La nature d’une nouvelle entreprise

Carnet d’observations d’un naturaliste dans la société de l’information. Par Jean-Sébastien Bouchard.

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Pour en finir avec les conférences et les forums traditionnels

30 avril 2008 · Pas de commentaire

J’imagine que je ne suis pas le seul à en avoir assez de la formule habituelle des forums et des conférences: des conférenciers, des panels de discussion et d’autres activités où la majorité des participants sont passifs. Et la plupart du temps, les gens les plus intéressants ne sont pas ceux à qui l’on donne la parole.

Chris Corrigan cite ce matin un bel exemple de conférence totalement différente, la Food and Society 2008 conference:

You’ll notice some differences at FAS this year - no workshops, few “talking head” plenary sessions, and no panels extolling the virtues of best practices.
What you will experience are conversations with frontline projects leading the way on a range of issues within food systems change efforts and mind-opening art and music. We’ll explore how change happens and ask ourselves some challenging questions about how and what we want to be together as part of this movement.

It’s time for us to move from being a “network” into a real community that works together and leads itself on the very real issues of making good food available and accessible. This demands that we shift from our independent agendas to a collective higher purpose – an actualization of what Good Food could also do. (source: Why call this a gathering and not a conference?)

Wow! Je pense qu’il y a vraiment des choses à apprendre de telles expériences. D’ailleurs, je vais passer une semaine avec Chris Corrigan en juin prochain dans le cadre du programme d’été du Shambhala Institute for Authentic Leadership (module The Art of Hosting and Harvesting: From Strategic Conversation to Wise Action and Systemic Change). Mon ami et partenaire dans Grisvert, Philippe Dancause sera avec moi et il perfectionnera sa connaissance et sa maîtrise du U-Process et du Change Lab (module Solving Tough Problems in Practice: The Language of Power and the Language of Love). Crime qu’on va avoir du fun là-bas, mais surtout au retour, quand on mettra en pratique ce que l’on aura appris et expérimenté ;-)

En passant, si le thème de la conférence citée plus haut (nourriture et société) vous intéresse et que vous habitez la région de Québec, vous êtes probablement mûrs pour goûter à l’agriculture soutenue par la communauté. Je crois qu’il reste encore quelques places pour les paniers de la Coopérative la Mauve. Des bons produits qui sont cultivés près de chez nous par des producteurs qui respectent leur environnement (pas nécessairement tous bio, mais des gens qui n’épuisent pas leur terre) et qui travaillent avec des variétés rustiques et adaptées au climat. On peut avoir un panier mixte avec de la viande (les saucisses sont divines et les poulets biens en chair!). Ça introduit un élément aléatoire dans le menu (on ne sait jamais ce que contiendra le panier) et ça nous oblige à expérimenter. Vraiment, c’est génial.

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Permettre et stimuler la collaboration dans les organisations

28 avril 2008 · 2 commentaires

Anecdote vient de publier Building a collaborative workplace. Cet article constitue une lecture essentielle pour toute personne qui se frotte à des projets de travail collaboratif. Extrait de l’introduction:

Today we face an entirely new environment for innovation and getting things done. The days of the lone genius quietly toiling away in pursuit of that ‘Eureka’ moment to revolutionise an industry are all but over. We are now in the days of asking and listening to our customers and working with them in our innovation cycles. Innovation demands collaboration. So does production. In the past we could focus on a single task in an assembly-line fashion, handing our completed activity to the next person who would in turn do the same, until the job was finished. Now the jobs change fast, requiring learning new skills rather than merely repeating the old. We have to seek out people who have other pieces of the puzzle and work with them to tackle increasingly complex issues at a much faster pace.

[…]
Innovation demands collaboration. So does production. In the past we could focus on a single task in an assembly-line fashion, handing our completed activity to the next person who would in turn do the same, Today we all need to be collaboration superstars. The trouble is, collaboration is a skill and set of practices we are rarely taught. It’s something we learn on the job in a hit-or-miss fashion. Some people are naturals at it, but most of us are clueless.
Our challenge doesn’t stop there. An organisation’s ability to support collaboration is highly dependent on its own organisational culture. Some cultures foster collaboration while others stop it dead in its tracks. Today we all need to be collaboration superstars. [via Dale Arseneault]

L’article définit ce qu’est la collaboration, détaille trois types de collaboration (en équipe, en communauté et en réseau) et identifie les principaux facteurs de succès pour qu’une culture de collaboration se développe. Les auteurs discutent également du rôle du leadership et de la culture d’entreprise et donnent des conseils pour renforcer la culture de collaboration. Enfin, un questionnaire permet de mesurer la force de la culture de collaboration de votre milieu de travail.

