la fin de l’été. Commestible mais sans grand intérêt.
Xylaire polymorphe (Xylaria polymorpha)
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Xylaire polymorphe. Sainte-Foy, septembre 2004.
Celui-là aussi il est facile. On le surnomme «doigt de cadavre». Il peut prendre plusieurs formes mais il a toujours l’air d’un doigt noir sorti de terre. Sa coloration est moins foncée quand il est jeune. La partie supérieure est blanchâtre et le reste est gris-bleuté. En septembre, les individus sont tout noir… ils sont déjà prêts pour l’Halloween! Ce champignon est trop coriace pour qu’il soit considéré comme étant comestible.
Amanite vireuse (Amanita virosa)
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Amanite vireuse. Sainte-Foy, septembre 2004.
Parmi les champignons que l’on retrouve au Québec, c’est l’amanite vireuse qui est le plus toxique. Son ingestion est mortelle. C’est également un champignon pas mal commun!
On remarque sur l’individu photographié que des morceaux de chair plus foncés sont présents près du pied et du chapeau. Ce sont les vestiges du voile qui protégeait le champignon au début de sa croissance. La base du pied rappelle la forme d’un bulbe. Ces caractères sont caractéristiques des amanites
Ce champignon est tout blanc. Le tour du chapeau a l’air brunâtre mais ce sont les restes du voile qui causent cette coloration. Il y a quelques espèces d’amanites qui sont toutes blanches au Québec. Leur identification demande une dissection des individus et parfois une observation au microscope de certaines parties du champignon. Les amanites blanches que l’on peut trouver au Québec peuvent toutes être mortelles si on le consomme. Je ne peux pas être totalement certain que la photo représente une Amanite vireuse mais comme l’espèce est assez commune, les chances sont assez élevées que je ne me soit pas trompé.
Bon! c’est assez pour aujourd’hui. Mon livre favori au sujet des champignons du Québec est celui paru en 1999 chez Fides (Connaître, cueillir et cuisiner les champignons sauvages du Québec par M. Sicard et Y. Lamoureux). La mise en pages est superbe (les photos aussi) et la section sur la mycophagie est vraiment intéressante. J’ai la première édition. Le format de livre a été réduit depuis et un canif est maintenant inclus dans l’emballage.
4 réponses pour le moment ↓
1 Ana // 13 septembre 2004 à 12:54
Wow!
Tout ça près de nous?
Merci de nous informer sur notre nature «en ville»!
2 robert chambodie // 14 novembre 2005 à 13:56
je suis francais d,origine je demeure au quebec depuis de nombreuses années j,aiparticipé a l,élaboration d,un livre de monsieur rené pomerleau biologiste sur les champignons du quebec qui malheureusement et disparut de nos librairie si quelquùn posséde veuillez svp me contacté aux site rchambodie@telwarwick.com merci….
3 Jacques // 25 avril 2007 à 8:58
Intéressantes observations. Si tu veux tu pourrais contribuer au développement d’un groupe sur l’observation des champignons du Québec. On ne fait que commencer. Il s’agit d’un site web (http://labolandry.crhdq.ulaval.ca/webchamp/acceuil.html) auquel se rattache une banque de photos et forum de discussion basés sur Flickr (http://flickr.com/groups/myco-quebec/).
4 EVARISTE // 6 juillet 2007 à 4:16
Très belle balade, belles images.
Je me permets d’ajouter quelques précisions quant aux photos des champignons, depuis ma France.
Ce que vous avez nommé Xylaria polymorpha est plus que probablement un Geoglossum. Un examen microscopique donnerait relativement rapidement le nom de l’espèce. En tout cas chez nous, on le rencontre plus rarement que le xylaire.
L’amanite au regard de son anneau devenu gris violeté et des couleurs du chapeau semble être l’amanite porphyre (Amanita porphyria) pas si fréquente non plus.
En tout cas la diversité fongique est très bien représentée dans vos photos. Continuez ainsi !
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