J’ai souvent l’occasion de discuter avec des amis qui, tout comme moi, accompagnent des groupes dans des démarches de collaboration. Nos constats sont similaires à ceux des auteurs de Building a collaborative workplace: aujourd’hui, la technologie est un outil indispensable pour une démarche de travail collaboratif, mais il faut d’abord et avant tout travailler à stimuler une culture de partage et développer les habiletés des individus à participer et à «vivre» dans un univers d’information.

J’ai noté cette petite phrase dans la marge de l’une des pages de l’article (oui oui, je l’ai imprimé pour le lire bien assis sur un fauteuil!):

Grisvert: stimuler la collaboration et mettre à profit l’intelligence collective afin de résoudre des problématiques complexes.

C’est vers là que l’on se dirige avec Grisvert. En passant, j’ai complété un premier U-Process avec un client: Wow! Le résultat est vraiment impressionnant. Je ne pensais pas que nous pourrions obtenir un projet d’une telle clarté et d’une telle pertinence si rapidement. Vraiment, ça promet!

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Conférence OPDE 2008 - Les outils pour décider ensemble

28 avril 2008 · 2 commentaires

Je viens de m’inscrire à une conférence qui se tiendra à Québec les 5 et 6 juin prochain: Les outils pour décider ensemble. Le propos semble destiné surtout aux chercheurs universitaires, mais le généraliste que je suis pourra assurément y trouver son compte:

Afin de porter un regard élargi sur la décision à plusieurs, la diversité des réflexions, des contextes et des outils est privilégiée. La conférence s’adresse donc à tous les chercheur(e)s dont les travaux concernent, d’une part la décision à plusieurs et d’autre part l’utilisation d’outils, notamment d’aide à la décision. La définition de la notion d’outil est très ouverte. Il peut s’agir d’outils de gestion, de logiciels, d’outils d’animation de groupe ou de négociation, d’application informatique ou de méthode d’analyse multicritère.

Le programme de l’événement est ici.

Merci à Clément qui m’a relayé l’information.

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Conditions pour le changement

24 avril 2008 · 2 commentaires

J’ai souvent des discussions avec des amis qui cherchent eux aussi à développer leur capacité à accompagner des groupes dans des démarches de collaboration, de changement ou de transformation. Nous sommes en constant apprentissage et il nous reste encore bien des habiletés à développer!

Trois textes publiés au cours des derniers jours pourront fort probablement nous aider à avancer un peu plus vite. Voici les références accompagnées d’extraits.

Simple conditions for shift, par Chris Corrigan:

Where this really hits the ground, it seems to me, is in the process of invitation and calling. Leaders who are callers must be willing to let go of power and control if new levels of work and being are to emerge. They also have to shift the culture of the organization or community from an answer-based one to a curiosity-based one, where inquiry and co-sensing becomes a normal way of working.

A new organisational lens, par Harold Jarche:

Is there a better alternative to the organisation chart? Do job descriptions actually tell us anything? Do most businesses need regular hours of work? Is compensation based on time really necessary?

These kinds of questions don’t get asked until you start looking at the entire organisation with a different lens.

Et enfin, If you’re working in a big group, you’re fighting human nature, chez 37signals:

If you’re working in a group bigger than 15 people, you’re fighting human nature. Start a satellite group and see if you can lose the busywork and bureaucracy that inevitably accompany oversized teams.

J’ai justement préparé ce matin un schéma (Les cinq niveaux du changement organisationnel - PDF) pour un lunch auquel je suis invité demain midi lors duquel nous aborderons le sujet de la transformation et du changement. Je pense que l’on a du matériel pour nourrir quelques belles discussions avec tout ça!

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Greenpeace et le mauvais usage de la science

24 avril 2008 · 2 commentaires

Une des choses que je reproche le plus aux groupes de pression (qu’ils soient de gauche ou de droite) est leur mauvaise foi lorsque vient le temps d’appuyer leurs revendications par des données tirées de la recherche scientifique. Dans une lettre publiée ce matin dans Le Devoir, Christian Messier, Directeur du Centre d’étude de la forêt (CEF) et professeur d’écologie forestière à l’UQAM démontre de belle manière comment Greenpeace a fait une utilisation malhonnête de la science pour soutenir l’argumentaire du rapport Une forêt chauffée à blanc. Voici quelques extraits du texte de Christian Messier. Je vous invite toutefois à le lire en entier.

Une revue exhaustive et rigoureuse de la littérature scientifique sur la question aurait dû normalement faire ressortir les points où les études convergent et les points où il y a encore beaucoup d’incertitude, comme le fait le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Il est en effet très clair, lorsqu’on connaît et qu’on fouille un tant soit peu la littérature scientifique sur le sujet, que les études actuelles ne permettent pas d’affirmer avec certitude que la coupe forestière contribue à libérer, de façon importante, du carbone dans l’atmosphère.

Dans certains cas, cela correspond certainement à la réalité, tandis que dans d’autres cas, l’inverse est plutôt vrai. Il n’est donc pas complètement faux de citer quelques articles scientifiques qui mentionnent cela, mais il est faux et malhonnête de faire croire à la population qu’il s’agit d’une vérité scientifique absolue.

[…]

En sélectionnant systématiquement les études ou les données qui appuient ses affirmations sans aucune analyse critique, Greenpeace est coupable d’une sorte «d’imposture scientifique». Il est en effet incorrect d’affirmer des choses comme étant des vérités scientifiques absolues en ne se basant que sur un choix biaisé et sélectif de certains résultats scientifiques en omettant d’autres résultats qui n’appuient pas les affirmations que l’on veut faire.

[…]

Cela étant dit, je suis tout à fait d’accord avec Greenpeace lorsqu’il conclut qu’il faut améliorer nos pratiques forestières en forêt boréale et y augmenter très significativement les aires protégées. Je suis l’un des premiers à critiquer les différents gouvernements et l’industrie sur ce sujet. Ce que je dénonce ici est l’utilisation incorrecte, voire malhonnête, de la science pour faire avancer une cause, aussi bonne soit-elle.

Source: Greenpeace et son rapport intitulé Une forêt chauffée à blanc — Les bonnes intentions n’excusent pas le mauvais usage de la science, Le Devoir du 24 avril 2008.

Bravo M. Messier! Et je profite de l’occasion pour remercier deux de mes anciens professeurs qui ont su me communiquer leur passion de la rigueur scientifique: Jacques Larochelle et Cyrille Barrette.

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Forum économique de la Chambre de commerce de Québec

22 avril 2008 · Pas de commentaire

Un petit mot pour mentionner le lancement du site d’accompagnement du Forum économique 2008 de la CCQ: Agir pour durer.

J’ai participé à la conception du site et j’en ai coordonné la production. Les amis de Takt-Etik ont fait la recherche et ceux de iXmédia le graphisme et la programmation. Le concept est simple: le site propose des pistes d’action pour aider les organisations à s’engager dans une démarche de développement durable. Initialement, j’ai proposé que l’on permette aux gens de contribuer en partageant leurs expériences et en soulignant leurs bons coups. Les organisateurs du forum n’ont pas souhaité activer la fonction «commentaires» lors du lancement du site, mais ils ne rejettent pas l’idée et oseront peut-être ouvrir la porte à un peu de contenu généré par les utilisateurs dans les prochains jours (le site est en réalité un blogue Wordpress alors il suffit d’un clic et les commentaires sont activés).

J’ai passé la journée au Forum et je dois dire que la teneur des échanges était pas mal intéressante. J’y ai rencontré plusieurs personnes qui nagent dans les mêmes eaux que moi! Je vous partage une petite réflexion en terminant: le «pitch» de Grisvert est en train de migrer de l’«accompagnement pour une action éclairée en matière de développement durable» vers l’«accompagnement pour la résolution de problématiques complexes». Je ne peux pas l’expliquer rapidement, là, comme ça, mais j’ai de plus en plus la conviction que nous pourrons avoir un effet beaucoup plus important en élargissant la portée de notre action (le dernier paragraphe de cette page donne quelques indices). C’est la beauté de monter une nouvelle entreprise au fil des mandats et des rencontres et sans contraintes financières importantes: on a du temps pour expérimenter, tester et raffiner. Dites donc, je vous l’avais dit que Grisvert sera une filiale du Groupe Dancause?

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